22 décembre 2011

Pourquoi tant d’avortements? Le rôle de la contraception

(Je sais que ce billet est long mais je vous supplie de lire jusqu’à la fin parce qu’il contient des données et des arguments très importants surtout au mouvement pro-vie.)

On pourrait écrire un gros bouquin pour répondre à la question dans le titre.

Mais une des aspects les plus ignorés de la question est la confiance qu’on fait à la contraception pour résoudre le problème des grossesses non-désirées.

Problème? Mais la contraception prévient les grossesses.

La contraception ne prévient pas toutes les grossesses.

Mais la contraception prévient les chances de tomber enceinte.

Il y a une distinction importante et subtile entre les deux.

La première phrase « la contraception prévient les grossesses » présume que la contraception est infaillible.

Elle a un taux d’échec. Peu importe la méthode, même les ligatures de trompes.

La deuxième proposition décrit objectivement l’œuvre de la contraception—elle réduit les chances de concevoir.

Pourquoi la différence est importante?

Parce que bien que des gens reconnaissent que la contraception peut échouer, ils ont tendance à la traiter comme infaillible.

Je vais vous donner un exemple.

L’autre jour pendant que j’écoutais la télévision au club d’entraînement, j’ai découvert le programme « I Didn’t Know I was Pregnant! » Il s’agit de femmes qui racontent comment elles ont passé neuf moins enceintes sans en être conscientes jusqu’à l’accouchement.

À plusieurs reprises, chacune à leur tour, racontent au médecin qu’elles croyaient que c’était impossible qu’elles tombent enceinte parce qu’elles utilisaient la contraception.

Dans notre culture, on agit comme si c’était impossible de tomber enceinte avec de la contraception. On traite un taux de succès de 99% comme un taux de succès de 100%.

Mais en quoi s’agit ce fameux taux de succès de 99% de la Pilule?

Il veut dire que sur 100 femmes qui prennent la Pilule conformément aux instructions and sans faille, une d’entre elles va tomber enceinte sur une période d’un an.

Sur des millions d’utilisatrices de la Pilule, des dizaines de milliers de femmes, même celles qui l’ont pris religieusement, vont tomber enceinte dans une année.

Mais quand les gens entendent qu’il y a seulement un pour cent de chance qu’un phénomène leur arrive, ils pensent toujours que ça ne leur arrivera jamais. C’est la nature humaine.

Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des utilisatrices de la Pilule auront raison. Sur une période d’un an.

Alors ça renforce la perception de l’infaillibilité de la Pilule. Du moins en théorie.

Et notez bien que j’ai présumé que toutes les femmes prenaient la Pilule correctement, ce qui est loin d’en être le cas. Le véritable taux d’échec de la Pilule est au moins trois pour cent. Donc les chances de devenir enceinte est en fait un sur trente-trois.

Comme si ce n’était pas assez raison de douter de l’infaillibilité de la Pilule, on oublie que le risque de grossesse cumule avec chaque année d’utilisation. Alors, après dix ou vingt ans d’emploi on peut facilement tomber enceinte même si le taux de succès est de 99%! Si en un an les chances de tomber enceinte est de 1 sur 33, alors imagine sur une période de 10 ou 20 ans. Je ne suis pas forte en mathématiques, mais on peut facilement déterminer que les chances sont beaucoup plus importantes.

Alors, si des millions de femmes se fient à la Pilule (et d’autres moyens de contraception encore MOINS fiables) pour ne pas tomber enceinte, combien d’entre elles vont subir un « échec »?

Facilement dix ou vingt pour cent si ce n’est pas plus. Sans parler de femmes qui n’ont pas utilisé de moyen de contraception.

Alors on a des centaines de milliers de femmes qui subissent des grossesses non-désirées malgré l’effort de l’éviter.

Qu’est-ce que vous pensez ces femmes-là vont réagir face à leur grossesse surprise?

Prenons du recul. Si les femmes utilisent la contraception, c’est parce qu’un grand nombre d’entre elles ne veulent pas devenir enceinte à tout prix. Elles ont des raisons très sérieuses pour éviter la grossesse : éducation, carrière, finances, famille nombreuse, maladie, enfants handicapés, etc. On peut multiplier les causes.

Elles pensaient être « responsables » et elles pensaient que c’était « impossible » qu’elles tombent enceinte.

Alors, une grossesse pour elles, c’est une « catastrophe ».

Compte tenu de la perception catastrophique de cette grossesse, c’est quoi la prochaine étape logique?

Une visite chez la clinique d’avortement.

Est-ce que les choses seraient pires sans la contraception?

Voici le problème.

Lorsqu’on a introduit la contraception au milieu du vingtième siècle, c’était supposée être LA solution aux grossesses non-désirées.

Mais elle n’est pas la solution. Elle ne fait que les multiplier.

Pourquoi? Premièrement, elle a introduit la notion qu’un enfant n’est plus l’effet principal des relations sexuelles. Donc, la volonté collective d’accueillir les enfants a changé. Il n’était plus obligatoire de composer avec cette réalité d'un nouveau bébé, donc la volonté des gens a changé en conséquence. Les grossesses n’étaient pas nécessairement moins nombreuses, mais par le fait qu’on n'en voulait moins d’enfants, un plus grand nombre de grossesses sont devenues non-désirées.

Deuxièmement, comme la contraception est perçue comme une protection qui éliminait le risque, les femmes ont eu plus de relations sexuelles et ont commencé plus jeunes. Des jeunes de 14 ans active sexuellement, il n’y en avait pas tant que ça en 1950. Mais en 2011 c’est normal. Parce qu’on perçoit que la contraception les protège de l’effet négatif principal de la grossesse.

Donc, avec le changement dans la volonté de gens et une augmentation de l’activité sexuelle, le nombre de grossesses non-désirées a cru. Ce n’est pas un hasard que l’avortement a été légalisé au Canada environ dix ans après l’introduction de la Pilule. Ça marche TOUJOURS comme ça—on légalise et répand la contraception partout, le nombre de grossesses non-désirée augmentent, on a recours à l’avortement clandestin pour compenser pour l’échec de la contraception et par la suite la demande pour l’avortement mène à sa légalisation.

C’est partout la même chose.

Donc, pour contrer l’avortement, il faut attaquer ses causes, entre autres: la mentalité contraceptive qui pousse les gens à se servir de la contraception.

Il faut commencer par conscientiser les gens que la contraception n’a pas l’effet désiré au plan collectif.

On peut aussi adresser les effets nocifs de la contraception sur le couple.

Dans le moment, personne n’ose remettre en question la nécessité et les effets positifs de la contraception.

Mais quand on leur présente les faits sur la contraception on peut inciter aux gens d’évaluer leur véritable risque de grossesse et de calculer si les relations sexuelles en valent vraiment la peine.

C’est sûr que tout seul ça ne mettra pas fin à l’avortement. Mais une population avertie sur la contraception et ses effets sera plus ouverte à considérer la fonction de l’avortement et sa véritable signification morale.










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