23 décembre 2010

Les Québécois et la charité: ou pourquoi les québécois résistent la droite

No Dogs or Anglophones écrit à propos de statistiques émis par le Fraser Institute qui portent sur les dons aux organismes charitables.

Le Québec fait piètre figure. En moyenne, les québécois donnent $609 par personne. C'est la province où on donne le moins d'argent. Au Nouveau Brunswick, en douzième place, la moyenne est de $950. En Alberta, l'endroit où on donne le plus, la moyenne est de $2274.

Le Québec fait pitié.

Mais ces chiffres peuvent donner une indice sur la raison pour laquelle les québécois résistent à la droite.

Dans la mentalité québécoise, la pauvreté, c'est la responsabilité des autres. Pourquoi donner aux oeuvres charitables? Le gouvernement s'en occupe.

Tant que les Québécois ont le reflexe d'attribuer la responsibilité de tout ce qui concerne la justice sociale au gouvernement, ils vont continuer à bouder la droite.

Parce que la question va toujours se poser: qui va s'occuper des pauvres?

Et, honnêtement, beaucoup de ceux qui posent la question s'incluent parmi les pauvres.

Alors, la droite québécoise doit non seulement élaborer une politique sur l'efficacité économique et la fiscalité, mais aussi développer sa philosophie sur l'aide aux démunis, et le concrétiser avec de l'action.

Pourquoi la droite américaine est aussi forte? Bien que la Constitution américaine est conservatrice, ce n'est pas uniquement une question d'idées. C'est parce que cette droite réussit a maintenir un vaste réseau d'oeuvres charitables, opérer surtout par des croyants. Au Canada, la quasi-totalité des gens qui travaillent dans les organismes charitables sont des gauchistes.

Si on veut que l'image de la droite change, il faut que sa philosophie soit plus qu'une question de paroles. Il faut qu'elle devienne plus généreuse, plus active dans le service social.

Tant que la droite parle uniquement des questions d'argent et d'étatisme, et qu'elle n'élabore pas un projet de société (ah que j'haïs cette phrase, mais c'est la bonne phrase!) tout le monde va continuer de penser que la droite s'intéresse uniquement à la piasse, qu'elle veut se débarasser de l'État pour pouvoir fumer son joint et écouter son film de cul en paix.

Alors, il faut adresser la question de pauvreté non pas en termes de politiques et d'élections, mais en termes d'engagement social.

3 commentaires:

Éléonore a dit...

Je ne suis pas d'accord avec les chiffres sortis de Fraser, les québécois donnent beaucoup mais ne tiennent pas de compte, moi même l'an passé j'ai donné beaucoup de nourriture, un livre neuf, beaucoup de petites oeuvres indépendantes, mon mari cotise à centre aide, on donne à l'église etc, je ne compte pas alors comment tu veux que fraser compte ?
En plus le québec est aussi la plus taxé des provinces alors oui on donne déjà.

Suzanne a dit...

La taxation est une question interéssante.

Parce que ça rentre justement dans la mentalité dont je parlais:

Laisse aux autres le soins de s'occuper des pauvres.

La taxation excessive déresponsabilise.

Je serais plus portée à accepter tes nuances. Mais la marge entre le Québec et le NB est très large. Les NB donnent 50% de plus. Les dons de nourriture et à l'Église n'explique pas la marge.

Quand j'ai démenagé en Ontario, j'étais surprise comment les gens n'étaient pas gênés pour demander de l'argent -- et souvent. La différence est très marquée.

Le Gentil Astineux a dit...

@ Suzanne il faut faire attention, beaucoup de "généreux donateurs" donnent pour les crédits d'impôts, ils donnent d'une main pour en recevoir de l'autre. Vous n'avez jamais entendu parler du trafic de faux recus il y a quelques années à Terre-Neuve ?
En réclamant des gouvernements leurs crédits d'impôts cela veut dire que nos taxes et nos impôts subventionnent aussi la charité.