22 août 2013

Comment l'opinion publique se décide au Québec, version Charte de la laïcité

Le processus décisionnel au Québec m'a toujours enragé.

Il y a certains groupes dont leurs opinions ont de la valeur.

Et certains groupes dont leurs opinions n'ont aucune valeur.


Et certains groupes ethniques "de service" dont leurs opinions ont de la valeur si sa servent au groupes prédominants.

Donc voici les groupes dont l'opinion est prise au sérieux:

* Francophones de souche ou avec accent acceptable
* Les nationalistes
* Les étatistes
* Les gais
* Les féministes (les plus équilibrées en tout cas, les radicaux genre FEMEN ont moins la cote)
* Les Non-croyants

Certains groupes ne sont pas pris au sérieux:

* Les Anglophones. Moins l'anglophone est québécois, moins son opinion compte. Donc moi, en tant que native de Québec avec un nom de famille québécois, mon opinion compte beaucoup plus qu'un anglophone de Westmonunt né en Ontario.
* Les Fédéralistes
* Les Droitistes *anti-étatistes*
* Les croyants pratiquants
* Tout ceux qui ont une morale traditionnelle, même s'il ne s'agit pas d'un background strictement religieux.
* Des groupes ethniques, surtout les groupes moins priviligés, non-européens et dont les noms sont difficiles à prononcer en français. Donc, un algérien qui s'appelle Mohammed a plus la cote qu'un Chinois dont son nom commence par "X" et on n'est pas trop sûr comment s'y prendre...

Donc, l'opinion publique au Québec se forme selon les dires de ces groupes. Quand on veut augementer la validité d'une idée, on le fait vendre par des québécois de souche qui ont les bonnes opinions politiques. Quand on veut le discréditer, on dit que c'est une idée des fédéralistes (donc venant d'une gang de vendus) des anglais (surtout le Canada-anglais ou les État-Unis) de gens de l'étranger ou on dit que c'est rétrograde parce que c'est religeux.

Un membre d'un groupe ethnique peut se faire passer pour une personne "de souche" s'il y a l'accent québécois, s'il est suffisament intégré et il a les mêmes habitudes et pratiques que le reste de la société. Donc, notre algérien Mohammed qui ne fête pas Noël et n'est pas capable de lâcher un sacre comme du monde, il n'est pas considérer aussi québécois qu'un Noir qui fête la St-Jean , et capable de parler en joual et veut la séparation du Québec.

Pourquoi je dis ça?

Parce je veux contextualiser l'intervention de Justin Trudeau.

Selon les critères énumérés, il est handicapé dans son intervention.

1. C'est un fédéraliste, et pas n'importe quel-- le fils de l'Arche-fédéraliste Pierre Trudeau.
2. Bien qu'il possède un nom québécois, son accent n'est pas tout à fait parfait et comme il est l'enfant d'un anglophone, et qu'il a grandi dans un milieu anglophone, il n'est pas pleinement québécois.

Les gens vont regarder qui prêchent pour quoi. Peut-être inconsciemment, peut-être consciemment.

Et c'est finalement en regardant qui appuie quoi que les québécois se décident.

Si les bonnes personnes s'opposent à la Charte, les québécois vont s'y opposer.

Si les bonnes personnes l'appuient, ils vont l'appuyer.

Déja, comme c'est un gouvernement péquiste qui présente le projet de loi, ils ont une longueur d'avance. Ce sont les défenseurs de tout ce qui est authentiquement québécois, que ça soit la langue, la culture et les valeurs.

Les Libéraux ce sont des vendus.

La CAQ-- on n'est jamais trop certain de ce qu'ils représentent.

Mais les têtes parlantes vont s'exprimer et c'est là que ça va se jouer.

Les arguments pour ou contre sont moins importants que de se ranger dans la bonne gang

Donc Justin Trudeau est contre, donc, dans la tête de beaucoup de gens, ça augmente la valeur du projet.

Charles Taylor et Julius Grey sont aussi contre. Deux autres anglophones. La valeur est rabaissée.

Mais Richard Martineau est contre aussi. Un Québecois de souche, MAIS il est contre l'État. Donc, un plus et un moins.

Finalement, les québécois font une sorte  de pointage inconscient,   et si les plus québécois s'y opposent, eux-autres aussi ils vont s'y opposer.

C'est comme ça que ça marche l'opinion publique au Québec.

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