21 mars 2016

"Il aurait dû être avorté"




Voici la triste histoire de Christopher, un jeune de 18 ans qui a été pris en charge par la DPJ.

Lorsque je discute d'avortement, les pro-choix disent que les gens comme lui auraient dû être avortés au lieu de vivre une vie d'enfer. Parce qu'une vie difficile ne vaut pas être vécue.

En fait, je trouve que cette réponse est superficielle. Premièrement, des droits ne dépendent pas des prédictions sur notre qualité de vie. Tout être humain a le droit à la vie, point. Deuxièmement, personne ne peut prédire l'avenir d'un bébé. Bien qu'on pense savoir le destin d'un enfant, il y a des enfants qui échappent à leurs circonstances. Troisièmement, une enfance difficile n'empêche pas l'adulte de connaître le bonheur.  Les adultes sont capables d'évoluer, d'apprendre, et de faire la paix avec leur passé.

Et quatrièmement -- et c'est mon point majeur-- la raison qu'on propose l'avortement n'est pas pour le bien de l'enfant, mais pour apaiser sa propre conscience.

Le gauchiste se sent responsable face à une situation troublante comme celle-ci. Un enfant a grandi dans l'abus, dans la négligence, et c'est la faute de la société. Mais c'est qui la société? C'est lui, le gauchiste. La société aurait dû faire quelque chose pour empêcher cette situation. Mais faire quelque chose interpelle le lecteur. Ça exige un effort.

À moins qu'on permet l'avortement.

L'avortement règle "tous les problèmes." Il règle le problème de la mère, le problème du gauchiste,  et -- d'une façon tordue-- le problème  de l'enfant, puisqu'il n'a pas à vivre dans la négligence. Sauf que, bien sûr, l'enfant doit mourir, mais ça c'est un petit détail, et si on ne lui accorde pas le statut d'être humain, ça ne troublera pas la conscience. Tout est réglé facilement. Sans effort. Pour le gauchiste.

Et qu'est-ce que le gauchiste dit face à l'argument pro-vie (majoritairement à droite)? Il accuse les droitistes d'hypocrisie, pour leur opposition à l'État-providence. "Vous n'êtes pas véritablement pro-vie, vous êtes pro-naissance; le moment que cet enfant est né, vous vous n'en préoccupez plus." Le problème selon le gauchiste, c'est que cet enfant est un fardeau sur l'État-providence.

 Comme si le seul moyen possible de s'occuper d'un enfant était de dépendre sur des programmes sociaux.

Et oui, l'État-Providence n'a pas pu s'occuper de cet enfant, et le gauchiste propose plus d'État, mais ça c'est pour un autre billet.

(Et tentez l'expérience: si les pro-vie étaient universellement en faveur de l'État-Providence, serait-il plus en faveur du droit à la vie? Bien sûr que non.)

La solution aux problèmes des difficultés des enfants ne commencent pas par l'État. Il faut commencer par le principe que l'existence de l'enfant n'est pas le problème. Le problème est financier, psychologique, circonstanciel ou autre. La nature de la solution doit correspondre à la nature du problème. Si c'est un problème financier, il faut trouver une solution financière; un problème psychologique nécessite une solution psychologique, et  ainsi de suite. Mais la gauche propose  comme solution la mise à mort de l'enfant à naître, parce que c'est l'enfant qui est le problème.

Derrière le souhait qu'une personne aurait dû être avorté, c'est la volonté de ne pas avoir à s'en occuper de sa souffrance. Bien sûr, la personne morte n'aurait pas d'expérience douloureuse, mas le gauchiste ne semble pas rendre compte que l'avortement l'aurait complètement effacé de l'existence. Est-ce vraiment respectueux de la personne humaine?

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