6 février 2012

Mépris pour la démocratie

Normalement je trouve que Joseph Facal a du bon sens, à part de son côté souverainiste.

Son dernier billet crache sur les RIP-- les référendums d’initiative populaire . L'essence même de la démocratie.

Pourquoi?

Quand le destin d’un peuple se joue, on ne met pas le contrôle des opérations entre les mains de pétitionnaires qui auront souvent plus d’enthousiasme que de jugement.

Je trouve cette opinion extrêmement élitiste.

Pourquoi est-ce qu'on paie pour l'éducation universelle et obligatoire, si le citoyen moyen n'est pas assez intelligent et mature pour voter?

Si le citoyen moyen est trop niaiseux pour participer à un vote sur une mesure précise, pourquoi est-ce qu'on devrait y faire confiance pour élire des gens à sa place?

On devrait mettre la démocratie en berne et permettre juste les plus intelligents à avoir un mot à dire sur le bon fonctionnement de la société.

Les élites aimeratient tellement ça, parce que c'est eux-autres qui définiraient les "intelligents".

L'étatisme déresponsabilise les gens. Ils ne s'occupent pas de la politique parce qu'ils ne sont pas obligés de s'en occuper. Les politiciens et les fonctionnaires prennent les décisions à leur place. La volonté du citoyen moyen est ignorée.

Beaucoup de gens ne votent pas, pis ça faire leur affaire, et ça fait l'affaire des décideurs.

Si on avait des référendums sur une panoplie de sujets, le citoyen moyen se sentirait plus engagé. Son vote compterait pour de vrai. La population doit vivre avec les conséquences de ce vote. Normalement, ces référendums  portent sur de sujets qu'un nombre important de gens tiennent à coeur. C'est comme ça qu'on responsabilise le peuple-- en leur permettant de décider eux-mêmes et de leur laisser vivre avec les conséquencs de leur choix.

En fait, la vérité c'est que quand la population est appelée à se prononcer sur des sujets chauds, elle a tendance de voter de façon plus conservatrice, en moyenne. On ne change pas pour changer, ni sans la garantie que son choix ne mènera pas à de plus grands problèmes. Quand les électeurs sont incertains, ils ont tendance à voter contre le changement.

C'est pour ça les étatistes détestent les référendums. Chèque-moi le discours de Facal:

Faire sécession est une des décisions les plus engageantes qu’un peuple peut prendre. Il faut donc qu’il ait une grande confiance dans ses leaders et que ceux-ci la justifient en étant à la hauteur de la tâche. Un leadership branlant ne suscitera jamais, au sein du peuple, la confiance, la volonté et l’opiniâtreté nécessaires pour quitter un pays et en fonder un autre.

Un vrai chef se met à la tête de ses troupes, montre la voie, donne le ton, comme Jacques Parizeau en 1994. Il n’attend pas que d’autres fassent le boulot à sa place.

Ce maudit messianisme québécois! Le peuple ne doit le faire, c'est à une élite de prendre les choses en main et la faire à la place du peuple.

Je comprends pourquoi les souverainsites ont perdu deux référendums. Ils pensent que le changement social se fait à travers d'un leader.

Ce n'est pas ça du tout qui mène au changement.

Il faut que le peuple change. Le leader ne fait qu'appliquer la volonté de ce peuple.

La volonté de faire l'indépédance n'était pas assez forte en 1980 et en 1995. Les beaux discours d'un bon leader ne changera pas les calculs des gens. S'ils ne sont pas certains, ils votent NON.

Pis c'est correct. Est-ce que les souverainistes veulent vraiment faire l'indépendance sans l'enthousiasme de la population?

Peut-être que oui, mais disons ça ne serait pas très démocratique de leur part.

1 commentaire:

Le Gentil Astineux a dit...

Moi aussi je trouve que Facal a du bon sens surtout pour son côté souverainiste.
La démocratie n'est-ce pas cela : proposer, débattre et agir ?