22 août 2013

Charte de la laïcité: Le non-dit

Une croix
Depuis quelques jours on discute chaudement concernant la Charte de la laïcité, qui bannirait les signes religieux ostensoires.

On parle beaucoup pour ou contre.

Mais personne directement du sujet: la religion.


D'après moi, l'appui pour cette Charte naît d'un désir de blanchir le sphère public de toute manifestation religieuse.

On saute sur un  problème -- celui des visages couverts, et peut-être celui des kirpans-- pour mettre fin à toute manifestation religieuse.

On fait semblant qu'une société qui effacerait toute manifestation religieuse serait neutre.

Comme si l'absence de Dieu, de crucifix et d'autres symboles n'était pas athée-- ouvertement ou pratiquement, ça n'a pas d'importance.

Quand l'État proscrit la religion en public, il n'est plus neutre.

Il faut arrêter de se conter des histoires: on ne peut pas être neutre en matière de religion, dans le sens que: soit on trouve que la religion (en général) c'est correct, soit on pense que c'est des fantaisies individuelles que l'État n'a aucune obligation de respecter.

Parce qu'une société atheée, un État athée ne peut pas soutenir la liberté de religion.

Quand je dis "athée" je ne veux même pas dire "officiellement athée". Un État qui agit comme si Dieu n'avait aucune importance, aucune fonction, aucun fondement, est pratiquement athée.

Un État ou une société qui traite la religion et la foi comme des sottises va finir par dire que l'exercice de la  religion n'est pas une liberté du tout. Pourquoi est-ce que les gens se sentiraient l'obligation de respecter ce qu'ils perçoivent comme des niaiseries?
 
Alors peut-être il est temps qu'on ait la discussion sur la place de la religion dans la société. Pas au niveau politique, mais au niveau culturel. Le problème c'est que du bord des religieux, je crains qu'on manque de voix vraiment capables de défendre le concept de Dieu et de religion avec force et intelligence. Pas parce que je n'y crois pas. J'y crois entièrement. Mais mettons que la raison pour laquelle l'Église bat la retraite c'est qu'elle est elle-même incapable de s'expliquer, de se défendre et promouvoir la cohérence de la foi qu'elle véhicule.

C'est un peu la faute de l'Église.


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