14 décembre 2010

Quand l'analyse de la politique américaine sonne faux

Souvent, j'ai l'impression que les chroniqueurs québécois qui commentent la politique américaine n'ont pas une bonne idée de la pensée américaine.

Ils prennent leurs idées sur l'Amérique des grandes chaînes de télévision, qui, bien sûr, reflètent la pensée des élites.

Mais pas la pensée des gens ordinaires.

Et leur méconnaissance de l'esprit américain fait en sorte que leur analyse politique sonne faux.

Par exemple, une chronique de Mario Roy:

On assiste en effet à une fusion sans précédent du nationalisme et de la foi religieuse. Le tout résultant en «une vision de l'Amérique comme étant le pays élu par Dieu, ainsi que du libre-marché (ultra) capitaliste comme étant crucial pour l'avenir de la nation», décrit l'hebdomadaire Newsweek en citant Tony Campolo, sociologue, pasteur et proche de Bill Clinton.

(...)

On voit donc apparaître aux États-Unis la notion de peuple «élu» ou au destin exceptionnel. Une notion que l'on a vu s'épanouir, au fil du temps et à des degrés divers, dans beaucoup de grands groupes nationaux, ethniques ou religieux.

Le mélange de foi et de patriotisme sans précèdant sur la scène politique?

Voyons!

La masse ges gens ordinaires n'ont jamais complètement abandonné l'idée que les États-Unis était un pays spécial quasiment fondé par Dieu pour répandre la liberté.

Donc, quand Abraham Lincoln a fait face à la Guerre civile américaine, le conflit était interpreté de façon religieuse. Le chanson thème des soldats nordistes "Battle Hymn of the Republic", qui parle de se battre pour libérer les gens pour faire avancer la cause de Dieu, est un exemple parmi tant d'autres.

J'ai l'impression que Mario n'a jamais pris un cours d'histoire américaine-- pas un cours qui l'explique comme les américains la comprennent; il n'a jamais pris un cours de littérature américaine, ou un autre cours qui explique ce que les gens de Middle America.

Tout ce qu'il semble à comprendre, ce sont les clichés qu'on raconte sur les américains.

Ils répètent ce qu'on dit au Canada anglais ou dans les médias américains. Ces derniers souffrent eux-mêmes d'une profonde amnésie historique. S'ils comprennent quoi que ce soit de l'histoire américaine, ils l'ont appris dans leur cours politically correct du secondaire ou du collégial, qui remettent toujours le pays en question au lieu de célèbrer ces nombreux accomplissements. Je ne dis pas qu'on ne doit jamais critiquer-- ça ne serait pas américain de dire ça. Mais, bien de gauchistes américains sont tellement bien dans leur tour d'ivoire confortables, ils ne prennent pour acquis les libertés et les avantage du système qui leur permettent de dire de telles niaiseries (en premier, leur système capitaliste qui crée la richesse qui les rendent confortables et fait en sorte que l'éducation post-secondaire est accessible (même en dépit des frais élevés de scolarité, à cause des nombreuses bourses)). Et comme ils prennent leur libertés pour acquis, les gauchistes ne comprennent pas que le système qu'ils critiquent est celui qui a rendu possible leur niveau de confort et de liberté.

M'enfin.

Si Sarah Palin et Glenn Beck et leur version de patriotisme est tellement populaire aux États, c'est que la masse des gens en ont ras-le-bol de l'élitisme laïciste et défaitiste.

Mais les gauchistes ont du mal à comprendre que les gens ne pensent pas comme eux.

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