2 juin 2014

Quelle Église pour Notre Siècle?

J'écris en réaction à ce billet. Je ne fais pas part de la controverse initiale. Mais je me réjouis qu'on se parle dans le blogosphère. L'apathie de l'Église québécoise/canadienne est désolante.  Des fois, l'apathie est pire que l'erreur.

On pose la question: est-ce qu'on doit opposer progressisme et traditionalisme?

D'après moi, ce sont deux côtés de la même médaille.


Le problème avec le progressisme c'est qu'il est dans le déni concernant son véritable identité. Le progressisme n'est rien de moins que le modernisme, dénoncé par le Pape Saint Pie X.

Le modernisme se sert de la forme de la foi, pour le vider de son véritable sens pour la remplir avec ses projections. Donc, rien n'est véritablement ce qu'il était à l'origine. Tout est reinterprêté et devient symbole. La résurrection n'est pas un événement historique, c'est un symbole; le Démon n'est pas un esprit maléfique, c'est un symbole; l'Eucharistie n'est pas le corps du Christ: c'est un symbole.

Le sens de ces symbols dépend selon l'interprête. Pas selon la doctrine de l'Église.

Donc la spiritualité moderniste se construit entièrement en dehors des dogmes et des doctrines de l'Église.  Il ne s'agit plus de parler du salut, de son âme, du Ciel et de l'Enfer, et ainsi de suite. On parle des préoccupations immédiates et modaines, donc, de l'esprit psychologique de l'individu, et ses réactions, son bien-être, sa pensée, ses sentiments, ses relations.

Jamais de l'au-déla.

C'est normal de parler de ses sentiments. Mais la spiritualité authentique de l'Église le relie toujours à la spiritualité ascétique. Donc, oui, il faut pardonner pour se libérer des mauvaises obsessions émotionnelles, mais aussi pardonner pour obtenir des grâces afin de vaincre son orgueuil pour faire la place au Christ; se humilier pour s'unir plus au Christ, etc

Humiliation, mortification, abnégation, renonciation-- ce ne sont pas des mots qu'on entend parler un moderniste.

Mais ce sont des mots essentiels à la spiritualité catholique.

Finalement, la religion moderniste, c'est une coquille vide qu'on remplit avec la mode idéologique du jour.

Les traditionnalistes radicaux-- ("radicaux" pour distinguer de ceux qui sont fidèles au pape) eux ont le problème contraire.

Un litéralisme exaggéré, voire aveugle.

Ils isolent une phrase, un concept dans une encyclique, sans aucun contexte, aucune référence extérieure, et fait de cette phrase la doctrine finale de l'Église.

C'est comme les protestants intégristes qui prennent une phrase de la Bible et fait de cette phrase un dogme de la foi, sans contexte.

L'existence du magistère vivant est supposé contourné ce problème. Je dis vivant, parce que le problème avec les tradis c'est qu'ils s'appuient sur le Magistère des papes décedés pour se donner raison. Mais ce ne sont pas leur interprétation des encycliques qui donnent raison, c'est la volonté du pape vivant.  Jésus a fondé une église avec des hommes et non pas des écrits. Ce ne sont pas des documents qui ont le dernier mot, mais la parole du pape règnant.

Selon certains tradis, les papes ont apostasié en 1962 lors du Concile de Vatican II. Comme si l'Esprit Saint aurait lâché. Comme si la protection de Dieu dépendait de la volonté des hommes. Impossible.

Si Dieu a fondé un Magistère, c'est justement pour éviter le problème des erreurs de jugement personnel. Quand les tradis interprètent les documents magistraux à part du pape, ils exercent leur jugement personnel.

C'est la même erreur des protestants avec la Bible.

En somme, on ne peut pas être catholique à part du Magistère, à part de la Tradition, à part du pape. Ça va tout ensemble. C'est un package deal. L'Église doit s'unir à la papauté et son enseignement pour accomplir la volonté du Christ. Le Christ n'a pas fondé le Magistère pour nous diviser, c'était pour nous unir, pour que les fidèles soient capables de reconnaître la volonté de Dieu.

Donc quelle Église pour Notre Siècle? Celle qui est fidèle au Magistère et au pape.












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