25 mai 2012

À l'origine de la crise étudiante

Je ne cherche pas à faire une analyse pointue de la crise étudiante. Cependant je remarque que dans ce conflit, il y un affrontement entre deux visions étatistes.

D'un bord, les étudiants qui pensent qu'ils méritent la gratuité scolaire. Pas pour eux-mêmes, entendons-nous bien, c'est complètement altruiste leur affaire...

De l'autre côté, le gouvernement qui croit qu'il a le droit de dicter combien les universités doivent charger leurs étudiants. Bien sûr, les universités pourraient se soustraire, et perdre leurs subventions. D'ailleurs, dans ce contexte, l'université privée ne peut pas compétitionner contre des compétiteurs subventionnés.

Le gouvernement voit bien que le niveau des dépenses est insoutenable au Québec. Mais il ne remet pas en question le droit (et même le devoir!) du gouvernement de fixer le prix de l'éducation. Pour le moment, le gouvernement essaie-- très modestement-- de remettre le fardeau du coût de l'éducation sur l'étudiant. Cependant, si jamais l'économie connaît une reprise et que les revenues publiques augmentent, il va reprendre son expansion.

C'est la nature de l'étatisme.

D'après moi, le gouvernement devrait abandonner son rôle comme fixeur de prix et laisser le marché déterminer la véritable valeur d'une éducation universitaire.

Es-tu malade? Les frais de scolarité bondiraient!


Peut-être que oui. Cependant, les universités n'ont pas intérêt à charger un prix qui rend l'accès à leurs institutions impossible. Sinon, leur entreprise ne sera pas rentable.

Et les étudiants moins nantis?

Le problème c'est qu'au Québec on est tellement dépendant sur l'État qu'on n'a pas développer une culture de bourses et de fondations éducatives. L'éducation aux États-Unis coûtent très chère. Mais, il existe aussi d'innombrables bourses pour les étudiants qui le méritent. Parce que les gens riches prennent leur responsabilités et essaient d'aider les plus pauvres volontairement.

Le problème c'est la culture de la médiocrité est tellement répandue, qu'on n'ose pas remettre en question qu'un étudiant au bas de sa classe mérite d'aller à l'université. Je sais, les notes ne sont pas tout. Mais, si la personne réussit mal son CÉGEP et que l'école n'est pas son affaire, peut-être il serait plus comblé à faire une technologie ou apprendre un métier.

Mais, si l'étudiant tient à tout prix à complète un bac, c'est toujours possible. Il a juste à se trouver un emploi et se le payer lui-même.

Quelle idée révolutionnaire!

Se payer son éducation.

Les étudiants croient que c'est une injustice impensable d'obliger des jeunes à travailler pour gagner l'argent qui leur permettrait de se payer un bac.

Ah, je sais: pas facile! Il faut vivre. Payer son loyer, sa bouffe, ses loisirs.

Un jeune célibataire pas endetté est en pleine mesure de se payer son bac. C'est juste qu'il préfère que son bac soit fini en trois ans au lieu de cinq ou six.

L'avantage, cependant, c'est qu'il finisse sans être endetté.

Mais, on ne veut pas ça. C'est trop long, trop ardu. On veut ce qu'on veut quand on veut, c'est-à-dire TOUTE SUITE!

Et voilà l'origine de la crise étudiante.

Si on accepterait qu'on n'est pas dû l'argent des autres, cette crise ne se produirait pas.








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