10 juin 2017

Le bôbô de notre ère-- la déhellenization



Depuis 5-10 ans notre culture est dans la tourmente. Bien sûr, la culture war sévissait avant ça. Mais depuis ces dernières années, la polarisation s'accentue, surtout avec l'avènement des SJW et l'ideologie transgenre. 

Nous sommes plus capables de raisonner. Nous sommes plus capables de nommer les choses telles qu'elles sont. Toute réalité est maintenant construite. On ne peut plus évaluer la réalité, la vérité objective d'une affirmation. Dans l'optique SJW, si on le ressent, c'est vrai. Ou, si on vient à une conclusion selon les prémisses de son idéologie, logiquement c'est "vrai", même si les faits la contredisent.

En fait, le Pape Benoît XVI avait un nom pour le déclin intellectuel de l'Occident: la déhellenization. On a foutu tout l'héritage de raisonnement de l'Antiquité-- pour adopter des approches qui nient la possibilité de l'esprit d'appréhender la réalité objective. 

On n'affirme plus le principe de la non-contradiction. On ne s'appuie plus sur des faits empiriques. Notre subjectivité devient la mesure de la vérité, de la morale. Si on est "triggered" on a droit de faire taire le coupable. Si un enfant souffre, on a le droit d'imposer l'euthanasie-- parce que nous autres on ne voudrait pas souffrir. Son expérience, ses réactions, voilà la mesure des choses. Par la vérité. Pas la réalité objective. Pas la science. Pas la logique.

Le commun des mortels disent qu'on ne croit plus au gros bon sens. Mais c'est plus que ça. On ne fait plus confiance à notre esprit de saisir la réalité selon la raison seule. C'est pour ça que la population générale se fie uniquement sur ses sentiments et ses expériences. Elle pense que la raison fait défaut-- qu'on ne peut pas imposer "ses" valeurs sur les autres. On peut s'attendre à ce que les autres respectent ses sentiments et ses expériences, mais pas la raison. Ça c'est imposer ses valeurs.
 
L'exemple le plus extrême est bien sur l'idéologie transgenre.  On veut me forcer à reconnaître des bêtises.  (C'est drôle mes les gauchistes n'ont jamais de difficulté d'imposer leurs valeurs). On n'a plus le droit de dire qu'un garçon est un garçon s'il se croit une fille.  Un autre exemple: si une femme a consenti à des relations sexuelles, mais elle le regrette, elle peut rétroactivement re-interpréter ses expériences de sorte qu'elle "réalise" qu'elle n'avait pas vraiment donner son consentiment et donc qu'elle est justifiée de poursuivre son partenaire pour viol. Un autre exemple: on peut être désaccord avec une idée ou une idéologie sans être haineux. Mais, les SJW réinterprètent la critique comme si c'était de la haine. Donc, je m'oppose à l'avortement, je suis automatiquement misogyne. Le fait que je sois une femme est sans importance, j'haïs les femmes.

Nos institutions emploient régulièrement ces raccourcis. Mais c'est de plus en plus difficile de reconcilier nos libertés avec ces raccourcis. Si l'opposition à l'avortement est de la haine aux femmes, à quand la criminalisation des  pro-vie? Déjà on perd notre droit de protester devant les cliniques.

Si nos institutions emploient ces raccourcis, on ne gardera pas nos droits pour longtemps. Les droits ont été élaborés avec l'idée qu'on pouvait discerner la réalité objectivement avec un raisonnement discursif. La Charte de droits et libertés basent l'existence des droits sur "la suprématie de Dieu." Que l'on croit ou non à un Dieu personnel n'est pas la question. Mais les droits viennent de Dieu-- un être hors de nous, un être qui la source de l'ordre et de la raison même. Quand on nie la force de la raison, quand on renonce à notre capacité de déterminer le vrai et le faux, on n'est pas loin de la renonciation du concept desdroits lui-même. Du moins, ce système risque de se déformer et se dénaturaliser. Parce le concept des droits repose sur notre capacité de dire qu'une affirmation est vraie ou fausse selon une réalité objective. Si, par exemple, on perd la notion du vrai et du faux, on peut facilement justifier le meurtre si ça nous convient. Déjà on justifie l'avortement et l'euthanasie. À quand la justification pour la mise à mort des handicapés intellectuels? On voit venir leur raisonnement: C'est pour leur propre bien. On sait tous qu'ils souffrent tous, pis bon, personne d'entre nous veulent souffrir, donc c'est mieux de ne les pas faire souffrir. Donc on devrait les tuer. C'est mieux pour eux. C'est "juste" une coincidence que ça élimine nos responsabilités envers eux.

Il est urgent donc de sonner l'alarme sur la déhellenization. Oui, c'est un mot boiteux pour décrire la situation intellectuelle de notre temps. Mais si on ne corrige pas cette tendance, c'est sûr et certain qu'à l'avenir, tout ce qui nous dégoûte dans le moment va finir par se normaliser, même la pédophilie. Parce qu'on va se baser sur les sentiments et les expériences. On va trouver des jeunes qui ont eu des relations avec des adultes plus âgés, et ils vont racconter comment ces relations ne les ont pas endommagés, on va faire taire toutes les victimes et la pédophile va prédominer.   D'ailleurs, il y a pire encore comme conséquence. Notre héritage occidental a fait en sorte qu'on valorise l'égalité de tous et qu'on protège le faible. Quand on jette la raison de bord, c'est la loi du plus fort qui va prédominer. La seule chose qui règle les disputes quand la raison ne suffit plus c'est la force. Donc c'est le plus fort qui va gagner.

Il faut avertir les gens. L'avenir de l'Occident en dépend.




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