1 décembre 2011

Pensées sur l'histoire de Marjorie Raymond


L’histoire de Marjorie Raymond ne peut que susciter de vives émotions.

Mais je trouve que les médias et les personnes impliquées pensent en clichés.

On blâme l’école. On blâme « le système » -- comme la mère a fait. On blâme les intimidants.

Mais j’ai l’impression de ne pas avoir l’histoire au complet.

Par exemple, est-ce que Marjorie Raymond souffrait des problèmes psychologiques?

Vous m’allez  dire : c’est normal, elle se faisait écœurée!

Ce n’est pas toutes les victimes d’intimidation qui souffrent d’une dépression ou qui se suicident.

Je ne dis pas que l’intimidation n’a pas contribué mais… est-ce qu’elle était mûre d’avance? Est-ce qu’elle avait d’autres problèmes qui  lui pesaient sur le cœur?

Quelle était la nature des gestes posées envers elle? C’était quoi la nature de l’intimidation?

Et en tant que mère, moi si ma fille se fait écœurer  et qu’elle souffre d’une dépression et que rien ne se résout …. J’aurais tendance à ne pas envoyer ma fille à cette école. Bien oui, elle a droit à une éducation, et si on retire nos enfants, les intimidants gagnent, mais moi je m’en fous ultimement de ce jeu, je veux que ma fille soit bien dans sa peau, et si des gens l’abusent, je vais la retirer de cet environnement.

Cependant, la mère de Marjorie a reçu des menaces de la DPJ comme quoi ils allaient intervenir s’il Marjorie n’allait plus à l’école. Marjorie s’absentait de ses cours pour éviter de se faire harceler. C’est quand même assez cruel. On sait qu’une fois que la DPJ intervient, c’est le cauchemar. On n’en finit plus. On est scruté à la loupe. Alors, la mère se sentait obligée d’envoyer sa fille à l’école. La DPJ s’en foutait  des raisons derrière son absence. Ironique de la part du Département de Protection de la Jeunesse.


Et les intimidants… qui sont-ils? Comment veut-on que les jeunes apprennent la responsabilité s’ils ne sont jamais tenus responsables de leurs gestes? Pourquoi est-ce qu’on ne les nomme pas? Comment donner l’exemple aux autres s’ils ne sont pas identifiés? J’imagine que les gens de l’école les connaissent. Mais cette affaire ne concerne pas juste l’école. Il y a des jeunes partout qui regardent cette histoire. Les intimidants dans les autres écoles voient que les coupables ne sont pas identifiés. Quel message envoyons-nous à eux?

C’est la même chose avec les jeunes contrevenants.  Des jeunes dangereux à la communauté ne sont jamais identifiés par souci de leur avenir. On ne se soucie pas de la sécurité des voisins dans le présent, cependant.

J’aimerais aussi soulever une autre raison pour l’intimidation : la structure de l’école elle-même.

Les jeunes vont toujours s’écœurer.   C’est un fait. Les jeunes vont toujours approuver le ridicule envers le rejet de la classe. Ils ne sont pas matures. Ils ne comprennent pas qu’ils doivent montrer un certain respect envers des gens qu’ils n’aiment pas. Ils sont en train de l’apprendre. Donc, les élèves vont tapper sur le rejet de l’école.  Des grosses usines à éducation, des classes à 20 ou 30 contribuent à ce phénomène. Un gars qui veut être cool va rire du petit nerd et il a un public à sa portée pour hausser sa cote de popularité. Je ne dis pas que la polyvalente est mauvaise pour tout le monde, mais évidemment ça ne convient pas à tous.

Si on avait plus de liberté en éducation, si l’État n’empêchait pas les parents de faire leur job d’éducateur, peut-être Marjorie serait en vie. Si le seul choix en éducation n’était pas la grosse polyvalente de la région; si les parents n’étaient pas intimidés par la DPJ pour prendre les choses en main selon leur circonstances au lieu d’être forcés à respecter des lois qui ne conviennent pas à leur situation, peut-être Marjorie serait en vie. Bon, on ne saurait jamais, mais au moins ça aurait donné plus de pouvoirs aux parents de régler leur situation sans invoquer l’état ou la bureaucratie. C’est comme il fallait quasiment demander la permission à l’État pour protéger son enfant. J’écoute sur RDI un expert en éducation qui dit que le parent devrait avoir recours au « Protecteur de l’Élève » dans des cas d’intimidation. Ça me fait rire. Qu’est-ce qu’il va faire si l’intimidation n’est pas documentée, si ça se fait en cachette, ou avec la complicité des autres élèves? Pourquoi est-ce qu’on doit demander à un fonctionnaire la permission de protéger son enfant de l’abus?
Je prédis qu’on va utiliser cette histoire pour insister que le gouvernement donne plus d’argent à des programmes visant à éliminer l’intimidation, et ces programmes vont échouer, parce qu’ils essaient de changer l’inchangeable : la nature humaine. On ne peut pas s’attendre à ce que les gens soient plus moraux qu’ils le sont. Si des jeunes écœurent d’autres jeunes au point que leurs victimes se suicident, c’est parce qu’ils ne comprennent pas comment vivre dans la société et si leurs parents et leurs enseignants ne leur ont pas appris l’erreur de leurs gestes, ce n’est pas un programme bidon qui vont leur faire mieux comprendre.









2 commentaires:

Lawrence a dit...

J'aime beaucoup votre analyse, c'est vrai qu'on manque une foule d'information, c'est peut être à cause qu'on cherche avant tout de faire du sensationnalisme.

Mais dans un mois on entendra plus parler du suicide de l'adolescente tout comme on entendra probablement plus parler d'intimidation dans nos médias à part, s'il arrive un autre drame.

Conservateur québécois a dit...

excellent commentaire !