9 juin 2015

Elle raconte son avortement à 23 semaines de grossesse



Tout récemment, la chaîne de radio de Radio Canada a diffuséune entrevue avec l’auteur Katherine Girard qui a parlé de son avortement tardif qu’elle a subi à 23 semaines. Elle a écrit un récit de ses expériences qui s’intitule L’Enfant d’avril.

L’avortement s’est produit après qu’elle ait appris que enfant était atteint d’une maladie qui s’appelle la tyrosinémie, qui fait en sorte qu’un enzyme ne fonctionne pas adéquatement. Le foie, les reins et parfois le système neurologique peuvent être endommagés dès que l’enfant consomme la tyrosine, un enzyme qui est présent dans presque toute  protéine animale et végétale. Donc la personne atteinte doit s’alimenter d’une espèce de boisson frappée pour avoir son apport nutritif. Au moment de la grossesse de l'auteure, un médicament, le NTBC, était en phase expérimental. Maintenant on sait que cette drogue offre de l’espoir pour que les victimes aient une qualité de vie appréciable.

Mais lorsqu’elle apprend le résultat du dépistage génétique, personne ne pouvait lui donner des réponses au sujet de l’avenir de son enfant, à savoir s’il allait souffrir ou non, ou s’il allait avoir une bonne qualité de vie. Elle avait deux jours pour décider si elle voulait ou non continuer la grossesse, parce qu’après 24 semaines, ça devient compliqué d’obtenir un avortement. Ce qui a fait pencher la balance, c’est son expérience avec son frère cadet, neuf ans plus jeune. Il est né avec une malformation rénale et la famille a dû composer avec sa condition, sans jamais savoir s’il allait vivre longtemps. À dix-sept ans, elle a lui a fait un don d’un de ses reins. Il demeure toujours en vie avec l’aide de beaucoup de médicaments.

Donc, elle subit l’avortement. Le bébé a été euthanasié (si on puisse ainsi dire) par une injection au cordon ombilical. Elle raconte comment son enfant bougeait beaucoup pour essayer de se sauver. Elle a dit que c’était « affreux, affreux, affreux. » La chose qui lui a blessé le plus est lorsque l’infirmière a essayé de lui aider. Elle a dit « Calme-toi et ton bébé va se calmer aussi. » Le fait que l’infirmière a dit « bébé » lui a choqué, donc a évoqué le spectre d’assassinat. Depuis, elle vit avec ce traumatisme. Elle se sentait comme une meurtrière, elle se culpabilise parce qu’elle n’a pas donné la chance à son enfant de vivre.

Malgré tout, elle ne cherche pas à militer ni pour ni contre l’avortement. Elle voulait raconter son vécu dans le but d’aider les autres et de lever le voile sur la pratique de l’avortement. Sans être d’accord avec ce qu’elle ait fait, je suis contente qu’elle ait écrit ce livre, parce que ça donne une perspective relativement neutre (face au débat sur l’avortement) sur la réalité de cette pratique.




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