18 décembre 2010

La position pro-vie sur la fin de vie

Un article sur la fin de vie:

Rappelons que l'euthanasie, y compris le suicide assisté, vise à provoquer le décès au stade avancé d'une maladie incurable, lorsqu'il y a consentement et que toute possibilité de rémission est exclue. Une approche est d'omettre ou de réduire graduellement les traitements, l'autre d'augmenter progressivement la dose d'analgésiques puissants, au point où elle devient létale.


À l'autre extrême, l'acharnement thérapeutique défie carrément la mort. Suivant cette orientation pro-vie, des soins disproportionnés sont prodigués pour faire reculer l'échéance finale, même au prix d'une déchéance accrue de la personne.

Je n'ai jamis vu le débat sur la fin de vie aussi mal expliqué.

Premièrement, le fait de provoquer la mort accidentalement avec l'administration d'analgésiques n'est pas en cause.

Les pro-vie sont en faveur d'apaiser la souffrance, même si ça cause la mort SI c'est le seul moyen de le faire. Je crois que c'est déjà légal.

Les pro-vie ne sont pas, non plus, contre le refus de traitement.

Les pro-vie ne prônent pas l'acharnement thérapeutique. S'il ne reste plus rien à faire, si les avantages sont minimes et les désavantages sont nombreux ou extrêmes, bon, on n'est pas pour des traitement futiles.

Mais, ce qu'on oppose c'est de donner le droit à un médecin de tuer délibérément un patient. Donc, de lui aider à commettre le suicide.

Voilà le coeur du débat.

Il ne faut pas donner à nous médecins le droit de tuer ses patients.

On veut éliminer la peine capitale aux États-Unis à cause des innocents qui y meurent.

Pourquoi qu'on militerait pour ceci, pour ensuite donner les médecins ce même pouvoir de tuer des innocents.

Ah, vous m'allez dire-- il y aura des processus mis en place pour assurer la sécurité des gens, blah blah blah.

Mais les processus sont administrés par des humains faillibles, et pas toujours avec des intentions nobles.

Par exemple, disons qu'une patiente riche, mais déprimée a des enfants qui sont dans la misère financièrement. Vous ne pensez pas que les enfants vont s'organiser pour arranger son euthansie, si ça fait leur affaire? Bien sûr que ce n'est pas tout le monde qui le ferait, mais on peut s'imaginer qu'il y a des gens qui rationaliserait pour obtenir le résultat désiré.

On peut en multiplier des scénarios.

Ce n'est pas la mort qui nous manque. Le problème c'est la souffrance. C'est la dépression. C'est le manque d'un sens à la vie. Un manque d'amour.

Voilà les problèmes de la fin de vie. C'est pas la mort qui nous manque.

Il faut se débarrasser de cette idée débile que l'autonomie personnelle exige qu'on a le droit ce qu'on veut avec notre corps quelque soit les conséquences pour les autres.

Il y a des demandes qui sont irrationnels. Demander la mort, c'est irrationnel. C'est un cri du coeur. C'est un souhait de mettre fin à la souffrance.

On n'est pas obliger de respecter les désirs irrationnels. Ce n'est pas parce que nous sommes des êtres autonomes que ça valide nos désirs.

Il faut être en mesure d'évaluer ce que les gens nous demandent, et savoir si ça du bon sens ou non. Il ne faut pas faire de l'autonomie individuelle notre idole.

Parce que les individus demandent des choses s'en penser à la signification de leur geste ou de leurs conséquences. On n'est pas absolument obligé de respecter l'autonomie individuelle. On est obligé de respecter la vérité et le bons sens.

2 commentaires:

Sébas a dit...

Pas mal d'accord avec vos propos.

L'acharnement thérapeutique n'est pas une position intelligente. AUCUNE croyance (ou personne saine), ne prône ça...

Autre chose:

Pour ceux qui veulent mourir à tout prix et qui n'ont pas le courage de se donner la mort de façon violente, il y a une solution:

Ne plus se nourrir... ou demander qu'on ne les nourrissent plus de force.

J'ai lu (mais faudrait confirmer) qu'à un certain moment donné, la personne qui fait ça, rentre dans un coma*... et ensuite meurt.

*
« Coma stade 3 » : c'est le coma profond ou coma carus. Il n'y a plus aucune réaction aux stimuli douloureux.

Cesco a dit...

Tuer les vieillards : une barbarie dont parlait déjà Hérodote : selon lui, les Massagètes mangent les vieillards devenus trop faibles