12 novembre 2010

Le foetus est un être humain à part entière




Le philosophe John Finnis de l'Université d'Oxford: (Traduction d'un texte anglais)

Toutes sortes d’étapes ont été proposées pour « devenir une personne » ou pour « acquérir un statut moral » : l’implantation, le développement de la ligne primitive, la vie cérébrale, la capacité de ressentir, la première perception des mouvements fœtaux par la mère, la viabilité en dehors de l’utérus, la naissance elle-même, la naissance elle-même sauf si elle fait suite à un avortement provoqué, la formation des désirs, la formation des concepts, la formation de la conscience de soi, avoir le sens de la valeur de sa propre existence – mais toutes ces étapes s’excluent mutuellement, et de toute façon, puisque l’on requalifie maintenant le seuil pour parler des désirs, de la conscience de soi, ou de l’envie consciente de rester en vie, nous plongeons désormais loin, très loin dans le territoire de l’infanticide avec Peter Singer et Jeffrey Reiman. Ce sont des positions qui, bon gré, mal gré, sont incompatibles avec l’affirmation non-arbitraire de la possession de la personnalité chez les adultes qui sont dans un état d’inconscience, même temporaire. Et ce qui cloche dans le principe de leurs positions est qu’ils nient l’égalité humaine, en élevant divers animaux sub-rationnels de leur choix au-dessus de jeunes bébés en bonne santé pendant les semaines, les mois et même des années après la naissance, et au-dessus des handicapés profonds, physiques ou mentaux.


Ce qu’il faut dire à propos du statut moral, si vous croyez de près ou de loin à la moralité, c’est qu’il n’est pas une affaire de choix, ou de concession, ou de convention, mais de reconnaissance. Si vous entendez quelqu’un parler de conférer ou d’accorder un statut moral, vous savez tout de suite que cette personne est dans un état de confusion très profonde en ce qui concerne la moralité et le statut moral. L’idée même des droits et du statut de l’homme implique qu’il a de l’importance, que cela nous plaise ou non, et même lorsque personne ne pense à lui ; et qu’il a de l’importance, que cela nous plaise ou non, comme étant au fond un égal, parce que semblable à nous dans sa nature en tant qu’être substantiel.

Cette importance est la base immédiate du respect, et même du respect de soi, et de la culpabilité ou du remords quand on trahit autrui. Elle se situe dans le territoire de ce que nous appelons le « sens », qui transcende le temps et le lieu, et nous force à parler de l’esprit ou de l’âme, et de la liberté de choix. Si nous pensons de manière consciente aux réalités du domaine de l’intériorité partageable, nous savons ce que c’est que d’être une personne développée et consciente : un être qui constate qu’il a lui-même (ou elle-même) une nature rationnelle et des capacités qui combinent l’intelligibilité et l’intelligence. Une nature qui se constate et qui se reconnaît, et qui ne se confère pas.

Si l’on s’interroge sur ses propres origines personnelles, on peut remonter vers ses tout premiers souvenirs, puis vers les premières photographies, celles qui précèdent les souvenirs subsistants mais qui vous montrent comme un centre de vie personnelle ; puis encore vers le vie avant la naissance qui était à peine ou pas du tout consciente, mais qui peut être documentée dans les photos d’échographies qui vous montrent comme un mâle blanc suçant son pouce, ou une vigoureuse boxeuse féminine chinoise, ou quoi que ce soit. Nous ne sommes alors qu’à quelques mois de notre conception. Mais il est certain que nous avons commencé avant.

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