12 avril 2011

Le Devoir: encore de la désinformation sur l'Église catholique

Le problème avec les journalistes du Devoir, et les journalistes en général, c'est qu'ils ne prennent pas le peine de connaître la véritable opinion des gens qui ont des prises de position contraire à eux.

Prenons comme exemple, cette citation concernant le scandal entourant Développement et Paix:

Mais parmi les responsables des projets de D&P en Amérique latine, l'annulation a été vue comme un «affront» sans précédent. À vrai dire, un malaise mine depuis longtemps cette organisation. Des évêques, surtout du secteur anglophone, sont en désaccord avec sa mission.

Personne n'a jamais remis en question la mission de Développement et Paix, qui est d'aider les gens pauvres dans les pays en développement.

Le journaliste n'est même pas capable de citer un exemple. J'en connais pas un seul évêque qui veut voir la fin des projets de développement.

Un lobby pro-vie a beau jeu, dans ce contexte, de décrier les projets appuyés par D&P, notamment dans le domaine de la santé des femmes.

La question fondamentale est si on devrait donner de l'argent à des groupes qui prônent l'avortement et la contraception. Les projets n'ont jamais été remis en cause, parce que Développement et Paix était assez intelligent pour cacher leur appui pour l'avortement et la contraception en ne jamais donnant à des projets ouvertement prônant ceux-ci.

Ainsi, lors d'une visite en Bolivie, où ils ont rencontré plus de 200 membres de 21 centres de femmes — des femmes affectées par la pauvreté et la violence familiale, et souvent seules à élever leurs enfants — , des membres du Comité de solidarité de Trois-Rivières ont été choqués d'apprendre qu'elles ne pourraient plus recevoir d'aide financière de D& P à moins d'obtenir une lettre de recommandation d'un évêque bolivien.

Mais quel est le problème?

C'est une organisation catholique.

Financée par des catholiques.

Chapeautée par des évêques catholiques.

Si l'évêque de la place n'appuie pas le "groupe de femmes" local, c'est probablement parce que ce groupe prônent des idées contraires à l'enseignement de l'Église.

Si tu veux avancer des idées contraires à l'Église, n'utiliser pas des groupes catholiques pour le faire.

Il me semble que c'est évident.

Pourtant, rapportent ces observateurs, nombre de prêtres, de congrégations religieuses et d'institutions qui collaborent avec ces femmes en ont toujours recommandé le travail, jugé «excellent et digne». «Serait-ce que seule une parole épiscopale est crédible auprès des évêques canadiens?»

Plus crédible que des gens qui ne sont pas tout à fait orthodoxes, en tout cas.

En Haïti, une maison des femmes de Port-au-Prince, Kay Fanm, soutenue par D&P, se fera supprimer l'aide qu'elle recevait depuis vingt ans. Son centre s'est effondré lors du séisme de 2010, Magalie Marcelin, la fondatrice, a été alors tuée, et la directrice, Yolette Jeanty, est aux prises avec l'augmentation des viols de fillettes (elle en abrite une trentaine sous une tente dans sa cour). À Trois-Rivières, cette suppression de fonds a scandalisé.

Le viol scandalise, mais tuer des êtres humains ne scandalise pas? Trouvez l'erreur!

Si tu veux recevoir l'argent catholique, arrête de faire des choses contraires à la foi catholique. On dirait qu'ils prennent l'argent des catholiques pour acquis.

Un des membres du comité, Claude Lacaille, un «prêtre des missions étrangères», constate que «les femmes croyantes sont heurtées de voir que les autorités de l'Église ne respectent pas leur dignité en faisant peser sur elles de telles rumeurs et en ne leur faisant pas confiance».

C'est le boutte du boutte-- un prêtre qui parle "au nom des femmes" comme si toutes les femmes pensaient de la même façon.

On ne fait pas confiance aux gens-- hommes ou femmes-- de tuer des êtres humains. C'est clair?

Jugeant «insupportable et scandaleux» un mouvement comme LifeSiteNews, Claude Lacaille, un ancien des favelas d'Amérique du Sud, a récemment invité les évêques du Québec à «élever le ton» à la Conférence des évêques du Canada.

Contre quoi, au juste? L'enseignement catholique?

Intéressant que le bonhomme croit que les évêques sont de son bord. Il doit savoir des choses qu'on ne sait pas.

À y prendre la défense de D&P. Et surtout, «la défense des personnes qui ont opté pour les plus petits».

Comme si les foetus n'étaient pas les plus pétits!

À en juger par les confidences de quelques membres de l'épiscopat, la tâche ne sera pas facile.

Des sources non nommées encore. Il faut croire le journaliste sur parole.

D'aucuns, en effet, ont sondé leurs collègues évêques, pour constater, non sans regret et découragement, que parfois les positions à la CECC sont non seulement «radicales», mais «bien arrêtées», voire «incrustées» à propos de Développement et Paix. Des déclarations publiques, peut-on croire, durciraient les choses au risque de diviser les évêques encore plus.

Que les évêques assument leur opinions. Qu'on ait de la transparence au sein de l'Église pour une fois!

Chèque la note biographique de l'auteur:

Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l'Université de Montréal.

Ça explique tout.

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