15 décembre 2011

Concernant la campagne contre l'intimidation

Un billet du Québécois Libre, concernant l'intimidation:

Au sujet du premier commentaire, c'est souvent la même chose ici: chaque problème est élevé au rang de problème « national ». Rien n'est jamais assez simple pour que « le monde ordinaire », ceux qui sont directement touchés par la problématique, s'en occupent. Pourtant, l'intimidation n'est pas un phénomène nouveau. Au risque de passer pour le mononcle fatiguant, dans mon temps, il y en avait de l'intimidation! Et la plupart d'entre nous avons été intimidés.

Comme je l'ai déjà écris dans les pages du QL, j'avais tout de la victime: j'étais petit et gros ‒ le genre qu'on adore bousculer dans les cases. Et on me bousculait dans les cases! Mais j'ai survécu. Comme la presque totalité des jeunes qui sont victimes d'intimidation survivent. Besoin d'une politique « nationale »?!

En fait, on part en guerre contre l'intimidation pour faire accepter l'homosexualité, parce que c'est le camp homosexuel qui a lancé cette initiative il y a quelques années. On veut arrêter l'intimidation envers les jeunes homosexuels, et en même temps censurer l'opposition aux actes homosexuels. Le gouvernement McGuinty est en train d'imposer une telle stratégie dans les écoles catholiques de l'Ontario. Les écoles catholiques seront obligées d'appuyer des groupes de gais et d'hétéros qui veulent promouvoir la "compréhension" des "autres" orientation sexuelles. Bon on sait ben que ça veut dire qu'on veut arrêter les catholiques de dire que les actes homosexuels sont des péchés.

Mais, comme on est allergique au conservatisme social au Québec, on ne veut pas examiner trop de prêt cette thèse parce qu'on a peur de se faire traiter d'homophobe.

Au sujet du manque de fonds, Richard Martineau a été l'un des rares à ramener un peu de rationalité dans tout ce cirque. Dans une chronique, il écrivait: « Comment ça, plus d'argent? Tu prends le p'tit cri** qui fait régner la terreur dans la cour d'école, tu le fais venir dans ton bureau et tu lui dis: "Si tu recommences, il va y avoir des conséquences graves!" Ça ne prend pas plus d'argent, ça. Ça prend du courage et de l'autorité, deux traits de caractère qui ne coûtent pas une maudite cenne. »

Lorsque j'étais adolescente, l'intimidation, ça s'appelait (entre autres choses) "se faire agacer". Le problème c'est qu'on n'est pas pour punir un élève à chaque fois qu'il agace un pair.

Je me faisais agacée souvent à l'école par différentes personnes et dans plusieurs endroits. Je me faisais agacée dans les corridors, dans la caféteria, dans l'autobus et ainsi de suite. Les professeurs ne voient pas toute l'affaire. Le prof lui il voit un gars qui lance une "blague" vers une fille. Il ne voit pas que cette même personne m'a "agacée" à la première période jusqu'à sixième et après l'école.

Le prof ne réalise pas nécessairement qu'il y a un problème. Je suis d'accord qu'on devrait imposer un code de conduite. Le problème c'est que les élèves et même la cible semblent être correcte avec les comportements (parce qu'il ne faut pas montrer son mécontentement) alors le prof lui il pense la blague platte ça ne fait rien. Lui il ne voit pas insulte après insulte parce qu'il enseigne la classe seulement quelques périodes par semaine.

Moi je n'ai presque jamais rien dit parce que j'avais peur qu'en dénonçant les responsables, ça me rendrait la vie plus dure. J'avais peur que la gang autour des coupables me tourmenteraient plus en sachant que ça me dérangeait autant. Les punitions, ça ne leur faisaient rien, même ça haussait leur cote de popularité. C'est cool d'être rebel.

Moi ce qui m'a aidé c'est ma foi. Je me disais: si Jésus se faisait haïr, c'est normal que moi, qui n'est pas à la hauteur de Dieu, se fasse haïr aussi. Alors, l'exemple de Jésus me donnait la force. Je savais qu'en étant capable de subir des insultes que je raffermais mon caractère. Et me voilà aujourd'hui, je suis capable de tolérer très bien les insultes des autres. Maintenant, j'ai le courage de dire ce que les autres n'ont même pas le courage de penser, même si je me fais traiter de tous les noms.

Peut-être j'aurais bénéficié d'ue "aide sociale"-- des trucs pour ne pas être ciblée (on oublie souvent cette partie de l'équation). J'avais la réputation d'être un nerd, et c'était bien méritée. On n'est pas tous à l'aise socialement. On n'est pas toujours conscient de la portée de nos gestes, surtout en adolescence. Sans excuser les gestes de mes bullies, je vois pourquoi j'étais ciblée, et la nature humaine, étant ce qu'elle est, j'aurais pu m'aider à ne me pas faire écoeurer si j'aurais su comment faire.

Tout cela, ce sont des choses pour combattre l'intimidation qui ne nécessite pas un programme gouvernemental. Un gouvernement ne peut pas t'enseigner comment résister aux attaques et comment s'entendre avec les autres.

Mais:
Pourquoi faut-il toujours que les solutions viennent du gouvernement? Parce nous sommes rendus complètement dépendants de l'État. Nous ne savons plus rien faire de nous-mêmes. Toutes ces années de programmes sociaux et de services publics auront eu raison de notre sens de l'initiative.

On n'est non seulement dépendant, on est paresseux. Ça prend beaucoup plus d'effort de faire face à un problème soi-même que d'engager des fonctionnaires à le faire. On pense que le gouvernement c'est plus fiable parce que c'est dans nos intérêts personnels de penser ça. Ça nous enlève la responsabilité de faire quelque chose.


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