29 avril 2012

En matière d'avortement, nos choix devraient être basés sur les faits


Renart Léveillé:

La science peut expliquer le cours de la vie, sa genèse, son aspect biologique, mais ce n’est pas de cela qu’il est question dans le débat sur l’avortement (ou « interruption volontaire de grossesse », qui est plus explicite). Ramener le tout à cela, c’est carrément de la mauvaise foi, puisqu’il est surtout question de choix; et le choix est strictement humain, dans son sens qui transcende la biologie, justement.

Personne ne ramène pas à tout cela.

Le problème avec le débat sur l'avortement au Canada, surtout au Canada français, c'est que les gens connaissent mal la dynamique du débat.

Depuis plusieurs semaines on entend des politiciens dirent que l'examen de l'humanité du foetus est une tentative surnoise et malhonnête de relancer le débat sur l'avortement.

Sauf que aucun pro-vie fait semblant qu'on parle d'autre chose. Les gauchistes inventent des hommes de pailles.

Le cri d'alarme des pôvre-choix, c'est un moyen d'éviter la question: quand est-ce que la vie humaine débute?

Bien sûr que n'importe quelle question morale ne peut être réduite à une question de science. Personne ne dit autrement.

MAIS, les choix moraux, les choix politiques doivent se baser sur les faits scientifiques.

Mais les gauchistes s'en fichent complètement des faits scientifiques. C'est le résultat qui compte.

En ce moment, l'absence totale de loi sur l'avortement est basé sur un principe du Common Law qui s'appelle le born-alive rule.

Selon ce principe, le foetus n'existe pas légalement avant qu'il soit né. Donc, par exemple, si un foetus de neuf mois est tué par un accident, il n'existe pas légalement, et sa famille ne peut pas être compensée pour la perte de cet enfant.

Ce principe a évoulé dans un contexte historique où il était impossible de voir l'enfant à naître avant la naissance. Il n'y avait pas moyen de savoir si c'était véritablement l'accident qui l'a tué, ou une fausse couche naturelle. De toute façon, on n'était même pas certain du moment que la vie humaine commençait.

Mais, au vingtième siècle, l'invention de l'échographie a permis aux scientifiques pour la première fois de visionner le foetus (et même l'embryon) dans son état naturel. (Les rayons-x pouvaient reproduire l'image du foetus, mais c'était bien sûr très risqué.)

Cependant, la société n'a pas pris connaissance des faits sur le foetus avant la légalisation de l'avortement. Quand Trudeau a légalisé l'avortement, les hôpitaux commençaient à peine de se servir de l'échographie, et ce n'est pas avant les années 90s qu'elle est devenue courrante. Et même là, les femmes enceintes ne voyaient leurs enfants vers la vingtième semaine. Et je me rappelle dans les années quatre-vingt, on disait avec un grand sérieux que le foetus était un amas de cellules. Pourquoi? Parce que c'est à quoi il ressemblait après l'avortement. Personne qui voit un foetus peut dire que c'est un amas.

On entend cette proposition de moins en moins. Il est difficile de le soutenir avec crédibilité face aux images d'embryons et de foetus qui circulent sur internet. Le pôvre-choix est réduit à dire que l'embryo pré-implantoire, ou l'embryon avant le développement de la face et des bras (jusqu'à environ 5-6 semaines après la fertilisation) est un amas de cellules. Même là "amas" c'est généreux. Oui, les avortements ont lieu dans ce temps. Mais, il reste qu'il la grossesse se déroule pour 32 semaines après cela, et le foetus n'est certainement pas un "amas de cellules".

Il y a un an et demi, j'ai rencontré un des "grands-pères" du mouvement pro-vie, Dr. Jack Wilke. Il est octogénaire. En 1970, l'État du Michigan a subi un référendum sur la légalisation de l'avortement, et il a mené la bataille pour les pro-vie, et les pro-vie ont gagné cette campagne.

Il a fait ses études en médicine dans les années cinquante. Donc, il était de la même génération médicale que le Dr. Henry Morgentaler. Il m'a dit qu'à l'époque on n'enseignait rien concernant l'enfant à naître dans les écoles de médicine. Le public savaient rien concernant le foetus. Avant de se faire une idée sur l'avortement, il a fallu qu'il fait des recherches sur le foetus, et ce sont ses recherches qui l'ont convaincu qu'il fallait protéger l'enfant à naître.

Cependant, l'élite médicale opérait dans l'ignorance quasi-totale. Concernant le développement du foetus, Henry Morgentaler a dit en 1973 dans un article du Toronto Star:

"People who say that the heart starts beating 18 days after conception are crazy. At 10 weeks, the embryo still only weighs one ounce, so how could it have a fully formed heart?"

(Citation: Canadian abortionist Henry Morgentaler, quoted in Lynda Hurst. "Pro-Abortionist: Decision is Woman's, Abortion Doctor Says." The Toronto Star, November 29, 1973, page E1. )

Maintenant on sait que le coeur est fonctionnel à 10 semaines.


L'avortement a donc été légalisé sans tenir compte des faits sur le développement humain.

Certains diront que ça n'a pas d'importance, que même si le foetus est un être humain, l'avortement devrait rester légal.

C'est discutable. Mais, si on est pour faire des choix des société, on devrait les faire avec les faits, et non dans l'ignorance.

On parle ici d'humanité. Ce n'est pas anondin. On se pose la question: qui possède des droits et pour quelle raison?

Se limiter à parce qu'on le souhaite n'est pas très satisfaisant comme réponse. La reconnaissance de l'être humain devrait se faire sur une base logique, objective et selon des valeurs défendables.

Cette reconnaissance ne devrait pas être refusée parce qu'elle n'est pas convenable. Les droits humains ne sont pas basé sur la convenance mais sur la justice.

Mais le billet de Renart révèle une tendance qui doit être dénoncé: la volonté de contourner la question de la vie humaine pour obtenir une conséquence désirée. Comme si la question de l'humanité de l'enfant à naître n'avait aucun rapport dans l'évalutation morale et politique de l'avortement.

Les gauchistes veulent que l'avortement reste légal malgré toute considération légale. Si un être humain doit mourir dans le processus, bin tant pis! On a vu ce genre de raisonnement encore et encore: si l'être humain est un obstacle à nos aspirations politiques, on va l'éliminer. C'est le pouvoir qui compte, hors toute autre considération.

Et si ce n'est pas le pouvoir qui compte, si la responsabilité et le respect de l'individu qui compte, alors il faut examiner l'humanité de l'enfant à naître.

Je reviens demain pour commenter davantage sur ce billet.

1 commentaire:

Le Gentil Astineux a dit...

Si la mère de Renart Léveillé avait eu un Henry Morgantaler entre les jambes avant ou au moment de sa naissance, au lieu d'un médecin aidant la vie, il ne serait pas là aujourd'hui à "philosopher" à travers un nuage de boucane de taverne.

***
Je lisais hier sur un autre site une chose, qui échappe à la plupart des Renart de ce monde, qui parlait des oppresseurs, de l'oppression : -«Les esclavagistes sont nés libres tout comme les pro avortements sont vivants»

Une chose qui vous échappe c'est qu'au Canada, Trudeau a voulu combattre l'indépendance du Québec en détruisant la fibre morale et culturelle des Québécois: Féminisme, divorces, avortements, multiculturalisme.

Ni les conservateurs (la droite) de l'époque, ni ceux de Mulroney ni ceux d'aujourdhui d'Harper n'osent confronter les féministes de peur de perdre des appuis aux élections.