11 février 2016

Comment empêcher nos filles de devenir prostituées




Imagine, on est rendu en 2016, à se demander comment faire pour empêcher nos filles de  devenir des prostituées. Vive la modernité!

La solution à Lussier, c’est d’élever les filles pour qu’elles se croient intelligentes et débrouillardes, et non passives. Selon moi, ça n’a strictement rien à voir avec le style parental. Des générations de filles ont été élevées de façon traditionnelle sans tomber dans la prostitution. Quand j’avais 14 ans, personne n’avait besoin de me dire de ne pas devenir prostituée. Ni moi, ni mes amis.  C’était de toute évidence. C'est dû au concept de la sexualité qui prédominait à l’époque, selon laquelle le sexe est un moyen d’exprimer son amour envers l’âme-sœur.

Je ne dis pas que cette idée a complètement disparue. Mais elle a perdu des plumes. Aujourd'hui on vit dans une culture pornographique. Le sexe n’est plus une expression d’amour, mais une activité récréative.  Le corps est traité comme une machine à pulsion sexuelle. Tout tourne autour du sexe et c’est facilement accessible par internet et même par télé. Dans les années 80, on avait des scrupules face à l’exposition des enfants à des produits « adultes » dans l’espace publique. Plus maintenant. La compagnie câblodistributeur offre des films pornos et des films populaires sur la même chaîne de films-sur-demande. Ça n’a pas l’air de déranger qui que ce soit.

Dans ce contexte, n’est-ce pas normal qu’une jeune fille veut se faire un peu d’argent en comblant la demande?  Pourquoi qu’elle devrait s’arrêter? Y’a rien là! C’est juste des frottements pour du cash, pis c’est trippant.

Mais c’est là le problème. La fille qui pense que la prostitution est une façon viable de gagner de l’argent ne pense pas qu’elle mérite mieux. Ce n’est pas nécessairement qu’elle possède une mauvaise estime de soi. Mais son estime de soi  ne se traduise pas par certaines attentes.  Elle ne pense pas mériter mieux, donc elle n’exige pas mieux dans le sens qu’elle n’exige pas d’être aimée avant d’avoir des relations sexuelles; pas parce qu’elle se haïsse, mais parce que cette exigence n’existe plus dans notre culture.

Je m’attends à l’exaspération progressiste devant mes propos. Dans la pensée progressiste, le sexe n’est pas le problème. Le problème, c’est que la fille risque de se faire dégrader, abuser,  et violenter. Si on en informe la fille du danger, elle n’embarquera pas dans cette aventure.

Oui, ça se peut. L’avertir peut l’arrêter.  Et ça se peut que la fille embarque pareille. Attirée par l’argent, l’amitié,  ou la simple acceptation, si ce n’est pour son corps.

Si le consentement reste la seule chose nécessaire pour  légitimer les relations sexuelles, ça ne fera rien pour éliminer la prostitution. Mais, si le critère pour en avoir est un petit peu plus élevé, si son consentement exige que le gars s’intéresse beaucoup  à son bien-être – et donc qu’il l’aime-- c’est clair que c’est dans son intérêt.

Quand on facilite trop l’acte sexuel, on déshumanise les participants, et c’est la fille qui risque d’écoper. Peut-être les vieilles valeurs sont vieux-jeu, mais souvent il y avait une raison derrière : c’est-à-dire, le bien-être des gens.  Je ne prône pas un retour à l’ère victorienne. Mais notre ère de sexualité débridée n’est pas idéale non plus. Oui, le sexe c’est bien, dans le bon contexte. Comme n’importe quelle autre activité humaine. Ça devrait découler de l’esprit et non uniquement de nos pulsions biologiques. On n’est pas des animaux. On est capable de vivre une sexualité rationnelle. Je dis des choses qui devraient  être évidentes à tout adulte mature, mais j’ai l’impression de dire quelque chose de révolutionnaire!

Il faut surmonter la crainte de passer pour des puritains et développer une vision de la sexualité qui ne se réduit pas au consentement, mais qui inclut l’amour comme un aspect important. Ça ne donne rien d’être « ouvert » et progressiste si on en souffre les conséquences. Ce n’est pas une question ou non d’être féministe, c’est une simple question de gros bon sens. 

(Et pour mes lecteurs catholiques, je ne veux pas sous-entendre que j'appris les relations avant le mariage. Mais soyons clairs qu'il faut que deux personnes s'aiment pour avoir des relations.)

1 commentaire:

Richard Synnott a dit...

Je suis d'accord avec cet article. En un mot, le consentement, comme la conscience, ça s'éduque. Le véritable problème de notre époque, c'est le relativisme qui nous rends incapable de fonder notre jugement moral.