12 janvier 2011

La pensée idéologique

Ce n’est pas la droite ou la gauche qui pose problème. C’est l’idéologie, le dogmatisme, l’esprit sectaire.

Les systèmes de pensée en kit, qui sont censés réglés TOUS les problèmes.

« La religion est l’opium du peuple », disait Marx. De même, on pourrait dire : « L’idéologie est l’opium des intellectuels. »

Dans Les aventures de la liberté, son brillant essai sur l’histoire des intellectuels, le philosophe français Bernard-Henri Lévy pourfend cette attitude, qui consiste à « toujours penser dans le même sens », à toujours « émettre la même note ».

« Je proclame le droit à avoir des idées hétérogènes », écrit-il.

Parfois à gauche, parfois à droite.

C’est, à mon humble avis, la seule façon de VRAIMENT penser…

...dit le libertarien Richard Martineau.

Je suis sympathique à son point de vue. Je ne me dis jamais "conservatrice" bien que je suis confortablement à droite sur le spectre politique. Justement parce que certains de mes prises de positions ne sont pas de droite. Je ne veux pas me soumettre à des tests idéologiques.

Je me rappelle que quand j'étais une socialiste dans la vingtaine, on ne m'acceptais pas dans le club parce que j'étais contre l'avortement et l'homosexualité.

Je voulais abolir le capitalisme. J'étais contre les corporations. Je voulais que l'État prendre contrôle de tous les sphères de la société.

Est-ce que j'étais assez socialiste pour certain de mes collègues dans le NPD? Bien sûr que non.

Bon, peut-être que ça a eu des résultats bénéfiques. ;)

Depuis, je suis allergique aux tests idéologiques justement parce qu'ils ont tendance à exiger une orthodoxie quasi-religieuse. Je suis très contente de me soumettre à l'orthodoxie catholique, mais je refuse de traiter des idées humaines comme des vérités divines. Parfois Dieu a une opinion contraire. :)

Mais je ne suis pas d'accord avec Martineau que les gens qui sont complètement à droite ou à gauche sont nécessairement des gens aveuglés par l'idéologie.

Les idées de base ont tendance à produire les mêmes conclusions dans une échantillon importante de la population. Voilà pourquoi les camps politiques existent. Martineau, il est libertarien. La notion de la liberté individuelle est l'idée de base qui explique ses prises de position (c'est un peu ironique qu'il dénonce l'idéologie quand lui-même il est idéologique, mais bon).

Alors, à droite on voit des gens qui croient que la réalité a des règles, et que l'être humain possède une nature fixe qui a tendance à errer, donc il faut se protéger de la tyrannie des gouvernements (et même des autres institutions).

À gauche, on croit que la nature humaine est malléable, pratiquement autoconstruite par sa volonté même. Comme la réalité humaine est le produit des pensées et des désirs, il n'y a pas de véritable règles fixes de comportement. C'est relatif. Alors, la mesure de le moralité, ce sont les droits humains-- qui peuvent évoluer. Comme un droit est un instrument légal, il faut impliquer l'état pour assurer le plus grand bonheur des gens. Alors l'État devient celui qui est responsable du sort de la société, et non les individus eux-mêmes.

Bon on voit comment ces idées de bases peuvent produire des camps politiques. C'est normal que les gens vont adopter en masse les conclusions qui en découlent de ces idées. L'être humain a un besoin d'être cohérent.

Je suis d'accord que la diabolisation des opposants, c'est trop facile intellectuellement. Personne n'est 100% bon ou mauvais. Cependant, c'est un peu naturel que des gens condamnent la totalité des gestes politiques de leurs opposants. Ils ont des idées contraires. Bien oui, Michael Moore va condamner Bush et Pamella Gellar va condamner Obama. Même si Bush a fait une ou deux choses de bon, Moore ne va pas les signaler, parce que pour lui, le problème c'est son plateforme en générale. Tu ne parle pas de Hitler en disant en ça faveur "il a crée des jobs"-- c'est ridicule d'évaluer des politiciens comme ça. Hitler a fait beaucoup plus de mal que de bien. Dans la perspective de Moore, les quelques bon points de Bush n'effacent pas la grande majorité de ses bêtises.

Je pense que condamner les gens pour leur pensée idéologique est peut-être aussi naïf et intellectuellement facile que de traiter tous ses opposants de crétins. Remarque--- je ne dis pas qu'on n'a pas le droit de condamner la tendance générale d'un politicien; mais la diabolisation automatique des gens ("c'est un gauchiste, c'est un crétin!") est quelque chose qu'on doit éviter. Du point de vue de relations publiques, c'est vrai que la diabolisation ça peut marcher très bien pour sa cause. Mais ce n'est pas parce que ça marche qu'on devrait le faire. 

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