16 avril 2011

L'autocensure menace la liberté

Un journaliste de Laval en France, parle des sujets qui mènent à l'autocensure:

Aujourd'hui, dans cette multitude de mondes plus ou moins en guerre les uns avec les autres (Muray), la liberté d'expression s'est beaucoup rétrécie pour quiconque envisage de traiter certains sujets avec son stylo ou son ordinateur. En effet, des "grandes consciences" soutenues et relayées par les grands media peuvent, à tout moment, vous jeter au visage certaines accusations dont on ne se relève pas...

Les deux plus "meurtrières" sont celles de "raciste" et d'"antisémite"... Et n'importe quel journaliste qui apprécie de s'exprimer librement les sent tourner autour de sa copie chaque fois qu'il doit évoquer des sujets historiques comme la Seconde Guerre mondiale, les années 30, Vichy, Pie XII, Le Pen (...), la colonisation française, l'immigration africaine et/ou musulmane…

Il y a l’homophobie aussi, la petite troisième ; un concept assez mal défini mais qu’on sent instinctivement… Il y a aussi celle qui frappe tous ceux qui préconisent la défense de la vie, de l'embryon, de l'enfant à naître, ceux qui refusent d'envisager l'avortement comme la "meilleure" des solutions... Eh oui, si jamais vous refusez de vous extasier devant ce qu'on nomme l'Interruption Volontaire de Grossesse (tu parles d'une interruption !), hop, la quatrième insulte vient vous clouer le bec illico presto : "intégriste" ou "tradi", au choix !
Dans un billet plus récent, il écrit:

Ces dernières années, le métier de journaliste municipal est devenu de plus en plus délicat à pratiquer car on peut de moins en moins s’exprimer librement sur quantité de sujets. Disons qu’il faut faire attention à ce qu’on dit, à ce qu’on veut dire, à ce qu’on ne veut surtout pas dire, à ce que les autres pourraient croire qu’on a dit… Résultat : il faut s’autocensurer en permanence sur des sujets qu’on pouvait naguère traiter tranquillement…




Dans Moderne contre Moderne, Philippe Muray (encore et toujours lui !) fait le constat suivant :



« Balzac et d’autres écrivaient à propos des femmes, des hommes, des commerçants, des prostituées, des financiers, des homosexuels, des pratiquants de telle ou telle religion, et de tous les maniaques qui peuplent la société. Ils se permettaient de trancher sans crainte de voir se rebiffer les sujets dont ils traitaient. C’est qu’il existait un monde commun, et non une multitude de mondes plus ou moins en guerre les uns avec les autres, convaincus d’être seuls à détenir la vérité sur eux-mêmes et bien décidés à faire respecter ce monopole. »




Eh oui, il existait un monde commun, qui a disparu sous mes yeux à la fin des années 90... Et cette disparition n'est pas sans poser de graves problèmes aux journalistes attachés à la liberté d'expression...


Alors que faire?
 
Je ne suis pas une pour dire d'écrire des choses outrancières juste pour le fait de choquer.
 
Mais, je sais que plusieurs d'entre vous ont des idées choquantes.
 
J'en plein des idées choquantes.
 
Il ne faut pas avoir peur de dire ce qu'on pense.
 
Si on ne dit pas ce qu'on pense, on permet l'avance des forces liberticides.
 
La stigmatisation des opinions marginales a toujours existé et existera toujours. C'est la nature humaine.
 
Mais l'autocensure de nos jours ne s'opère pas sur un niveau marginal.
 
C'est omniprésent. La population au totale se tait sur un tas de sujets par peur de développer une mauvaise réputation.
 
La gauche a réussit très bien à marginaliser les racistes, les anti-sémites et les suprémacistes blancs; et elle subir les droitistes-- surtout les conservateurs sociaux-- au même traitement pour mieux miner l'opposition et permettre l'avancée de leurs idées sans résistance.
 
Donc, on traite les droitistes de sexistes, homophobes, misogynes, islamophobes, fachos et j'en passe.
 
Ça marche très bien dans une certaine mesure.
 
Cependant, si les droitistes ne ripostent pas, les gauchistes vont réussir.
 
Bien des gens ne dissent pas leur véritable opinion par peur de se faire dénoncer. Bien des gens n'osent pas s'opposer aux valeurs québécoises pour ne pas passer pour un crackpot à part.
 
Tu sais comment les québécois ont tellement peur d'être à part de la gang.
 
La pire chose en politique, c'est d'être seul. Le seul pro-vie dans la salle; le seul chrétien; le seul libertarien. Tout seul. Dans son coin. Pas d'amis.
 
Parce qu'être tout seul, selon certaines mentalités, c'est le gage d'avoir tort, d'être un peu dérangé dans tête, de lire des choses et de dire des choses qui ne se disent pas.
 
Mais c'est comme ça que la gauche avance.
 
Je sais que pour bien des gens, s'exprimer ouvertement est un risque concret. On risque de perdre un emploi. On risque de perdre des amis. On risque de se faire isoler dans notre gang au travail ou à l'école. À la limite, on risque de se faire dénoncer à la Commission des droits de la personne.
 
Mais ça vaut quoi, pour toi, ta liberté? Croyez-vous vraiment que la liberté est gratuite? Qu'elle ne se gagne pas à chaque génération?
 
Si tu penses ça, tu ne connais rien à la liberté.
 
Si on n'exerce pas la liberté, on la perd. Même si on a toutes les bonnes raisons du monde de se taire, si on ne profite pas de notre liberté, quelqu'un va nous l'enlèver.
 
Il ne faut pas avoir peur de cette multitude de mondes, comme écrit ce journaliste. C'est en créant notre monde à nos qu'on avance nos idées. Laisse faire les autres. Laisse-les capoter. Ne t'en fait pas que les gens ne te comprendront pas-- la plupart ne veulent pas te comprendre, ils veulent te condamner. Parle à ceux qui veulent t'écouter.
 
Je dis ça parce que j'ai peur que trop de droitistes veulent plaire. Ce n'est pas en voulant plaire qu'on va gagner la liberté. Je sais que les élections sont importantes, mais si on veut une population moins étatiste, il faut arrêter de penser en étatiste. Il faut tout simplement dire ce qu'on a sur le coeur en espérant que ça rejoint du monde (et il y a des grosses chances que ça va toucher quelqu'un).
 
Qu'on arrête l'esprit de PR. Qu'on répand nos véritables opinions. Parce que si aujourd'hui on ne dit pas notre avis sur 10 sujets, demain il va y en avoir 100 qu'on n'osera pas traiter. C'est comme ça la rectitude politique.

2 commentaires:

Le Gentil Astineux a dit...

@Suzanne, pourquoi toujours et toujours résumer le monde entre gauche OU droite au lieu de gauche ET droite ?
Je ne connais personne qui est entièrement à gauche ou entièrement à droite mais j'en connais qui sont à la fois de gauche ET de droite.
Le monde n'est pas unipolaire.

Suzanne a dit...

La généralisation est nécessaire à la discussion. Sinon, on ne finira plus de faire des nuances.