28 janvier 2012

VIDÉO: J'ai décidé d'avorter

Je recommande fortement ce reportage suisse qui présente plusieurs femmes qui ont décidé d'avorter. Une avorteuse, des conseillières et quelques infirmières sont aussi interviewées.

L'émission dure une heure, mais elle en vaut la peine.

Ce que je remarque c'est comment l'avortement fragilise la santé mentale des femmes.

Et même les intervenants qui s'en occupent.

Elles ont de la misère à en parler.

Notez bien que les femmes ont avorté parce qu'elles sentaient que leur mari ne leur soutenaient pas, qu'elles manquaient tout ce qu'elles avaient besoin pour avoir un bébé.

Le témoignage de Danielle B. m'a beaucoup touchée parce qu'elle disait que lorsqu'elle s'est fait avortée, elle se sentait vide, comme si quelque chose en elle a péri.

Elle pensait que c'était un peu ridicule de penser comme ça, elle était un peu gênée de le dire.

Mais on trouve le même sentiment chez les femmes américaines qui ont regretté leur avortement. Peut-être on en parle moins en Europe, peut-être c'est pour ça que la fille trouvait ça bizarre.

J'ai noté aussi comment les femmes souriaient à travers leur entretien, même quand on voyait bien que le sujet leur causait de la peine Même l'avorteuse avait de la misère.

Le gynéco privé cependant, je le trouvais haïssable. Pour lui, si on criminalise l'avortement on crée des "enfants à problème". On voit l'esprit eugénique à l'oeuvre. Pas de question éthique ici. Pas de douleur ou de souffrance de la femme. Ce n'est pas compliqué. Il me fait penser à la première génération d'avorteurs américains-- pas de souci face à l'avortement. La nouvelle génération a tendance d'être un peu plus sensible.

Et voici une perspective qu'on a tendance à nier dans les millieux pro-vie et pôvre-choix: la femme qui n'a aucun regret et aucun problème face à l'avortement. Elle est entièrement sans complexe.

La femme qui choisit l'avortement sans trop se soucier de la signification de l'acte pose problème pour les pro-vie et les pôvre-choix. Les pôvre-choix "mous" doivent vendre l'avortement aux gens qui ne sont pas tout à fait d'accord avec l'acte lui-même, et la peine face à une grossesse non-désirée fait en sorte que l'avortement est justifié-- comme c'est difficile de le choisir et de le subir, et que bien des femmes le subissent à contrecoeur, ça veut dire que les femmes ont pesé les choix, et l'énormité de leur situation fait en sorte que c'est justifié. Donc l'avortement devient valide dans ce cas-là.

Les femmes qui ne pèsent pas leur choix donnent l'impression d'être sans coeur et donc sans souci face aux questions morales soulevées. Donc elles paraissent égoïstes et irresponsables. Elles ne prennent pas en compte le sérieux du geste. Et on voit dans le vidéo que l'artiste semblait bien égoïste. Elle ne voulait pas faire place à un enfant. Ce n'était pas dit dans le vidéo, mais c'est clair qu'elle voulait se concentrer sur sa carrière et qu'un enfant allait être un fardeau. Ça avait l'air sans-coeur.

Mais pour les pro-vie, ce genre de femme est problématique à cause de l'idée que l'avortement traumatise des femmes. On se sert de cette idée pour dissuader les femmes pour choisir l'avortement. Et bien sûr, les femmes dans ce documentaire n'était pas tout à fait à l'aise avec leur décision. Alors il y a un fondement. Cependant, bien des femmes passent chez la clinique d'avortement et ne se sentent pas traumatisées pour autant.

Je crois que les femmes peuvent sentir différentes choses à différentes époques de leur vie. Une femme peut se sentir à l'aise avec sa décision dans sa jeunesse et venir à le regretter dans sa vieillesse. Ou encore, elle peut avoir des remords au début, mais se sentir en paix à un moment donné.

On ne peut pas toujours prédire ce qu'une femme va ressentir face à l'avortement. Mais, c'est bien de rappeler aux gens que l'avortement n'est pas un geste anodin. Ça tue un être humain. La femme est crée pour soutenir la vie. La détruire, c'est porter atteinte à sa feminité.

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