20 juillet 2012

L'avortement clandestin au Sénégal

Cette étude publiée par Le Pan-African Medical Journal présente la situation de femmes détenues provisoirement après être suspecte d'avortement ou d'infanticide.

L'échantillon est petit. Trois des femmes ont commis un avortement, et treize ont commis une infanticide.

Mais, c'est intéressent tout de même, comme étude exploratoire.

 
Presque toutes les femmes interrogées (81,25%) ont déclaré avoir pris conscience dès le début de la grossesse que l’enfant porté était un être humain ; seules deux (12,5%) l’ont réalisé à l’accouchement. Treize femmes (81,25%) ont déclaré qu’elles auraient voulu garder leur enfant mais en changeant de village pour l’une d’entre elles. Une femme voulait faire adopter son enfant.

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Elles sont issues pour la plupart de familles polygames et nombreuses. La grande majorité d’entre elles nous ont déclaré appartenir à des familles adéquates dans lesquelles, selon les sociologues, l’activité délictueuse est occasionnelle. Mais le grand nombre d’individus au sein des familles (polygamie et importante fratrie) entraine une faible supervision par le chef de famille.

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Presque toutes ces femmes auraient voulu garder leur enfant et le partenaire, quand il avait été prévenu, était prêt à assumer ses responsabilités vis-à-vis de l’enfant à naître. Mais on constate que trois quarts des femmes interrogées étaient seules au moment de l’accouchement ou de l’avortement ; même celles qui avaient fait des consultations prénatales avaient accouché à leur domicile. Ceci peut s’expliquer par le sentiment de honte et de culpabilité que peuvent éprouver ces femmes dans une société où la maternité ne se conçoit que dans le cadre du mariage. Dans une étude, CARR et col avaient noté que moins de 55% de jeunes femmes déclaraient avoir reçu des soins de délivrance professionnels [9]. Les contraintes sociales semblent les pousser à commettre l’irréparable, acte qui les marginalise un peu plus quand il est découvert du fait du caractère sacré de la vie.

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L’avortement clandestin et l’infanticide sont surtout dus au sous développement. Ils constituent un continuum pour la femme qui a une grossesse non désirée en Afrique. Si elle ne réussit pas l’avortement en début de grossesse, elle pratiquera un infanticide à l’accouchement. L’avortement thérapeutique n’est prévu que lorsque la vie de la mère est menacée par la poursuite de la grossesse. Les malformations du fœtus n’autorisent pas l’interruption de la grossesse dans notre loi pénale et dans le code de déontologie médicale.

Remarquez la logique des chercheurs.

Les femmes voulaient garder leurs enfants.

C'est ce qu'elles auraient voulu choisir.

Cependant, au lieu d'aider les femmes à mener leur grossesse à terme-- leur véritable volonté-- on fait l'apologie de l'avortement légal-- leur solution de rechange. Une solution qu'elles disent tue un être humain.




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