12 décembre 2010

Le Christ, les Évangiles et L'histoire

Le Père Gitton, parle de la relation entre les Évangiles, l'histoire et la théologie:

La recherche sur les évangiles est souvent encombrée de présupposés qui n'ont rien de scientifique. On accuse les chrétiens de vouloir infléchir les conclusions de la science historique pour cadrer avec leur dogme, mais la même chose vaut largement pour des historiens de tout bord : depuis Renan, qui écarte méthodologiquement tout fait jugé miraculeux, jusqu'à la reconstitution qui fait du récit des évangiles la résultante des tensions survenues entre des groupes constitués au sein des premières communautés chrétiennes, il ne manque pas de vues de l'esprit qui retardent toujours le travail sérieux de ceux qui se penchent sur les textes.

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La foi chrétienne a cette particularité de s'appuyer sur un évènement et même sur une série d'évènements : le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous. On ne peut ramener le christianisme à des positions intemporelles sur Dieu ou à des vérités philosophiques et morales. Qu'on le veuille ou non, il a partie liée avec l'histoire, puisque le fond de la Bonne Nouvelle, c'est de dire que Dieu, l'Eternel, l'Inaccessible a voulu frayer avec les hommes, et que son Fils s'est manifesté dans un petit canton de l'univers, entre le règne de César Auguste et celui de Tibère. Les chrétiens ne peuvent se résigner à cette schizophrénie qui consisterait pour eux à croire au salut apporté par Jésus Christ tout en se considérant comme accessoires les faits qui ont marqué cette histoire.

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Mais, surtout, je ne suis pas sûr qu'on puisse dire que les évangélistes n'ont pas cherché à nous faire entrer dans une véritable histoire. Ecoutez saint Luc par exemple au début de son Evangile : « Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements accomplis parmi nous, d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la Parole, il m'a paru bon, à moi aussi, après m'être soigneusement informé de tout à partir des origines, d'en écrire pour toi un récit ordonné, très honorable Théophile, afin que tu puisses constater la solidité des enseignements que tu as reçus » (1, 1-4). Bien sûr, ils n'écrivaient pas l'histoire comme nous le faisons, ils rapportaient de longs discours de leurs personnages qu'ils n'avaient pu reconstituer sur bande magnétique, et qu'ils récrivaient donc en partie, c'est évident, mais ils avaient chacun à sa façon le souci de rapporter des faits qui avaient une valeur en tant que faits, et pas pour illustrer une thèse préalable.

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En donnant leur foi à Jésus de Nazareth, ils acceptaient de s'engager sur la réalité des faits rapportés à son propos, c'est pourquoi la véracité du récit n'est pas pour eux facultative.

Beaucoup de gens essaient de nous faire croire que les récits des Évangiles n'ont aucune mérite historique. Ce sont ces gens-là qui sont aveuglés.

Imaginons qu'ils ont raison: que Jésus n'a jamais existé ou n'a dit ou fait RIEN de ce qui est écrit dans les Évangiles.

Ça veut dire que TOUT a été inventé.

Comment explique-t-on l'existence des apôtres, dont on mentionne dans les lettres de Clément (qui a connus quelques uns) et Ignace et Polycarpe?

Ça veut dire qu'ils ont inventé les apôtres?

Les païens de l'époque, ils ne se sont pas posé des questions?

Et les lettres de Saint Paul et les autre épîtres: Toutes inventées?

Quand il faut rééxpliquer tous ces écrits comme des superchéries au lieu d'une expression sincère, ça commence à sonner faux.

C'est simple: c'est du révisionisme historique.

Mené par la gauche académique, bien sûr.

En fait, peu de chercheurs nient l'existence de Jésus. Ce sont des athées militants qui prennent les dires de quelques individus et inventent leur histoire révisionniste.

Le pire c'est que bien des croyants sont aveuglés et n'osent pas parler, n'ayant pas les connaissances pour contrer ces tendances. Merci Église contemporaine pour votre silence!

Il ne faut pas avoir peur de remettre en cause les idées gauchistes dans toutes les sphères par peur de paraître comme des arrièrés.

C'est comme la fameuse citation de George Orwell: Il y a des idées tellement niaiseues dans le monde que seuls les intellectuels peuvent les croire. Ce n'est pas parce qu'un chercheur a un diplôme que ça lui rend plus intelligent. Une idée niaiseuse est une idée niaiseuse, que ça vient de la masse ou des universitaires.

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