8 février 2011

La pensée de droite

Aujourd'hui j'ai tombé sur un extrait d'un article publié dans la revue Égards. Il s'intitule


"Que signifie être de droite ? En marge de l’œuvre de Thomas Molnar"

L'article m'a plu parce qu'on a abordé plusieurs thèmes dont j'ai parlé ce matin.

Ce que j'essaie de faire c'est de critiquer ce qu'on peut qualifier de libertarianisme populaire qui se méfie de l'État et veut profiter sa liberté, mais qui n'a pas développé de véritable fondement philosophique ou éthique.
Je sais que les libertariens sérieux ont des philosophies à eux, des philosophies que je critique, mais qui n'ont pas entièrement tort.
Mais le conservateur québécois n'a rien de ces libertariens de salon. Ses motifs sont plus concrets: l'interventionnisme freine l'action des entrepreneurs et diminue la productivité en plus de coûter cher aux contribuables.

C'est un bon début, mais ça n'offre de réponses concernant d'autres dossiers, comme la langue.

Ce manque de profondeur parmi les partisans de la droite peut nuire à leur cause, parce qu'ils sont incapables de discerner et articuler les idées sous-jacentes de leur idéologie,ce qui freine leur avancée dans les esprits des gens.

Je ne veux pas dire que chaque droitiste doit devenir un intello. Je n'en suis pas bien que j'aime vulgariser des notions plutôt abstraits. En tant que mère au foyer, ma préoccupation dominante ce sont les couches pis les devoirs. Je n'ai pas le temps pour la grosse philosophie.

Mais à quelque part la droite doit fournir ces repères philosophiques, un zeitgeist à asorber.

Tant que la droite se résume par une liste de politiques, les gens ne changeront pas parce que leur pensée n'aurait pas changé.

Lorsque la droite développe une façon de pensée qui est assimilable par la population générale, c'est là qu'elle va vraiment prendre son essor. Parce que tant que la droite se résume par des listes de politiques, des partis libéraux et centristes peuvent aussi ben les récupérer pour gagner des votes pour mieux être capables d'exercer leur interventionnisme dans d'autres dossiers. Alors, par exemple, on peut réduire le pouvoir des syndicats mais ensuite donner plus de subventions aux compagnies. Ça serait un pas en avant, deux pas en arrière.

Mais le problème avec la pensée libertarienne telle qu'on l'a connaît c'est qu'elle est imprègnée d'un certain hyperindividualisme-- seul l'individu compte, seul lui existe, et non pas des réalités intangibles comme des lois morales ou des liens familiaux. Regarde comment le mariage est traité comme un simple contrat de nos jours, au lieu comme la cellule essentielle à la société.

Et voilà l'issue de cet esprit libertarien:

La métaphysique inconsciente de la « droite » libertarienne est ancrée dans ces déviations déterminantes de la philosophia perennis à l’origine de l’esprit moderne : « Quand toute réalité ontologique, note Molnar, a été liquidée au profit de l’individuel et du particulier (c’est le triomphe du nominalisme), l’individu et ses actions acquièrent le statut d’uniques existants. » Que devient l’État dans cette conception nominaliste ? Ou il disparaît – et c’est le retour temporaire à cet état anarchique, décrit par Bossuet, de « liberté farouche et sauvage, où chacun peut tout prétendre, et en même temps tout contester ; où tous sont en garde, et par conséquent en guerre continuelle contre tous ; où la raison ne peut rien, parce que chacun appelle raison la passion qui le transporte ; où le droit même de la nature demeure sans force, puisque la raison n’en a point ; où par conséquent il n’y a ni propriété, ni domaine, ni bien, ni repos assuré, ni à dire vrai, aucun droit, si ce n’est celui du plus fort ». Ou il se métamorphose en un Hyper-individu, gardien et propriétaire du bien singulier de chaque homme : « L’État moderne fait le maximum d’efforts afin que les citoyens “se réjouissent” », remarque Molnar. Et l’hégélien de gauche Feuerbach annonce le fascisme lorsqu’il affirme que « le véritable État est l’homme sans limite, infini, complet, réel, divinisé, absolu ». L’État moderne est un gros animal libertarien.


Remarque: Les États-Unis a un penchant libertarien. Mais son penchant libertarien est ancré dans la croyance en Dieu, et la loi naturelle.

La droite que je connais ici au Québec essaie de bâtir une société libre comme les États sans les valeurs et croyances préliminaires. Bien que le dégraissage de l'État serait une amélioration, elle ne serait pas suffisante pour répondre aux besoins de la société. Ce dégraissage ne peut pas apporter des réponses aux solutions sociales à lui seul.
...

Et concernant l'exclusion des conservateurs-sociaux du mouvement de la droite.

Il ne faut pas trop s'en faire. La réalité est dans les faits. Si on présente des meilleurs arguments, on ne sera pas ignorés.

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