12 avril 2012

Une conversation sur la foi dont j’aurais aimé faire partie

Je n’ai pas LCN chez moi, ce qui est dommage parce que j’aurais bien aimé appeler pour faire part de mes commentaires parce que Martineau a soulevé des questions très pertinentes dans cette entrevue.

1. Quelle rôle pour l’Église dans la société québécoise?
2. Comment est-ce que l’Église pourrait remplir les bancs?

Ce que je regrette dans toutes les conversations sur la foi catholique, c’est qu’on manque souvent la perspective de gens qui sont orthodoxes, c’est-à-dire qui suivent la ligne de parti de l’Église.

Alors on a le point de vue de Raymond Gravel et de Mathieu Bock-Côté.

On pourrait bien critiquer Martineau pour son choix d’invités, mais soyons francs: qui est-ce qu’il aurait pu inviter? Sont qui les porte-parole orthodoxes au Québec?

Y’en a pas. D’où l’importance des blogueurs de parler, pour dire les choses que les autres ne diront pas. Il faut bâtir ce cathosphère québécois pour mieux transmettre la foi, parce que les blogueurs vont dire ce que les prêtres n’osent pas. Des choses qui sont des éléments-clé pour comprendre la foi catholique.

Alors Martineau a demandé quel rôle que l’Église pourrait jouer dans la société. Il pose la question: est-ce qu’on jeter le bébé avec l’eau du bain?

Moi j’aurais dit oui: on a jeté le bébé avec l’eau du bain, mais le bébé qu’on a jeté c’est Jésus lui-même. Dans l’entrevue, on parle des valeurs de l’Église, des gestes du clergé, etc. mais on dance au tour du message principal du Nouveau Testament: que Jésus est mort pour nos péchés, et qu’il est ressuscité pour témoigner de la vie éternelle en lui.

C’est l’affaire principale que la société québécoise a rejetée.

Et je crois qu’il a été très facile pour la société québécoise de mettre de lancer à bord le message de Jésus pendant la Révolution Tranquille parce que la foi catholique des québécois était superficielle. Elle était omniprésente, et parfois même étouffante et souvent manquant d’une culture intellectuelle profonde. Donc, lorsque Martineau dit que le catholicisme aidait les gens à s’ouvrir au monde, oui, tout à fait, le clergé était en quelque sorte les gardiens de la culture, mais cette culture religieuse ne se basait pas sur une culture intellectuelle musclée. Donc, après la Guerre, quand les québécois ont été se battre en Europe et quand des idées non-catholiques ont envahis les nouvelles média de masse et quand les québécois sont devenus plus instruits et donc ouverts à d’autres courants, la foi des catholiques était prête à s’effondre face à cette invasion. Quand ta culture religieuse est celle de gens essentiellement illettrés, transmis de bouche-à-oreille par des simples parents et religieux, c’est normal que le manque de sophistication des croyants ait fait en sorte que les idées plus “modernes” séculières sont devenues plus courantes. Ajoute à ça que face à cette sécularisation, l’institution de l’Église a décidé de prendre un virage “pastoral” c’est-à-dire, enseigner une foi complètement dénouée de ses éléments surnaturels, complètement détachée de sa philosophie historique, une foi de sentiments et de “Jésus-est-ton-ami”, c’est normal que l’Église butte autant! On s’attendait à ce que la foi des gens se maintient par la force de l’appartenance sociale: on est québécois, donc catholique et on le sera toujours. Mais c’était croire des contes de fées! En enlevant tout le sens surnaturel et métaphysique de la foi, en le réduisant à une affaire de solidarité et de valeurs, la foi catholique a perdu son sens pour le gens. Pourquoi être catholique si ce n’est pour être comme tout le monde? Tout le monde pour être solidaire et tout le monde peut avoir des “valeurs” sans l’Église.

Mais pas tout le monde peut s’adonner à Jésus dans l’esprit qu’il a enseigné sans la société qu’il a fondé à cette fin.

Alors, ça me mène à répondre à la deuxième question: comment remplir les bancs d’Église.

Les bancs d’Église vont remplir quand les gens auront la foi.

Alors ce que l’Église doit faire c’est de transmettre la foi. Donc, il faut qu’elle enseigne sa doctrine surnaturelle et qu’elle la défend sur la place publique.

On parle de Nouvelle Évangélisation, blah blah, qu’on l’applique!
La “Nouvelle Évangélisation” c’est devenu pratiquement une phrase “buzz” qu’on tire partout comme pour dire qu’on est en train de faire quelque chose.

Je ne doute pas qu’il y a des choses qui se font, mais j’ai l’impression que c’est trop peu trop tard.

Il faut que les porte parole de l’Église osent un peu. C’est quoi la chose centrale de la foi catholique c’est Jésus. Mais quel Jésus? Jésus le gourou, Jésus le prophète, Jésus “le bon chum”?

Non. Jésus le fils de Dieu, qui est mort pour les péchés des hommes.

Martineau et Cie. parlent de garder les dogmes essentiels et de rejeter ceux qui ne le sont pas. Et de lancer Vatican III pour le faire.

Mais le dogme numéro de l’Église c’est: tout ce que Dieu révèle, on doit le croire.

Dieu a révélé la morale sexuelle de l’Église. Ce n’est pas l’Église qui l’invente, c’est Dieu qui le dit: à travers son Écriture, à travers la loi naturelle, à travers la Tradition Sainte et à travers son Magistère.

Toute la vérité est essentielle. Peut-être il y a des vérités plus importantes que d’autres en termes de salut de l’âme, mais toutes les vérités doivent être acceptées.

Parce que c’est ça la foi: croire en Dieu parce qu’il ne ment pas, et il nous aime et tout ce qu’il dit et ce qu’il fait, il le fait par amour.

L’Église, ou plutôt ses porte- parole informels, doivent essayer en quelque sorte essayer de vendre le noyau de la foi catholique. Il faut qu’elle n’ait pas peur de mettre d’avant le côté surnaturel, le côté transformateur de la foi catholique, au lieu de se pencher sur des coups médiatiques comme la pub qui encourageait les gens à prier pour le Canadien. (Ha! Je suis partisane des Nordiques!)

Il faut que l’Église engage le public mais sur son territoire intellectuel, et non pas sur celui de ses opposants. Il faut qu’elle arrête de se faire l’idiot utile de ceux qui veulent sa disparition, ex: les gauchistes, les athées militants, les laïcistes. Il faut que l’Église reprenne contact avec ses racines et qu’elle défie les autres à venir la confronter au lieu d’aller sur le champ de bataille de ses opposants. Mais j’ai l’impression que ça n’arrivera pas demain, les catholiques en générale manque de confiance dans leur foi et ses racines intellectuelles. Avant que les catholiques puissent vendre la foi aux autres, il faut qu’ils y aient confiance eux-mêmes.

5 commentaires:

Pat3Qc a dit...

Je crois que la renaissance du catholicisme orthodoxe est pour bientôt au Québec. L'Église peut sembler mourir mais c'est pour mieux laisser renaître la vraie foi authentique.

France a dit...

Il y en a des portes paroles, Madame Suzanne ! Mais encore faudrait-il que les recherchistes se donnent la peine de chercher et que la ligne éditoriale de Martineau soit plus souple !!

Voici certains noms :

Luc Phaneuf, théologien et chroniqueur
L'Abbé Robert Gendreau
Michel Lizotte, journaliste
Denise Bombardier (même si des fois elle est dissidente)
Julie St-Hilaire, blogeuse
Marilyn Paris, chroniqueuse
Jacques Gauthier, auteur
Brigitte Bédard, journaliste
Père Michel Gagné, capucin
Raymond Poisson, curé
Agnès Colantuoni, blogeuse à CQV
Georges Buschemi, président de CQV
Richard Décarie, membre du PCQ
Jérémie, blogeur sur Étique et Politique
André Daigneault, prêtre
Laurent Fontaine, journaliste
Gene Morse Chevrier, présidente de l'APCQ
Stéphane Laporte, chroniqueur

les portes paroles ne manquent pas... C'est juste que Martineau ne les veut pas, peut-être? Y'a pas UN seul réseau qui veut les faire parler. C'est tout. Des fois, certains passent à Isabelle Maréchal. Ou à Dutrizac. La télé, très rare! Et s'ils passent à la télé, c'est toujours sur des sujets tellement pointus. Jamais sur les vrais affaires.

Suzanne F. a dit...

C'est drôle, je n'ai jamais entendu parler de plusieurs de ces noms.

Où est-ce qu'ils se cachent?

Mais il ne s'agit pas d'être seulement articulé, mais aussi franc. C'est l'élément clé. Comme Julie St-Hilaire est très franche. Cependant, la foi n'est pas son sujet principal. Ça prendrait quelqu'un qui baigne dans les controverses catholiques et qui sait quoi dire aux objections.

Ça prend un blogue ou une publication capable de susciter des réactions fortes pour attirer l'attention des gars comme Martineau.

Franchment, je ne suis pas absolument certaine que c'est une question d'exclusion. Je crois qu'il serait prêt à discuter avec quelqu'un avec qui il partage une certaine chimie. D'ailleurs, pas sûr qu'ils connaissent les joueurs non plus, la religion c'est pas son bag.

France a dit...

Toutes ces personnes sont bien connues au Québec, chère Suzanne!

Quant à savoir si Martineau connaît les joueurs, dans les faits, en télé, ça ne fonctionne pas comme ça. Ce sont les recherchistes qui cherchent et qui proposent. Mais les recherchistes, pressés par le temps, ne se donne pas la peine de faire de vraies recherches. Ils y vont avec ceux à qui ils ont déjà parlé pcq se sont des valeurs sures et ils savent d'avance ce qu'ils diront.

Toutes les personnes que je vous ai nommé sont très articulés, enjouées et tout et tout... leur seul problème??? Ce sont de "vrais" croyants! Sauf peut-être Stéphane Laporte et Denise Bombardier qui sont plus des catho culturels.

Ces personnes ne se cachent pas. Elles écrivent dans des revues, enseignent, ont des blogues, sont président d'associations, etc.

C'est définitivement une question d'exclusion et ça fait des années que ça dure.

Suzanne F. a dit...

Toutes ces personnes sont bien connues au Québec, chère Suzanne!

Pas sûre de ça...

Elles écrivent dans des revues, enseignent, ont des blogues, sont président d'associations, etc.

Oui, mais quelles controverses suscitent-elles dans les média, dans les cercles AUTRES que catholiques?

Honnêtement, je pense que vous leur accorder plus de reconnaissance qu'ils ont en vérité.