17 novembre 2011

Légaliser l'euthanasie, c'est donner la permission de tuer

Richard Martineau:

Et puis, c’est bien beau, le « droit » et la « liberté », mais les gens qui veulent en finir avec la vie ne prennent pas cette décision dans l’abstrait. Ils vivent dans un contexte particulier.

S’ils veulent mourir, c’est peut-être parce que rien ne les retient à la vie, qu’ils sont seuls, qu’ils n’ont pas accès à de bons traitements.

Avant d’ouvrir la porte au suicide assisté, pourrait-on, s’il vous plaît, améliorer les soins apportés aux personnes gravement malades ?

Je sais, ça coûte plus cher qu’un verre de Kool-Aid pimenté au penthiobarbital de sodium, mais ça peut avoir des résultats autrement plus intéressants.



MON INQUIÉTUDE

C’est ce qui m’inquiète, dans tout ce débat.

La possibilité bien réelle et pas du tout farfelue qu’on commence à soutenir le suicide assisté pour des motifs humanitaires, mais qu’on finisse par le faire pour des motifs économiques.

Si on veut voir à quoi va mener l'euthanasie, regarde le débat sur l'avortement.

À l'origine, l'avortement était accepté uniquement pour des cas d'exceptions. Au Canada, on croit que l'avortement était décriminalisé en 1968. En fait, le cas du Dr. Alec Bourne a légalisé l'avortement. En 1938, le Dr. Bourne a été acquitté par une cour britannique pour avoir commis un avortement sur une jeune fille qui était victime de viol. Cette décision a donné la justification légale nécessaire pour les médecins de faire des avortements, au moins sur les cas "d'exception". L'avortement se pratiquait dans les hôpitaux bien avant 1968. C'était un secret de polichinelle. Tout comme l'euthanasie se pratique dans nos hôpitaux sans qu'on en parle.

Ensuite on a décriminalisé l'avortement en 1968, sous "certaines circonstances".

Et puis après, il a été complètement légalisé en 1988. Il n'y a aucune restriction au Canada. L'avortement se pratique selon la volonté des médecins prêts à les commettre.

Quand l'avortement se pratiquait dans les hôpitaux dans les années 1960, les féministes se demandaient pourquoi elles ne devraient y avoir accès selon leur volonté. Il n'était pas question de protéger la vie humaine dans les cas d'exception, alors pourquoi est-ce que les femmes ne devraient pas y avoir accès?

Le moment qu'on légalise l'euthanasie, on va soulèver la même question: si ce n'est pas une question de protéger la vie humaine dans les cas d'exception, pourquoi est-ce qu'une personne lucide n'aurait pas le droit à ce service?

Et si on donne le droit de tuer à une personne lucide, pourquoi est-ce qu'on ne donnerait pas le droit à un tiers personne d'autoriser l'euthanasie d'un déficient mental?

Ça n'arrêtera pas.  Sans l'interdiction de tuer, personne n'est à l'abris. On vieillit tous; plusieurs souffrent de défcience mentale en fin de vie. On va vivre selon la loi du plus fort.

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