17 janvier 2011

Le non-sens de l'athéisme et notre besoin de Dieu

Le philosophe Jean Laberge répond à plusiers objections posées par les athées contre la croyance en Dieu.

Je parle souvent du fait que la réalité a des règles.

La différence entre la droite et la gauche est que la droite croit, implicitement du moins, que la réalité a des règles, des lois, des conséquences, hormis sa volonté. La réalité est objective. Elle n'est pas une projection de sa volonté, ni entièrement construite par des idées préconçues.

Elle existe, et a une structure, un ordre à elle, que l'homme le veuille ou non.

La gauche ne nie pas que la réalité a des règles, d'une certaine manière, mais que la réalité est plus ou moins le produit de sa volonté surtout en ce qui concerne la nature humaine.

Donc, on cherche à refaire ou encore à perfectionner l'homme et la société par sa propre volonté.

Un exemple: on pense que si on taxe les riches et qu'on redistribue l'argent par le biais de programmes, que ça va créer de la richesse.

C'est certain que les riches vont se trouver un moyen d'évader leur "obligation fiscale".

Alors, il faut en quelque sorte endoctriner les gens mieux nantis à accepter leur sort, à accepter un taux d'imposition qui est néfaste à leurs intérêts personnels.

Bon, dans la mentalité de la gauche, la nature humaine est très malléable, pour ne pas dire flou. D'après les gauchistes, il s'agit uniquement de changer la volonté des gens, et on va changer la nature humaine.

Mais on sait que ce n'est pas vrai, que la nature humaine est plutôt fixe et prévisble, et qu'on voir venir les conséquences individuelles et collective d'un tel geste ou d'une telle politique-- sans même lancer une enquête. L'homme est aussi prévisible que ça.

Mais kessé ça peut ben faire avec l'athéisme?

On sait que la réalité a une structure à elle, mais l'athéisme présume que l'ordre a évolué du chaos.

Donc, la création de l'univers, les lois de la science, la nature fixe de l'homme, tout ça c'est un hasard.

Mais on sait que le hasard ne produit pas l'ordre.

Je ne dis pas que mon argument prouve, tout seul, l'existence de Dieu.

Tout ce que je dis, c'est qu'en niant un principe organisateur de l'Univers, une source des règles de la réalité, on tombe dans le piège du gauchisme. On pense que tout à une raison, sauf la réalité elle-même.

On ne peut pas traiter la réalité quotidienne comme ayant des règles, et ensuite traiter l'existence, l'univers, et tout ce qui existe, comme si rien expliquait son origine et son développement cohérent et structurel.

Si on ne reconnaît pas Dieu comme étant la source de notre réalité, on risque de faire comme la gauche et substituer notre volonté pour la réalité; on risque de dire: c'est que les gens veulent, donc on devrait y aller même si ça va complètement à l'encontre de la réalité. On pense qu'en laissant certaines décisions autodestructrices à l'individu, qu'on puisse, en tant que société, composer avec des millions de décisions autodestructrices sans que ça ait des conséquences sur les individus qui n'y sont pas directement liés.

Je pense surtout aux questions liées à la sexualité et le drogue.

Je sais que suggérer quelque limite que ce soit à ces sujets va à l'encontre de la tendance libertarienne de la droite québécoise.

Il ne s'agit pas ici d'imposer une sorte de sharia pour punir chaque petit péché. La tolérance a sa place aussi.

Ce que je dis, c'est qu'on ne peut pas faire de la volonté individuelle le seul ou le plus important arbitre d'une philosophie politique.

Ce que je préconise, c'est qu'on reconnaît Dieu comme principe organisateur de l'univers, comme le principe du Bien, pour qu'on puisse avoir un standard auquel on puisse se référer dans l'élaboration des politiques saines et pratiques.

Est-ce que je parle d'ouvrir la Bible et copier mot-à-mot les lois de l'Ancien Testament ou d'appliquer aveuglement les encycliques catholiques?

Non, bien que chacun contient beaucoup de bonnes idées.

Le moment qu'on soulève l'idée de Dieu et de l'appliquer en politique, on a souvent l'impression de parler d'un Jerry Falwell qui élabore des lois tirées directement de l'Ancien Testament, qui n'ont aucun rapport avec notre réalité contemporaine.

C'est une caricature.

Si Dieu est à l'origine de notre réalité et les règles de la réalité; si c'est lui à qui on doit notre capacité de raisonner et la loi morale, on n'a rien à craindre en se référant à Dieu. Il n'y a pas contradiction à réfléchir sur les choses, telles qu'on les connaît dans notre réalité, en déduire des principes universels, et les attribuer à Dieu pour ensuite les reconnaître une sorte de loi, (ce qu'on appelle la loi naturelle).

Qu'on parle du fait que la surtaxation freine l'économie ou qu'une bureaucratie gonflée mine à notre liberté-- les principes qui mènent à ces conclusions sont autant de Dieu que n'importe quel principe moral.

Tout ce qui est vrai ou réel est de Dieu.

On peut soulever toute sortes d'objections à mon idée d'une reconnaissance publique et sociale de Dieu. Par exemple, qu'on mêle religion et politique.

Le problème de la religion et de la politique n'était jamais une question de la reconnaissance de Dieu. Si une proposition est vraie, un gouvernement n'a pas intérêt à agir comme ce n'était pas vrai ou comme s'il était neutre. Donc, un gouvernement a intérêt à reconnaître Dieu.

Le problème de la religion et de la politique remonte à un conflit de pouvoir entre deux volontés irréconciliables: celle de l'Église et celle de l'État.

Ce n'est pas le contenu de la religion qui est nécessairement problématique. On peut croire, selon sa religion, que la surtaxation est une injustice sociale. Est-ce qu'un croyant doit s'abstenir de faire la politique parce que sa croyance-- qui est vraie-- proviennent d'une croyance religieuse? Ça serait ridicule. Si une idée est vraie, elle est vraie, qu'elle viennent de la religion ou de son raisonnement personnel.

Mais en fait, le problème c'est que l'homme contemporain n'est pas capable de faire la distinction entre une idée purement philosophique, accessible par la raison à n'importe quelle personne-- et une idée qui découle d'une révélation divine, qui n'est qu'accessible uniquement à l'adhérent religieux.

Pour mieux avancer des idées laïcistes, on confond tout ce qui a affaire à Dieu dans la rubrique "religion", parce que dans notre culture "religion" signifie "subjective" ou "personnelle" donc, complètement hors la capacité d'être sérieusement évaluée par la logique.

Mais une idée religieuse n'est pas fausse du fait même qu'elle est adoptée par une religion.

Les idées religieuses ne sont pas nécessairement nocives à la société. On peut penser à plusieurs idées qui y sont bonnes.

Ce qui pose problème, c'est la relation entre les institutions religieuses et le personnel religieux, et l'État.

Voilà la raison derrière l'idée de la Séparation de l'Église et l'État (et non pas la séparation de la religion et l'État!). Quand cette idée a été développée, la crainte était que l'État essaie de diriger les Églises à ces fins (et par la suite on craignait que l'Église dirigerait l'État).

Mais quand on parle d'idées qui découle de la croyance en Dieu, une personne religieuse ou non peut les posséder. Ça ne pose pas de difficulté.

L'autre problème c'est la question de la co-existence de différentes religion dans une société pluraliste. Certains vont voter selon leur croyances irrationnelles et non testés.

La bonne nouvelle, c'est que la raison existe justement pour évaluer les fondements de n'importe quelle idée. Doit-on bannir le porc? Oké, sur quel principe? Donne ton argument, selon la raison.

On n'abandonne la raison parce qu'on croit en Dieu. Même on devient plus cohérent.

Mais si on est pour baser nos politiques sur notre raison, pourquoi reconnaître Dieu? Parce que si on ne reconnaît pas un principe organisateur, un législateur universel, c'est notre volonté individuelle qui devient suprême.

Comme dans la gauche.

La volonté humaine est faible. Elle veut, en quelque sorte, relativiser. Mais on doit se dire qu'en tant que société, on ne peut pas se permettre de relativiser et subjectiviser des questions qu'on sait sont réglées et évidentes.

Si on veut une société saine, il faut reconnaître tout simplement la vérité, la réalité, et en faire notre guide. Dieu en ait la source. C'est tout.

Aucun commentaire: