3 février 2011

Quatrième billet (4 de 4) : Une anecdote pour illustrer une demande d’avortement tardif au Québec (30 semaines de gestation)

Pour ceux qui auraient tombé sur ce billet en utilisant un moteur de recherche, il est fortement recommandé de lire la note d’explication sur la série, le document commenté et le sommaire.

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Je termine par l’illustration d’une situation vécue au CSSS Jeanne-Mance l’été dernier. Pour les fins du message, je vous transmettrai que les informations pertinentes dans le cadre du thème de ma présentation.

Donc, une femme fin de trentaine est dirigée vers nos services afin qu’elle puisse avoir accès à une IVG de 2e trimestre très avancée. Elle est à plus de 30 semaines.

Elle a eu un suivi de grossesse dans les règles, la grossesse se déroule normalement et elle est désirée. C’est la 3e! Vers la 28e semaine, à son échographie de contrôle, on constate une malformation congénitale grave, qui ne pouvait être décelée plus rapidement. À partir de ce moment, elle fera face à plusieurs comités éthiques, puis elle est dirigée chez nous pour que nous prenions les dispositions nécessaires afin de la diriger vers les services aux États-Unis. Nous leur adressons une demande. Nous accusons un refus, non pas à cause de l’avancement de la grossesse mais plutôt pour le risque sur la santé de la mère liée au transport en avion.

Nous recevons les rapports d’échographie et effectivement les malformations sont majeures. Cette femme est éducatrice spécialisée. Elle est porteuse d’un garçon ce que les parents souhaitaient. Cet enfant est attendu, mais le château s’écroule le jour du diagnostic. Elle sait très bien ce qui l’attend, l’impact sur sa famille, sur sa vie …

La situation m’est adressée afin de trouver une solution. Plusieurs personnes sont mises à contribution. Comment pouvons-nous répondre à la demande de cette femme?
Rassurez-vous, tout s’est fait dans la légalité. Cependant, je ne peux vous nommer les détours que nous avons dû prendre, ni le nombre de personnes impliquées pour lui permettre d’avoir accès à une IVG.

La naissance de l’enfant fait preuve que la situation était plus grave que ce qui avait été vue à l’échographie. Elle a vu un psychologue, ainsi que les enfants et le père.
Puis elle nous a contactés quelques semaines plus tard en nous disant : Merci pour les services rendus et merci d’avoir cru en elle.

Nous lui avions permis ainsi qu’à sa famille de poursuivre leur chemin sereinement.

C’est aussi de l’accessibilité!

Est-ce que c’était vraiment nécessaire de commettre un avortement à 30 semaines?

Ne pouvaient-ils pas adopter le moindre mal, un simple accouchement prématuré avec soins palliatifs?

1 commentaire:

Éléonore a dit...

fiestrubEffectivement je ne comprends pas en quoi cette femme a subu un moins grand préjudice en avortant ! Même au contraire, en avortant elle a choisi de ne pas vivre le véritable deuil de ce petit enfant qui de toute facon était surment non viable.
Elle a choisi la fuite en ne pensant pas que le deuil fait parti de la vie et possiblement qu'elle aura troublé ses deux autres enfants...
J'ai ue amie croyante qui a accouché d'un enfant mort-né et ensuite d'une petite fille qui a vécu 5 heures, chaque fois elle a accouché et pris l'enfant avec amour, avant de le laisser partir à cause d'une maladie congénitale grave. La deuxième est morte dans ses bras. Elle afait son deuil et son époux aussi.