15 janvier 2011

Les illusions des pôvre-choix

J'ai ri tout fort en lisant ce texte de Raymond Viger:

Les médias de masse cherchent maintenant à diriger l’opinion publique en faveur du mouvement pro-vie qui consiste à un retour à la criminalisation de l’avortement

Je le souhaite bien, mais ce n'est pas pour demain.

Le texte lui-même semble un peu daté, puisqu'il parle du projet de loi C-484, qui a été déposé il y a 2 ans (je me rappelle, ma fille était un foetus à ce moment).

Mais comme la publication sur le blogue date du 14 janvier, je trouvais pertinent de le commenter.

Interdire l’avortement, c’est s’approprier le corps des femmes. On ne leur permet plus de décider par elles-mêmes. Soumises à l’État, dans lequel les hommes détiennent majoritairement le pouvoir politique et économique, elles sont dépossédées de la décision qui doit leur appartenir d’avoir un enfant ou non. Dans un tel contexte, les hommes sont complètement évacués de la responsabilité des enfants.

La pensée féministe a tendance à prendre des théories et de les traiter comme des réalités. Par exemple, on dit que si la femme n'est pas capable de décider sur le sort de son foetus, son corps ne lui appartient pas-- elle devient une esclave.

Mais l'État nous ordonne bien des choses concernant notre propre corps. On n'est pas pour autant des esclaves. L'État nous dit de porter une ceinture de sécurité en voiture, de ne pas consommer de la drogue, et ainsi de suite.

Le fait que ces lois existent ne fait pas de nous des esclaves.

Ton corps t'appartiens pareil-- si on peut dire qu'un corps appartient à une personne. Le corps, dans le fond, n'est pas une posséssion, mais est la personne.

L'esclave ne possède pas ou très peu de pouvoir décisionnel. Il est complètement soumis à son maître.

Je sais que c'est pratique pour les féministes de dépeindre leur situation sans avortement comme une situation complètement intolérable et oppressive.

Mais la réalité est tout autre.

Avant que l'avortement était légalisé en 1969, est-ce que les femmes étaient de véritables esclaves?

Je ne dis pas que l'avortement peut rendre la vie facile pour certaines femmes.

Mais l'absence de l'avortement, est-ce que ça a fait des femmes des soumises inconditionnelles à la société?

Si oui, comment est-ce qu'elles ont fait pour remettre en question l'avortement? Comment est-ce qu'elles ont fait pour pouvoir obtenir des emplois et des postes importants? C'est sûr que les femmes commençaient à peine à grimper l'échelle des postes, mais les femmes ont réussi pareil, sans avortement.

Comment est-ce qu'elles ont fait?

En vérité, ce n'est pas parce que ton corps t'appartiens que tu as droit de faire ce que tu veux.

Ton corps, c'est-à-dire, ta personne, est sujet à des restrictions, des limitations, et, ose-je le dire-- des responsabilités.

La femme a la responsabilité de son foetus. Certains pensent que ce n'est pas juste que les hommes n'en ont pas. Mais tu ne peux pas protester contre la nature. Est-ce que c'est juste qu'une personne mesure grand, alors que une autre est très petit? Est-ce juste qu'une personne est laide, alors une autre est belle? Est-ce que c'est juste que certains sont nés en santé alors que d'autres ont des handicappes?

Il n'y a rien d'injuste là-dans.

Parce que Dieu, ou la nature, ne te doit rien.

Mais, tu vas me dire que le fait qu'on soit une femme, ou un Noir, ou un handicappé rend la vie plus difficile, et que dans les résultats ça fait que ce n'est pas juste.

Mais encore une fois, personne n'a le droit à des résults de vie égaux ou mêmes équitables.

Ta vie, c'est toi qui la construis.

Mais ce n'est pas juste pour l'handicappé qui, par exemple, n'est pas capable de se construire sa vie.

Alors on doit l'aider.

Mais l'handicappé est incapable. Voilà la différence.

Il a besoin d'aide.

Est-ce que la femme a véritablement besoin d'avortement? Serait-elle complètement démunie et sans pouvoir devant une grossesse inattendue?

Dans la grande majorité des cas, la réponse est: non.

Et, si la femme a vraiment besoin de l'aide, sans laquelle son existence sera véritablement mise en péril, alors qu'on l'aide.

Mais cet aide n'a pas besoin d'être l'avortement.

La liberté n'exclut pas une conception de la responsabilité, surtout la responsabilité envers les enfants.

Que les femmes sont plus confrontées à ce problème n'est pas une injustice.

L'injustice dans tout ça, c'est l'absence de l'homme.

Parce qu'il a autant contribué à la création de cet enfant que la femme.

Mais, souvent, l'homme ne veut rien savoir de sa responsabilité.

L'homme laisse la décision à la femme en sachant qu'il serait peut-être libéré de la responsabilité d'éléver cet enfant. Quelle chance.

Mais qu'est-ce qui réduirait les chances que la femme ne subirait pas à cette injustice?

Le mariage.

Ah, tu vas me dire que le gars peut se sauver du mariage. C'est vrai. Mais pas aussi facilement que le chum qui ne reste pas avec la fille, et pas aussi facilement que le chum en union libre.

Parce que le mariage formalise les liens entre les deux. Le gars ne peut pas casser avec sa femme sans conséquence. Il y a des lois qui l'empêchent de le faire. Il ne peut pas partir à la hâte, sans souci.

Mais on a tout fait pour rendre la situation plus injuste pour la femme, en pensant que c'était plus juste. On pensait que si on diminuait la responsabilité des partenaires l'un envers l'autre, que l'homme pouvait faire ce qu'il veut et que la femme pouvair faire ce qu'elle veut, ça serait plus juste.

Mais ce n'est pas plus juste. Et cette absence de justice met de la pression sur la femme pour qu'elle avorte.

On croit que l'autonomie absolue de la personne est le bien absolu. Mais ce n'est pas le cas. En fait, ça isole souvent les gens, et on nie les responsabilités entre les gens parce que ça diminue notre pouvoir.

Le pouvoir, l'autonomie, ne peut pas être le bien ultime. C'est nécessaire bien sûr, mais ça ne peut pas être divorcer de la responsabilité, sinon, ça crée encore plus d'injustice.

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