1 février 2011

Les avortements tardifs après 24 semaines au Québec (1 de 4) : les faits saillants #avortement #provie

Voici le premier billet de ma série sur l’avortement tardif au Québec

Pour ceux qui auraient tombé sur ce billet en utilisant un moteur de recherche, il est fortement recommandé de lire la note d’explication sur la série, le document commenté et le sommaire.

Alors, au cours la présentation sur l’accessibilité sur l’avortement, Mme Carrière explique que les avortements tardifs en bas de 24 semaines de gestation se font au Québec ou à New York. Les femmes qui veulent des avortements au-delà de 24 semaines de gestation sont envoyés ailleurs aux Etats-Unis. Donc Mme Carrière pose la question :

Pourquoi est-ce que les femmes sont référées au Etats-Unis après 24 semaines?

La plupart des médecins et du personnel infirmier refusent de pratiquer des IVG de 24 semaines et plus de grossesse, ainsi que d’initier les morts foetales tels que l’exige le collège des médecins.

Donc, il y a des médecins au Québec qui ont un peu de pitié pour les fœtus...

Je ressente la nécessité de prendre quelques paragraphes pour décrire comment les avortements tardifs se déroulent au Québec (et ailleurs en Amérique du Nord) :

La « mort » fœtale dont on parle ici consiste d’une injection faite au coeur du fœtus, ou parfois dans le sac amniotique ou le cordon ombilical. Le foetus visé par cette technique a plus de 20 semaines, et occupe trop d’espace dans l’utérus pour être manipulé et démembré.

Les techniques d’injection peuvent varier. Lorsqu'on chercher à injecter le foetus, la cible de la piqure est le cœur de l’enfant, mais comme le bébé bouge dans l’utérus, il se peut que le médecin manque la cible et l’injecte ailleurs. L’agent létale s'agit du digoxin ou du chlorure de potassium. Le digoxin est un médicament pour le cœur, et le chlorure de potassium est utilisé pour euthanasier des animaux de recherche (comme les chiens). Il est aussi employé aux États-Unis pour exécuter des criminels. La mort survient par un arrêt cardiaque et ça prend moins de 2 minutes. La mort doit être très douloureuse.

Le choix entre le digoxin et le chlorure de potassium varie. Le chlorure de potassium est très répandu et pas cher, mais le digoxin peut être préféré parce qu’il y a danger que la produit foeticide circule dans le système sanguin de la mère, surtout si l’injection se fait dans le sac amniotique (et les fœtus ont plus tendance à survivre dans ce cas). Alors, le digoxin est perçu comme étant plus sécuritaire pour la mère. Selon une étude que j’ai commentée sur mon blogue anglophone, il a été démontré que le digoxin tue l’enfant dans 87% des cas. Ce qui veut dire que dans 13% des cas, la mort ne survient pas.

Après l'injection, on tente de déclencher le travail. Dans la rare instance que le foetus n'est pas décèdé, le travail provoqué par les prostaglandines produit des contractions encore plus fortes que celles qui produisent lors d'un accouchement régulier. Ces contractions sont censées de suffoquer l'enfant. Le mécanisme biochimique de ce processus est mal compris.Parfois, on attend quelques jours après l'injection pour provoquer le travail. Le liquide amniotique assouplit le cadavre du bébé et rend l’expulsion plus facile.


On est capable de visiblement discerner si le cadavre à subi un avortement par prostaglandines puisqu’il est couvert de gros contusions (en kébécois : des gros bleus).

Voici un exemple d’un fœtus avorté au Québec de telle façon (cliquez pour le voir plus gros) :


  

Selon des données provenant de la Grande-Bretagne, un certain nombre de bébés qui ont subi des avortements par prostaglandines sans foeticide ont survécu à l’événement.

Et comme j'ai mentionné ci-haut, un petit nombre de bébés survivent au foeticide.
Alors, il se peut fort bien même après la tentative de foeticide et le déclenchement du travail que l’enfant réussit à naître en vie.

Qu’est-ce qui leur arrive dans ce cas-là?

Souvent, ils sont laissés pour compte et meurent par négligence.

Revenons à nos moutons—la présentation sur l’avortement. Beaucoup des cas d’avortements après 24 semaines sont envoyés aux États-Unis, mais il y a d’importantes exceptions :


À ce stade de grossesse, seules les femmes qui ont un problème d’immigration, les toxicomanes, les femmes qui ont un dossier criminel ou les femmes qui ont un foetus ayant une malformation congénitale, peuvent obtenir une IVG au Québec ne pouvant traverser la frontière américaine pour les raisons précitées.

Donc, les avortements tardifs se font au Québec après 24 semaines pour :

* Les femmes qui sont au Canada dans des situations extra-légales
* Les toxicomanes
* Les criminelles

Mais les femmes « normales » ne peuvent pas en obtenir. Drôle de situation, non? Une femme qui se drogue ou qui est immigrante illégale obtient plus de « pitié » que la femme qui respecte la loi.

En quoi ces avortement de ces criminelles sont moins « dégueulasses » que si les femmes étaient « normaux »? Est-ce que les avorteurs ont tellement peu de respect pour ces femmes ils s’en fichent si leurs bébés meurent? Avoue que c’est un peu contradictoire.

Une autre drôle d’admission d’après moi :

Les conditions pour obtenir une IVG lors d’une grossesse avancée sont parfois difficiles.

*Le transport en avion, certaines en sont à leur 1ère expérience.

*L’hébergement

*L’unilinguisme francophone ou autres

*La grande solitude, ne pouvant être accompagnée dus aux coûts qui en découle.

Vendredi dernier, j’étais informée par la travailleuse sociale à notre équipe et qui assure entre autres les références de 2e trimestre, qu’à compter de maintenant, nous ne pouvons référer une femme à New York aux États-Unis sans qu’elle soit accompagnée.

Pourtant certaines refusent de l’être pour ne pas devoir divulguer leur situation, s’ajoute le volet financier, la disponibilité de l’accompagnant qui pourrait avoir un impact sur la prise de rendez-vous pour obtenir l’intervention.

Mais…

Envoyez une femme avorter toute seule, c’est ridicule. La bonne femme est enceinte de six mois de grossesse. Qu’est-ce qui lui arrive si elle commence à faire une fausse couche dans l’ aéroport ou dans l’autobus? À qui elle s’adresse? Et, si elle fait des hémorragies en revenant du traitement? Ça s’est déjà vu. Mais la bonne femme qui a écrit le rapport est complètement axé sur « l’accessibilité » sans penser à ce qui peut arriver à la femme.

À suivre... les deuxième, troisième et quatrième billets dans la série. Restez branchés, les prochains billets seront publiés dans les jours qui suivent... Difficile de tout faire dans une journée!

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