12 janvier 2012

Concernant l'Abbé Gravel et ses propos sur les victimes d'abus sexuels

Mes réactions face aux propos de l'Abbé Gravel et le cathosphère concernant les ententes pour compenser les victimes d'abus sexuels sont mitigés.

Je suis très contente que l'Abbé Gravel a soulevé la possibilité que les victimes soient des profiteurs. Aux États-Unis, les cathosphère a signalé des cas de prêtres faussement accusés pour abus sexuels. Dans le cas des écoles résidentiels aborigènes, on dit que ceux qui reclamaient une compensation sous l'entente entre le gouvernement et les églises n'avait pas à prouver que des abus ont eu lieu. On sait que même ceux qui ont été la proie des prêtres poursuivent l'Église non pas pour avoir une compensation, mais pour démolir l'Église.

Au Québec, la possibilité que des gens en profitent de ce scandal n'est quasiment jamais soulevée.

On parle comme si reclamer de l'argent pour une aggression sexuelle était quelque chose de malsain. Poursuivre la "justice" dans cette affaire serait égoïste et vengeur.

Il se peut que des jeunes de quatorze, quinze, ou seize ans ont consenti à des attouchements ou ont profité d'une tentative d'attouchement pour faire du chantage, et que reclamer de l'argent dans leur cas serait une forme de prostitution.

Je suis d'accord que c'est croche de leur part.

Mais leurs mauvaises intentions n'enlèvent pas le fait que des fautes graves ont été commises. Et même s'ils ne sont pas motivés par les meilleures des intentions, il faut que la justice soit faite.

Non, l'argent ne règle pas l'affaire. Ça ne rend pas la dignité. Cependant, la justice exige une punition pour des fautes. Remettre de l'argent est une forme de punition. Et c'est complètement légitime de la part des véritables victimes de reclamer cet argent.

On dit aussi que ce n'est pas acceptable que des Congrégations paient pour les fautes des individus. Dans le cas de la Congrégation de Sainte-Croix, je ne suis pas d'accord. Ils opéraient une école. Ils étaient en charge du personnel. S'ils étaient au courant des actes des leurs employés, ils avaient l'obligation de protéger les enfants.

Peut-être des jeunes ont consenti à des actes. Il reste que c'était des mineurs, et les adultes avaient la responsabilité de ne pas corrompre leurs moeurs.

Je sais qu'il y a beaucoup d'injustice envers l'Église dans ces histoires d'abus sexuels. Mais, au fond de cette histoire, la réalité est que des gens de "notre gang" ont abusé des enfants, et on a beau chiâlé, ils ont donné la corde aux ennemis de l'Église pour la pendre sur la place publique. C'est vrai que les gens n'ont pas raison de traiter tous les prêtres comme des pédophiles, ou de traiter l'Église comme un culte de viol, ou de remettre en question notre foi. Ce sont des amalgames. Mais en fin de compte, l'Église institutionnelle s'est plantée ben raide par son manque du sens du péché. Quand on a constaté que des p'tits gars et des p'tites se faisaient agressé,s le sens du péché de l'Église aurait dû contraindre les responsables d'éloigner les coupables des victimes et de tout ministère. Ce n'est pas une affaire purement légale ou de psychiâtrique. C'est une affaire morale. Peut-être on comprenait mal la pédophilie à l'époque, mais ça ne prend pas un génie pour comprendre qu'un gars qui cherchent à enculer des gamines a des sérieux problèmes. Déjà dans les années cinquante, le sens de la foi s'affaiblissait au Québec, et je crois qu'elle était assez superficielle en somme.

Il faut faire la part des choses et appréhender la situation dans toute sa compléxité et puis réaliser que les racines de ce scandal repose sur le clergé. Oui, les gauchistes et les ennemis de l'Église en profitent, et ce n'est pas juste, mais ce sont des catholiques qui ont semé les graines de ce scandal, pas les gauchistes.

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