17 février 2012

Retour sur Ignace d'Antioche

Un héraut sur le net essaie de refuter mon argument qu'Ignace d'Antioche était catholique.

Et non calviniste.

Ignace d'Antioche adresse son épître à l'Église de Rome avec une salutation très élogieuse qui dit:

l’Eglise qui préside dans la région des Romains,

Le verbe "préside" est employé comme un métaphore. De la façon qu'Ignace écrit L'Église de Rome est un évêque qui préside sur une assemblée eucharistique des autres églises.

il se permit justement, dans les dix chapitres de cette même épître, de donner des directives à l’Église de Rome ! Il ne reconnaissait donc pas une autorité pétrinienne laissée à l’évêque de Rome…

Il ne donnait pas des "directives" à l'Église. Il suppliait à l'Église de Rome de lui permettre de mourir. Lorsqu'on lit cette lettre, on a l'impression que les lecteurs voulaient se faire un plan d'action pour lui sauver la vie. Mais il leur demande de ne rien faire pour qu'il puisse souffrir le martyre. Il n'y a rien d'autoritaire!

Le problème avec les arguments calvinistes, c'est que souvent ils ne sont pas exclusifs. Ce que j'entends pas ça, c'est qu'il ne pointe pas sur des faits qui excluent de toute doute la possibilité que tel Père d'Église était catholique, qu'il était, sans doute un calviniste.

Par exemple, on parle d'Ignace. Les "preuves" apportées pour démontrer qu'il n'était pas catholique et qu'il était, en fait, un un genre de crypto-calviniste n'excluent pas. Par exemple, on dit qu'il croyait en le sacerdoce universel.

Mais les catholiques ont une doctrine de sacerdoce universelle.

On amène comme argument que tous les fidèles sont des pierres. Mais il n'y a rien dans la doctrine catholique qui exclut l'utilisation de ce métaphor. Ça n'exclut non plus qu'on croit que les fidèles sont des pierres, mais que Pierre est une pierre fondatrice. (Hmmm... L'Apôtre Pierre est une pierre, c'est drôle come c'est évident comme argument pour la foi catholique. )

Qu'est-ce qui serait exclusif?

Un saint Père qui adoptait clairement les doctrines calvinistes (en anglais, la fameuse TULIP) et qui ensuite condamnait les doctrines distinctement catholique et extra-bibliques. Parce que les saints Pères de son époque les enseignaient et les pratiquaient.

Il n'en existait pas.

Il existait par exemple des saints Pères qui étaient très dévoués à la Bible. Mais c'est compatiable avec la foi catholique d'être dévoué à la Bible. On se sert d'eux comme exemples de proto-protestants. Sauf qu'aucun d'entre eux ont dit que la Bible seule était exclusivement la source de doctrine. La preuve c'est qu'eux-mêmes enseignaient des doctrines extra-bibliques, malgré leur dévouement à la Bible.

Il y avait des saints Pères qui préconisaient certainse croyances qui sont calvinistes mais qui sont compatibles avec la foi catholique. C'est normal. Comme par exemple on dit que St. Augustin ne croyait pas à la transubstantiation parce qu'il se servait de métaphors pour décrire l'Eucharistie. Mais l'un n'exclut pas l'autre.

Les saints Pères d'Églises étaient des gens qui avaient tous leurs doctrines et leurs pratiques distinctivement catholiques. Par exemple, on cite souvent St. Cyrille de Jérusalem comme étant un genre de précurseur du protestantisme. Sauf que mon bon St. Cyrille priait les saints.

Quand on regarde le portrait global de l'Église des premiers trois ou quatre siècles, on ne voit pas de calvinistes. On peut trouver des exemples de saints Pères très dévoués à la Bible, très pessimiste sur la nature de l'homme, très indépendant de Rome sans être rebel dans leur ministère, et ainsi de suite. Si on trouve un saint Père qui avait des tendances calvinistes-- on se réfère souvent à St. Augustin-- on peut facilement répérer chez lui des doctrines contraires aux calvinisme. Même si on permettait quelques petits écarts de pensées, aucun saint Père ne pourraient être qualifié de calviniste à l'image de Jean Calvin.

Cependant, tous les Pères d'Églises pratiquaient des doctrines catholiques.  Au dessus de 95% de ce qu'ils écrivaient étaient compatibles à la foi catholique. Un grand nombre de passages et de citations portaient sur des doctrines et des pratiques exclusivement catholiques. Le portrait d'une église primitive pure et libre d'enseignements non-bibliques n'existe tout simplement pas.

Si le calvinisme aurait existé au 2e, 3e, 4e siècle, les calvinistes auraient revolté contre la prière aux saints, la dévotion à la Sainte Vierge, la transubstantiation, les prières pour les morts, le baptême des enfants, la montée de la papauté,  etc. Mais, il n'y a pas eu de tollé. Parce que les calvinistes n'existaient pas à l'époque.






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