24 janvier 2013

Le vrai tabou du débat sur l'avortement: l'amour

Un blogueuse de La Presse a écrit un billet sur un sujet supposément tabou: l'appui pour l'avortement après la maternité.

Moi j'en ai fait des débats sur l'avortement sur internet. J'en fais quasiment à chaque semaine si ce n'est pas à chaque jour.

L'avortement pour des mères n'est pas tabou du tout.

C'est tellement pas tabou que aux États, une large minorité, si ce n'est pas une majorité, de femmes qui subissent des avortements ont déjà donné naissance.

Tout ça pour dire que les média, surtout les média québécoises, connaissent mal le débat sur l'avortement.

Le vrai tabou sur l'avortement c'est l'amour.

Le choix dans "pro-choix" ce n'est pas seulement le choix de tuer son enfant, mais de l'aimer.

On donne le choix aux mères d'aimer ou pas leur enfant.

Il n'y a pas de pression sociale, pas d'objection morale de traiter son enfant à naître comme un déchet en fin de compte.

Les femmes qui veulent leurs grossesses aiment leurs enfants à naître et affichent leurs échographies sur facebook. Elles ont des bébés.

Les femmes qui ne veulent pas de leurs grossesses ont des foetus.

Comprenez moi bien, bébés et foetus pour moi, c'est la même chose. Mais dans notre culture, aimer le foetus est optionnel, ne pas aimer son bébé ne l'est pas.

L'amour pour que ça soit authentique doit être libre. Bien oui. On ne peut pas forcer les gens à aimer.

Cependant, on peut toujours critiquer le choix de ne pas aimer son enfant. On peut créer des lois qui présupposent que la mère (et le père!) aimera son enfant, et qu'il n'y a pas d'autre option acceptable.

Imagine un monde ou, on donne le choix aux parents de ne plus aimer leur enfant né.

Et même, on donne aux parents le droit de le tuer. Ris pas, l'infanticide a déjà été légal en antiquité.

J'anticipe la réplique: Ah, mais on peut toujours mettre l'enfant en adoption.

Oké, mais pourquoi ne pas dire la même chose face à un foetus non-voulu?

Et est-ce qu'on veut vraiment que l'amour des enfants ne soient pas une attente dans notre société?

Tout ça pour dire que c'est de l'égoïsme qui est l'engin du débat sur l'avortement. On dit que que les pro-vie veulent imposer leur volonté sur les femmes.

Mais est-ce qu'une volonté égoïste de ne pas aimer mérite toujours d'être hors critique? Est-ce qu'on n'a pas raison de contempler les résultats de cette vision "pro-choix" sur l'amour de ses enfants?

L'histoire de l'avortement n'est pas complètement une affaire légale. Sa genèse est culturelle. Elle découle de nos valeurs. Et dans le moment, on ne s'attend pas à ce que les enfants soient aimés. 

Ça en dit quoi de notre société?

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