3 janvier 2013

Parfois les catholiques ne sont pas honnêtes avec eux-mêmes

Certains catholiques dissidents ne sont pas complètement niaiseux... Un prêtre libéral discute de l'opinion des catholiques concernant le mariage gai:

 Depuis des mois, la hiérarchie catholique ne parle que d’une seule voix. Comme si tout le monde était d’accord. Comme s’il n’y avait plus qu’à choisir les moyens d’action et à entrer en campagne. On peut craindre que cette fausse unanimité desserve profondément la cause de l’unité de l’Église : beaucoup de catholiques aujourd'hui, sans être nécessairement de grands partisans du mariage pour tous, ne sont pas convaincus par l’argumentaire anthropologique qui a été retenu pour la cause ; ils entretiennent des doutes qui méritent d’être pris au sérieux et qui ne le sont pas. Rien n’est évident dans cette histoire. Rien n’est évident et rien n’est simple. Comme l’indiquent les sondages (ceux des instituts comme celui que n’importe qui peut faire dans la plupart des paroisses), les fidèles sont partagés. Beaucoup ne demanderaient qu’à voir ouvrir vraiment le débat, non seulement dans la société, mais aussi et d’abord dans l’Église. Les prêtres sont également partagés. Oserai-je dire enfin que les évêques eux-mêmes sont certainement partagés ? Je ne suis pas journaliste d’investigation, je n’ai recueilli aucune confidence, je n’ai aucun enregistrement téléphonique… mais considérant d’une part que les prêtres français sont très partagés et d’autre part que les évêques ne sont pas des hommes extrêmement différents des simples prêtres, il est assez clair que les évêques ne partagent pas tous l’ardeur des leaders. Il n’y a pas de vraie unanimité, même au sein du collège épiscopal, au sujet du fameux projet de loi. Nous jouons depuis des mois une grande partie de cache-cache, dans laquelle certains pourraient finalement se lasser de s’être si bien cachés. L’Église a sans doute beaucoup à perdre à dissimuler qu’il y a aujourd'hui en son sein une très grande diversité de points de vue au sujet du projet de loi sur le mariage pour tous.

Bien que je ne suis pas du tout d'accord avec son orientation religieuse, il a raison de soulèver la fausse unanimité de l'Église.

Parce que ce manque d'unanimité affaiblit l'Église.

Comment pensez-vous l'Église peut être efficace si on prétend être uni, quand ce n'est pas du tout le cas.

Les évêques ont leur "ligne de parti" du Vatican/Magistère.

Ils ne pensent pas comme le Vatican, pour la plupart. On est capable de voir à travers. Quand un individu pense comme Benoît XVI, pas besoin de langue de bois d'exprimer sa pensée.

Mais, en général, les évêques et souvent les prêtres ne sont pas capables de parler naturellement et avec franchise parce qu'ils n'y sont pas convaincus de ce dont ils parlent.

Quand tu lis les paroles d'un archévêques comme Charles Chaput de Philadelphie, tu sais qu'il est complètement en accord avec le Magistère et la Tradition, parce que ses paroles communiquent sa conviction tout naturellement. Il parle contre l'avortement, contre la contraception, il peut aussi facilement reprendre l'argument anthropologique sans tournures hyper-diplomatiques de gens qui ne font que répéter les talking points que la conférence episcopale aurait rédigés.

Ça m'énerve, pis j'aimerais ça qu'on commence à demander que nos prêtres et évêques soient francs.

Je suis tannée de la dissimulation.

On n'est pas capable d'être efficace dans cette Église, parce qu'on n'est pas honnête avec soi-même et on n'exige pas cette honnêté et cette franchise.

Si un prêtre pense que le mariage gai est correct, qu'il le dise.

Mais voyons, Suzanne, s'il dit, il va perdre sa job. Il va perdre sa chance d'avancer dans l'hiérarchie.

Justement.

Si le clergé n'est pas complètement en accord avec le Magistère, à quelque par il y a de la hypocrisie.

Moi je ne prends pas une carte de membre chez le NPD, je ne suis pas socialiste.

Si jamais je prenais cette carte de membre, et que je me faisais élire en tant que responsable du parti, on s'attendrait à ce que je crois sincèrement au socialisme et que je le défends.

Si je ne le ferais pas, on voterait ma destitution.

Mais dans l'Église, ça ne marche pas comme ça. Si un prêtre contredit l'Église sur de nombreux points, il n'est pas déstitué. Parfois, même l'évêque l'appuie. On a juste à penser à l'Abbé Gravel. Mais il est loin d'être le seul cas. Au moins il a la qualité d'être franc.

Malheureusement la plupart de clergé ne l'est pas.

Et un clergé qui n'est pas franc, qui n'adhère pas fidèlement à la foi catholique ne peut pas évangéliser et transmettre la foi catholique.

Depuis un certain temps, la phrase "la nouvelle évangélisation" est devenue un buzzword sur la lèvre de tous les catholiques professionnels, comme si le fait de le dire signifierait quoi que ce soit.

Notre Nouvelle Évangélisation va tomber à l'eau si on n'est pas capable d'être honnête dans cette Église et se parler franchement.

J'aimerais ça qu'on détermine que c'est qu'on va faire de cette Église.

L'Église catholique, et je pense surtout à l'Église catholique québécoise/canadienne-française ne peut plus continuer à se dire catholique sans adhérer à la foi catholique. Elle ne peut pas s'évangéliser elle-même si elle n'est pas prête à dévoiler sa véritable façon de penser.

Les gens sont bin capables de voir que l'Église ne parle pas d'une voix et ne croit pas vraiment à ce qu'Elle dit.

On a de la misère à être prise au sérieux parce qu'il n'y a rien qui détourne les gens comme des choses fake.

Dans les années 70 et 80 quand la foi était en perte de vitesse au Québec, les élèves dans les écoles prétendues catholiques voyaient bin que la foi, quand ce n'était pas gnan-gnan c'était fake. On ne parle plus de l'époque rigide de Duplessis. Ça ne sert plus rien à blâmer la Grande Noirceur pour la désaffection des Québécois de l'Église. À un moment donné, la foi est devenu fake pour les gens. Limpide. Superficielle. Ne pas à prendre au sérieux. Bien sûr qu'on ne peut pas blâmer complètement l'École. Mais à quelque part les évêquqes, les prêtres et la classe de catholiques professionnels auraient dû soulèvé -- pas des point d'interrogations-- des cris d'alarme-- concernant ce qui se passait.

Mais non. Parce que toute cette classe de catholiques professionnels étaient incapables d'être honnêtes. Pas dans le sens de vouloir induire en erreur le public. Mais dans le sens de ne pas vouloir être authentique, transparent et réaliste.

On pensait le fait de laisser aux fonctionnaires et des enseignants pratiquement non-croyant la charge de l'enseignement reilgieux n'endommagerait pas la foi des jeunes. En conséquence, des profs pas croyants ou très peu, et surtout pas formés, essayaient de parler de Jésus, ce "grand personnage". Ils organisaient des messes et des liturgies et elles sonnaient faux.

Mais voyons!

 Ça se passait comme ça parce que la classe professionnelle catholique n'était pas capable d'être straight avec les fidèles.

Au lieu de créer une culture d'honnêté, on a créer une culture d'hypocrisie, ou le prêtre ne parle jamais d'un paquet de sujets parce qu'il sait qu'il contredit l'Église et pour une raison ou une autre, il ne veut pas brasser la cage.

Plus on monte dans l'hiérarchie, plus l'hypocrisie est grave.

Mais voilà maintenant le Magistère et les quelques clercs fidèles imposent sur les autres un devoir de combattre pour des choses dont ils ne sont pas partisans.

Comme par exemlpe, la protection civile de la vie humaine, dès la conception.

Le Cardinal Turcotte a dit tout bonnement qu'il était contre la criminalisation de l'avortement sur RDI.

Si c'était la pensée du Cardinal Turcotte, on peut croire que c'est l'opinion d'un paquet de prêtres au Québec, parce qu'il a sûrement ordonné des prêtres avec des opinions semblables.

Alors, au moment où il s'agit de question de vie humaine dans le discours public, il est handicapé. Parce qu'il est censé défendre la position catholique. Mais il ne le fait pas.

On peut se demander, qu'est-ce qui fait dans l'Église catholique s'il n'est pas prêt à défendre les enseignements du Magistère concernant l'égalité des êtres humains?

L'erreur de cette position est facilement corrigeable: le Catéchisme dit que la personne humaine doit bénéficier de la protection légale dès la conception.

S'il ne croit pas au Catéchisme comment  peut-il oeuvrer en tant que représenant de cette Église?

On ne peut pas avoir cette conversation dans cette Église.

On ne peut pas parce que j'imagine qu'à quelque part la classe professionnelle catholique doit réaliser qu'ils sont en contradiction avec l'Église.

Tant qu'on n'est pas honnête, cependant, on ne sera pas efficace. On ne pourra pas progresser. Il faut arrêter la dissimulation. Si on n'est pas pour être fidèle on doit au moins être fidèle à soi.








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