7 mars 2013

Écoute IVG versus "Les bonnes adresses"

Depuis plusieurs jours, les média français parlent de la "manipulation" des sites anti-IVG, qui, sous des "apparences" de neutralité, essaient de persuader les femmes à ne pas avorter.

Pour contrer cette stratégie, le gouvernement a financé un site pour réferrer les femmes aux "bonnes adresses" pour obtenir leur avortement.

J'ai l'impression que, comme d'habitude, l'État et les média n'ont rien compris.


Ils présument que toute femme qui recherchent "ivg" ou "avortement" sur internet a déjà pris sa décision; qu'elle ne veut pas discuter avec quelqu'un de pro-vie; qu'elle veut parler de ses problèmes avec un fonctionnaire médical.

Ce que je remarque, c'est comment les média et l'État balaient les préoccupations des femmes enceintes.

Ils sont tellement concentrés sur l'avortement qu'ils ne pensent qu'à rien d'autre.

J'ai déjà tombé enceinte de façon inattendue. Je n'étais pas tout à fait "établie" dans la vie. Lorsque ça survient, c'est très préoccupant. C'est le moin qu'on puisse dire. Je n'ai jamais pensé à avorter, mais grâce à mon expérience, je peux comprendre comment les craintes, les pressions, les réactions qu'on anticipent peuvent pousser une femme à avorter sans ce que ça soit vraiment ce qu'elle souhaite. Une grossesse non-attendue peut soulèver tout un bouillonnement émotionnel qui nous plonge dans la confusion, et un avortement peut sembler comme la solution la plus simple parce ça semble pouvoir garantir un résultat qui est prévisible et non nuisible; tandis qu'un accouchement ouvre la porte à toute sortes d'incertitudes: comment gagner l'argent pour nourir le bébé? Comment se loger? Comment s'arranger avec le père? Comment poursuivre son éducation, et ainsi de suite.

Le site du gouvernement balaie tout ça. L'aspect humain de l'IVG est tout à fait absent.

Le but des sites anti-ivg c'est d'apporter un soutien qui n'existe quasiment pas ailleurs. Les pro-vie sont à l'écoute pour aider les femmes et leur donner une aide que personne d'autre va leur offrir.
  
Souvent la femme se sente contrainte d'avorter. Mais ce n'est pas sa véritable volonté. Si elle décide d'avorter, aucun militant pro-ivg va s'assurer que c'est bien ce qu'elle veut. Si on lui pose la question, elle va dire "bien sûr c'est ce que je veux, je n'ai pas d'autre choix." Et tout le personnel ivg va accepter sa réponse sur parole.

Les pro-vie vont lui donner un autre choix!

Si les sites d'écoute se présentent comme anti-ivg, les femmes ne voudront pas parler, pas juste à cause de la prise de position du site, mais parce qu'elles ne veulent pas de politique à ce moment de leur vie. La femme qui a une grossesse inattendue n'a pas un problème politique, elle a un problème personnel.  Alors il faut concentrer sur son problème.

Le site IVG adresses va jusqu'à parler de l'accès à l'IVG en France. Ça, c'est une préoccupation de militantes, ce n'est pas une préoccupation de la femme enceinte confronte une grossesse imprévue.

Je crois que la réaction face aux sites d'écoute IVG sont plutôt une manifestation d'angoisse face à la montée du mouvement pro-vie. J'observe souvent que les pro-ivg ne répondent pas aux arguments ou aux initiatives pro-vie. Ils les condamnent, après un examen superficiel, si examen il y a. Aborder le sujet en profondeur serait une admission qu'on doit prendre les pro-vie au sérieux, et il ne faut surtout pas dire quelque chose de la sorte, malgré les progrès du mouvement.
 Mais les pro-vie n'ont rien à craindre. Quand on donne de l'aide aux femmes, elles vont venir nous retrouver--  quoi qu'en disent les média-- parce qu'elles n'ont personne d'autre. Les pro-ivg ont beau parler de manip et de malhonnêteté, ce ne sont pas elles qui confrontent les problèmes et les émotions de femmes incertaines. L'aide concrète parle plus fort que les paroles.

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