9 février 2012

La prohibition

Souvent, on dit que la prohibition ne marche pas. L'exemple classique c'est la prohibition de l'alcool aux États-Unis dans les années 30.

L'amendment constitutionnel contre le traffic d'alcool n'a pas réussi à empêcher la consommation.

On pointe du doigt cet exemple, comme si c'était une évidence que toute prohibition ne marcherait pas.

La réalité?

Si une masse critique de la population appuie la prohibition, et que le gouvernement est prêt à punir les fauteurs assez sévèrement, la prohibition va marcher.

Si 99% de la population veut interdire à 1% quoique ce soit, et ils sont prêts à envoyer les fauteurs en prison avec une peine suffisante, on peut interdire n'importe quoi.

La prohibition de l'alcool dans les années 30 n'a pas fonctionné parce que la volonté de punir la consommation d'alcool était faible. On ne peut pas faire de la prohibition lorsque seulement 60% ou 70% de la population est en faveur. Si les 30 ou 40% sont contre, leur résistance nécessiterait tellement de ressources que la prohibition ne semblerait pas justifiée. C'est beau de vouloir emprisonner des propriétaires de bar, mais on sait qu'il y a des crimes encore plus pressants. D'ailleurs, la mafia sous Al Capone et Cie on fait résistance à la prohibition. Ils étaient capables parce qu'il y avait une demande importante.

Alors, lorsqu'on propose de criminaliser ou réguler quoi que ce soit, comme on suggère maintenant pour le sucre (et dont la suggestion inspire ce billet) il faut se demander:

Est-ce qu'il y a une forte volonté pour ce genre de restriction?

Est-ce qu'il y a une forte volonté d'appliquer la règle?

Est-ce que les gens sont prêts à imposer des peines sévères pour les réfractaires?

Est-ce que la population va résister à ce règlement?

Si les conditions idéales n'existent pas, on ne devrait pas imposer de restriction.  Les gens ne la respecteront pas. Et si les gens consomment le sucre, par exemple, malgré la loi, on aurait dépenser beaucoup de ressources pour limiter la consommation, sans avoir l'effet désiré

Donc, on aurait sacrifié la liberté des individus pour rien.





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