7 décembre 2011

Pourquoi les catholiques ne prennent pas leur religion au sérieux

Bon, on peut écrire un bouquin là-dessus, mais ce billet en anglais d'un ancien athée irlandais résume le problème de l'éducation religieuse dans ma génération:
The religious instruction we received was poor, apart from our first year, where an old and intensely loveable nun taught us about the mysteries of the rosary, the Fatima apparitions, the story of Maximillian Kolbe, and other solid fare. After that, religion class became, more or less, a succession of inspirational videos (mostly feature films like Shadowlands and Not Without My Daughter) and pop psychology. I don't really blame our religion teachers for this. My generation had become so hardened to religion, through the propaganda of television and pop culture, that catechesis had become almost impossible. Whatever doctrine the teachers did try to impart was met with taunting questions and smirking incredulity, for the most part.

Tradiction vite: pour mes amis unilingues: après une année d'éducation religieuse avec une soeur qui lui faisait un enseignement véritablement catholique, dans les années suivantes ses cours parlaient de psychologie "pop" et présentaient des vidéos à caractère "inspirationnel" lire: sans substance.

Le bonhomme ne blâme pas ses professeurs. Mais en fait, l'Église est en partie responsable. Bien sûr c'est difficile d'enseigner la foi dans une culture hostile qui dénigre le religieux et ne donne pas la chance à ses adhérents à expliquer sa position.

Cependant, c'est la job des professeurs de pouvoir expliquer et défendre la foi et c'est la job de l'Église de s'assurer que ça se fait.

D'une certaine manière, les pays catholiques avaient la tâche dure. Étant donnée que tout le monde était catholique à un moment donné, on ne sentait pas la nécessité d'apprendre les bases intellectuelles de la foi catholique. Pourquoi l'apprendre lorsqu'il n'y avait pas de converts potentiels? On était tous catholiques, et l'ignorant est aussi catholique que l'érudit. Alors, ça semblait être peine perdue.

Tandis que dans les pays anglo-saxons, il faut défendre la foi face à plusieurs groupes, laïcs et religieux. Les catholiques anglophones ont dû se justifier aux Évangéliques américains et aux Anglicans en Angleterre et ailleurs dans le Commonwealth.

Alors, les anglais sont moins étrangers à l'apologétique, je pense, même si la francophonie est plus catholique.

À un certain moment, les catholiques professionnels, incluant le clergé, ont commencé à accentuer l'aspect émotif de la foi au dépend de l'aspect intellectuel. On a subjectivisé la foi à un point tel que les catholiques n'affirment plus sont caractère objectif. Demande à la classe des catholiques universitaires au Québec si Jésus a réellement et historiquement resuscité des morts. Une pétite minorité vont dire "oui" sans hésistation. Une certaine partie vont dire non. Et une grosses partie vont tellement nuancer que ça resemble quasiment à de l'agnosticisme. On est tellement sceptique de notre capacité à raisonner et on se fie tellement peu à nos sens et aux témoignages historiques que les gens qui sont supposés être les plus instruits dans notre foi sont ceux qui en savent le moins (du moins il y a très peu de choses dont ils sont sûrs). Les théologiens, les écrivains, les liturgistes, les animateurs pastoraux, et ainsi de suite n'ont pas la foi dans le sens véritablement catholique du terme. Ils n'ont pas de certitude objective. Ils ont juste des "thèses" et des pensées qui sont supposées induire des sentiments positifs.

Dans ce contexte, la masse des profs qui enseignaient la religion étaient laisser à eux-mêmes. Comme l'Église ne misait plus sur des connaissances sûres et objectives,les profs se sentaient libres d'inventer leur propre cours, souvent à la hâte, souvent enseignant un sujet qui n'était pas leur spécialité. Je me rappelle que mes profs ont essayé de faire de leur mieux à cette époque, mais c'était vraiment minable comme enseignement religieux. C'est un peu normal que les gens de ma génération trouve la religion impertinente. Des sentiments comme "le pardon ça guérit" tu peux trouver ça sur Oprah. Les gens ont besoin de mieux que ça.

Les gens de ma génération n'ont strictement rien appris au sujet de la foi catholique. Et c'est la faute de l'Église. Oui, c'est de votre faute. Parce que vous avez privé les jeunes de le Vérité et vous leur avez donné des pauvres substituts: la psychologie pop et le sentimentalisme. C'est normal que les jeunes ont trouvé ça con. Moi je trouvais ça con pis j'étais croyante. 

La Nouvelle Évangélisation est supposée apporter un correctif à ce profond état d'ignorance. Mais j'ai peur que le clergé n'a rien compris. On répand la phrase "Nouvelle Évangélisation" sans vraiment expliquer sa signification, et donc les gens l'interprètent à leur façon. Souvent j'ai l'impression que ce manque d'explication est délibéré. La Nouvelle Évangélisation contredit la façon de faire des décennies précèdantes et ce n'est pas la classe professionnelle catholique en place qui va l'appliquer. La Nouvelle Évangélisation est basée sur un enseignement de la foi objectif.

Ce courant de Nouvelle Évangélisation a été lancé par des laïcs catholiques dans les années 90 avec l'arrivée de l'Internet. C'était un phénomène surtout américain. Ils ont commencé à refuter toutes les faussetés qu'on racontait sur la foi catholique et la nature ouverte de l'Internet leur ont permis de faire entendre pour la première fois depuis des décennies. Le mouvement, si on puisse le caractériser comme tel, se basait sur une argumentation objective basée sur philosophie objective pour avancer ses idées. Alors, des gens qui n'ont jamais entendu la justification pour l'existence de la papauté, les évêques, les sacraments, parmi tant d'autres sujets ont finalement reçu les informations qu'ils n'ont pas eu à travers de leur éducation religieuse formelle. C'est ça la Nouvelle Évangélisation. Mais je crains qu'on n'a pas expliqué cette idée aux gens. J'ai l'impression que ce slogan servira comme une bannière pour continuer à parler de la foi comme avant et de ne rien changer.

Je suis un peu déçu du fait que je ne vois pas beaucoup de québécois dans cette Nouvelle Évangélisation. Compte de l'éducation religieuse qu'on a reçu, c'est un peu normal.  Si l'Église ne commence pas à prendre ses doctrines et sa Tradition au sérieux et d'expliquer et de persuader la population de son bien fondé, on risque de voir la foi s'estomper complètement.

MISE À JOUR: Un évêque de Michigan vient  de repéter ce que j'ai dit.


1 commentaire:

Daniel Arseno a dit...

Dans le passé, la qualité de la catéchèse a diminué proportionnellement à l'influence grandissante du modernisme dans l'Église. À force de remettre en question les dogmes du catholicisme, le clergé n'a plus eu envie de les enseigner. Voilà "l'esprit" de Vatican II. Aujourd'hui, pratiquement tous les 30 ans et moins n'ont jamais été catéchisés correctement. On nous montrait quelques histoires bibliques (en prenant soin de préciser qu'elles ne sont que des légendes et non la vérité) et quelques chansons. On prenait la première communion et on se faisait confirmer sans savoir ce qu'on faisait. Pour ceux qui se marient (une minorité), le mariage n'a rien de différent qu'une union civile à part la belle cérémonie religieuse. Nous vivons à une époque de véritable noirceur. D'après moi, le grand responsable est l'Église qui n'a pas été fidèle. Il faut maintenant revenir au catholicisme traditionnel.