7 janvier 2013

Il faut arrêter de se soucier de l'opinion de la gauche...

Un gauchiste qui croise une affirmation contraire à ses croyances réagit comme suit:

C't'une maudite folle! Eh malade! On est en 2013! J'reviens pas que des gens pensent comme ça! Maudite raciste/sexiste/homophobe/xénophobe!

Je l'ai écris au féminin parce que bien si la personne visée est une femme, la réaction est encore plus vive.

Et bien sûr j'ai omis les sacres obligatoires. Pas capable de s'exprimer sans blasphème!

Pourquoi une telle réaction?

J'ai un pied dans la culture anglophone et francophone. Je crois que les francophones sont plus susceptibles à se censure devant de telles condamnations.

Ils ont plus peur de la mauvaise opinion des autres que les anglophones.

Et, la gauche exploite cette peur pour assurer que les débats qu'elle déteste n'aillent pas lieu.

Pas qu'elle refute les arguments. Qu'elle les censure.

Alors, elle rabaisse tous ceux qui ont une opinion différente.

Mais c'est peut-être un peu injuste de tout blâmer sur la gauche. Parce que me semble que les Québécois en général manque de colonne vertébrale.

On traite les gens d'opinion singulière comme des parias.

Dans le monde anglophone, on a plus tendance à voir une personne avec des opinions singulières et divergentes comme une personne qui a le courage de ses convictions. Je ne veux pas trop exaggérer, la peur du rejet existe parmi les anglophones, c'est certain. Mais, mon impression est que l'individualité politique est vu plus positivement dans le monde anglophone.

Au Québec, un gars avec ses opinions à lui, qui ne suit pas la ligne de parti, qui a des idées très minoritaires et aucune traction dans le discours politique, c'est un loser. Il est à part. Il n'est pas assez sensé d'adopter les opinions des autres. "Tout le monde sait..." compléter la phrase: Tout le monde sait que l'homosexualité est innée (mais le genre ne l'est pas) que la femme a le droit de disposer de son corps (lire: subir un avortement), que la religion c'est du brainwash, que l'État fait partie de la solution, que les Autochtones sont tous des victimes, que, que, que, ...

Tout le monde "sait" ça, voyons!

Tu sais pas ça, toi!

T'es niaiseux!

On ne cherche pas à justifier ce qui est de "toute évidence". Bien sûr.

Alors, c'est de toute évidence, c'est clair que la personne qui contredit la vérité en pleine face, c't'un malade, un sans-genie, un con.

Bref, il ne mérite pas d'être consideré comme parmi les bonnes gens.

C'est un peu ça la stratégie des gauchistes.

À un moment donné, il va falloir que les québécois, surtout les droitistes, répondent de deux façon.

La première c'est de respecter la différence politique. C'est niaiseux mais parmi les droitistes, il y en a encore qui démolissent les croyants et les sociaux-conservateurs. Je ne dis pas qu'ils sont obligés d'être d'accords. Mais quand ils traitent les croyants de la même façon que la gauche les traite -- ça perpétue le pouvoir de la gauche.

La deuxième réponse c'est de dire à la gauche: je m'en fous de ce que tu penses, ton opinion de ma personne n'est pas importante.

On le pense souvent, mais on ne le dit pas.

Quand on ne le dit pas, on donne l'impression à la gauche et à son audience (online ou ailleurs) que ses jugements sont plus importants qu'ils le sont en réalité.

Quand la gauche va voir qu'on n'est plus affecté par leur condamnation, quand les gens voient que la droite a une colonne vertébrale, elle va finir par ne plus avoir peur de s'exprimer, parce qu'elle va voir que son jugement n'a pas l'effet escompté.

Si tu te censures pour ne pas être mal vu, tu donnes ton pouvoir à la gauche. Tu leur donne ta permission de te censurer en retour de leur bonne opinion.

Il faut que toi tu arrêtes le chantage émotionnel.
...

 Cette chronique de Richard Martineau est en rapport avec ce billet.

2 commentaires:

Béta-Rhéteur a dit...

Bonjour Suzanne,

Bonne et Sainte Année !

J'aime et j'apprécie tes articles (celui-ci inclus), continue ton bon travail et que le Seigneur te bénisse.

Suzanne F. a dit...

Merci, je l'apprécie beaucoup.