3 mai 2012

Le texte le plus con sur l'avortement que j'ai lu depuis longtemps...

J'ai vu quelques commentaires positifs à propos de ce texte dans La Presse concernant l'avortement.

Mais c'est nulle comme text.

Le gars se dit biologiste. Une chance, s'il aurait dit les choses qu'il a dit dans un cours d'histoire, il aurait coulé.

Comme biologiste, je trouve toujours grossier d'entendre des hommes d'un certain âge militer ouvertement pour le contrôle de ce qui se passe dans l'utérus des femmes.

Bon, il invoque sa crédibilité en tant que biologiste pour passer un commentaire sur des valeurs.

Ça commence mal.

Il faut dire que cette volonté masculine ne date pas d'aujourd'hui. Après la découverte du spermatozoïde par le Hollandais Antoni Van Leeuwenhoek en 1677, même les penseurs les plus respectés de l'époque croyaient que la femme n'apportait aucune contribution dans la formation du foetus.

On présume que les animiculistes (comme on les appelaient) étaient motivés par le désir de suprématie.

Comme c'est typique dans la lecture féministe histoire, on soupçonne les motifs, sans aucune preuve. On présume que si un événement a eu lieu et  qu'il peut être perçu comme sexiste, c'est automatiquement à cause des mauvais désirs subconscients auxquels les historiens n'ont pas accès.

Avis aux futurs étudiants en histoire: ça peut passer dans des cours de féministes, mais de historiens sérieux ne laisseraient ça jamais passer. C'est très faible comme raisonnement.

Il a fallu attendre 1887 pour que deux scientifiques, Oscar Hertwig et Herman Fol, mettent en doute cette suprématie des hommes en démontrant que le foetus résultait de la fusion entre un spermatozoïde et un ovule.

Je ne suis pas spécialiste dans l'histoire de l'embryologie, mais je sais que la fertilisation a été découverte bien avant 1887. On sait c'est le cas, parce que c'est en 1861 que la Grande-Bretagne a statué sur l'avortement. Avant cette date, l'avortement était illégal selon la Common Law, mais il y avait confusion sur si il était légal avant les premiers mouvements, et à quelle catégorie de peine qu'il appartenait. En 1861, la loi est claire, tout avortement est illégal. On sait aussi que le Vatican a aussi statué contre l'avortement en 1869, rendant tous ceux qui commettaient un avortement susceptibles d'être excommuniés.

Plus de deux siècles après cette découverte

Il ne sait même pas compté. Coudonc, il n'y a d'éditeur à ce journal-là?

la lutte des femmes pour leur émancipation sexuelle trouve encore de la résistance à Ottawa.

Encore une fois, on présume que le motif pour s'opposer à l'avortement c'est une affaire de sexe. On n'examine pas les arguments pro-vie-- on saute par-dessus la question tout bonnement pour imputer des mauvaises intentions.

Pourtant, un homme qui s'insurge contre l'avortement, c'est un peu comme un Noir qui peste contre le bronzage.Dans les deux cas, la crédibilité fait défaut.


Mais, si le bronzage est nocif à la santé, est-ce que le fait qu'un Noir le dit lui rend hypocrite? Bien non!

N'existe-t-il des dermatologues Noirs? C'est nulle comme analogie.

Le Noir qui s'insurge contre le bronzage peut avoir la santé des autres en tête. 

Les mâles qui peuvent parler d'avortement sans se tirer dans le pied sont très rares dans le monde animal.

Comme si les autres animaux devraient s'occuper de ça.

C'est ironique qu'un homme dit qu'un homme ne devrait pas parler d'avortement...quand il en parle.

Si les hommes pro-vie avaient expérimenté une seule fois les douleurs d'un accouchement, ils arrêteraient de polluer visuellement notre environnement avec leurs pancartes au design douteux.

Mais le gars n'a jamais pensé qu'il y a des femmes pro-vie qui ont cinq ou dix enfants qui brandissent des pancartes?

Et si c'est le cas, qu'est-ce que ça change de la réalité de l'avortement?
Vouloir reconnaître un foetus comme un humain soulève des questions presque insurmontables. À tous les niveaux de son développement, le foetus est entièrement dépendant de la nourriture maternelle. Lui accorder des droits équivaudrait à demander à la mère de surveiller son alimentation pour ne pas aller en prison.

Alors, on permet de tuer un autre être humain par peur que les femmes seront criminalisées.

On ne nie pas des droits de ne pas être tué par peur des conséquences. Si les femmes sont injustement criminalisées, elles ont des avocats, elles peuvent voter des lois, elles peuvent s'assurer que le système social ne les criminalise pas.

Mais l'enfant à naître n'a pas ces défenses. Devraient-ils mourir pour des craintes non-réalisées?

Si, par exemple, la future maman avorte accidentellement après avoir été contaminée par un sushi ou un fromage au lait cru, devra-t-elle répondre de cet acte devant la justice?

Non. Est-ce que l'enfant à naître devrait mourir parce que les femmes veulent manger du sushi pendant leur grossesse?

Si la maman avorte de jumeaux, sera-t-elle accusée d'un double meurtre?

C'est intéressant comme question. L'avortement, normalement, est poursuivis par le nombre d'actes et non pas le nombre de victimes.

Si la fécondation de l'ovule par le spermatozoïde est reconnue comme étant le début de la vie, l'utilisation de la pilule du lendemain sera-t-elle considérée comme un suicide assisté?

Normalement, le suicide incluse la volonté de mourir, ce que le zygote ne possède pas, mais anyway....

Voyez-vous comment le pôvre-choix n'est pas obligé de confronter la question difficile? Au lieu d'y répondre, il se penche sur les conséquences indésirables possibles de la vérité. (Et son raisonnement était très fallacieux).

Les conséquences indésirables ne changent pas la vérité.

On a le devoir de vivre et agir selon la vérité. La réalité ne peut pas être contournée.

Parce que les rédacteurs de La Presse sont d'accords avec son opinion, ils n'ont jamais pris la peine de se demander si ce qu'il écrivait avait du bon sens ou non. Si un pro-vie aurait écrit quelque chose aussi minable, il aurait été rejetté (et tant mieux).


1 commentaire:

Le Gentil Astineux a dit...

usstte minalblMalheureusement, il arrive qu'un Diouf pense et réfléchit en Niouf.

Un médecin n'a pas à souffrir du cancer pour le soigner.