14 février 2011

Bloc québécois=christophobe

De la période des questions, jeudi le 10 février:


Mme Paule Brunelle (Trois-Rivières, BQ):




Monsieur le Président, la liste des opposants s'allonge. On y compte plus d'une centaine de municipalités dont la Ville de Montréal et celles de la Communauté métropolitaine de Québec, le gouvernement du Québec et l'Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Voilà maintenant que les Autochtones, qui n'ont pas été consultés, réclament que l'on renverse la décision de la Commission canadienne de sûreté nucléaire.


Tous ces opposants devront-ils se joindre aux évangéliques pour être entendus de ce gouvernement?

...


M. Pierre Paquette (Joliette, BQ):


Monsieur le Président, un reportage de l'émission Enquête lève le voile sur les liens étroits entre le Parti conservateur et des pasteurs intégristes dont certains — on a pu le voir à l'émission — versent dans l'hystérie. On apprend que plusieurs leaders évangéliques ont un accès privilégié à des députés et à des sénateurs conservateurs, et profitent de cet accès pour influencer les politiques fédérales.




N'est-il pas inquiétant de voir tous ces groupes intégristes graviter autour du gouvernement conservateur et tenter de modifier les lois pour imposer leurs valeurs religieuses?


L'hon. John Baird (leader du gouvernement à la Chambre des communes, PCC):
Monsieur le Président, tous les Canadiens ont le droit d'être entendus par le gouvernement. C'est pourquoi nous sommes très fiers d'organiser des milliers de séances de consultation auprès des Canadiens aux quatre coins du pays.



Au cours des derniers mois, j'ai eu le plaisir de rencontrer des groupes juifs, musulmans, hindous et sikhs, de même que des groupes bouddhistes. Et, au risque d'en choquer certains, j'ai même rencontré des groupes chrétiens.


M. Pierre Paquette (Joliette, BQ):

 
Monsieur le Président, le problème, c'est que les Églises évangéliques sont l'antichambre du Parti conservateur. On l'a vu à plusieurs reprises par les nombreuses tentatives des conservateurs de rouvrir le débat sur l'avortement ici et à l'échelle internationale. Chaque fois qu'un projet de loi est jugé contraire à leur doctrine religieuse, les conservateurs s'activent pour le faire rejeter. Pensons seulement à notre projet de loi sur le droit de mourir dignement. Même la politique scientifique du gouvernement conservateur est menée par un ministre créationniste.


Quand les conservateurs comprendront-ils qu'il y a une séparation nécessaire entre l'État et la religion?




L'hon. John Baird (leader du gouvernement à la Chambre des communes, PCC):

Monsieur le Président, je ne sais vraiment pas par où commencer. Par contre, je peux dire ceci. Les Canadiens pratiquants ont tout autant le droit d'être entendus par le gouvernement. Nous respectons leurs positions et leurs points de vue. Nous pensons qu'il est extrêmement important, dans une société pluraliste comme la nôtre, de toujours être à l'écoute des gens, quel que soit leur situation, et nous ne nous excuserons pas d'être à leur écoute.







De la période des questions le vendredi, 11 février:


M. Mario Laframboise (Argenteuil—Papineau—Mirabel, BQ):




Monsieur le Président, le reportage présenté hier dans l'émission Enquête soulève des questions troublantes. On y apprenait que Faytene Kryskow, la représentante de MY Canada, un groupe évangélique qui exerce un lobby musclé auprès des membres du gouvernement conservateur, avait un accès privilégié au Parlement grâce à une carte de sécurité exclusive, une espèce de « carte chouchou ».


Le gouvernement peut-il nous expliquer combien il existe de telles cartes, quels en sont les critères d'émission et comment Mme Kryskow a pu avoir une telle carte?


L'hon. John Baird (leader du gouvernement à la Chambre des communes, PCC):


Monsieur le Président, je crois comprendre que le groupe MY Canada a eu une réception sur la Colline et que quelques députés du Bloc québécois y étaient.




M. Mario Laframboise (Argenteuil—Papineau—Mirabel, BQ):


Monsieur le Président, le reportage d'Enquête identifie plusieurs députés, dont celui de Winnipeg-Sud et celle de Kildonan—St. Paul, qui sont membres du groupe religieux MY Canada.


Le gouvernement ne trouve-t-il pas troublant que tant d'intégristes gravitent autour du Parti conservateur pour noyauter le gouvernement et imposer leurs valeurs religieuses?




L'hon. John Baird (leader du gouvernement à la Chambre des communes, PCC):


Monsieur le Président, le gouvernement rencontre littéralement des milliers de personnes chaque année pour écouter leurs idées et leurs suggestions sur la façon de construire un Canada meilleur et plus fort.


Au cours des derniers mois seulement, j'ai eu le grand privilège de rencontrer des groupes juifs, sikhs, musulmans et hindous et, fait remarquable, j'ai même rencontré quelques groupes chrétiens.


D'après le Bloc, les chrètiens très croyants n'ont pas le droit de se faire entendre par le gouvernement au Canada.


Il manifeste une attitude ouvertement christophobe.

Ils disent qu'ils veulent une "séparation de l'Église et de l'État". Mais 4MyCanada n'est pas une église. Les gens croyants ont autant le droit le faire du lobbying selon leurs valeurs personnelles que n'importe qui, et quand des élus veulent les faire taire à cause de cette croyance, c'est ÇA l'abus de la séparation de l'Église et l'État. Les élus n'ont aucun droit de dire aux électeurs de ne pas être inspirés par des croyances religieuses. Paule Brunelle, Mario Laframboise et Pierre Paquette devraient émettre des excuses au près de la population chrétienne du Canada.


J'espère que les croyants s'en rappeleront aux prochaines élections. Bien sûr que le Bloc n'aura jamais à faire face à cette situation; il ne formera jamais le gouvernement. Facile de critiquer quand on est éternellement dans l'opposition.

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