23 novembre 2010

Le changement politique, ça vient de la culture, pas des politiciens

Selon un sondage QMI-Léger Marketing, 39 % des électeurs se disent de «centre-gauche», auxquels s’ajoutent 35 % souhaitant d’ici 2020 l’avènement d’une société carrément «de gauche, solidaire et communautaire». Près de 20 % des électeurs estiment d’ailleurs que les groupes communautaires devraient « exercer plus de pouvoir ».

À droite de l'échiquier politique, seulement 26 % des Québécois souhaitent un Québec «moins réglementé, donnant une plus grande place au secteur privé» et favorisant «la loi et l’ordre».

Question:

Quel pourcentage de ces gauchistes sont des électeurs réguliers?

Ce qu'il faut comprendre, c'est que le véritable moteur du changement politique, c'est la culture.

Pourquoi est-ce que les gens se disent "de gauche"?

Est-ce vraiment parce qu'ils ont tous été exposés à une présentation éclairée des choix idéologiques?

J'ai mes doutes.

Ils sont de gauche parce que les artistes sont de gauche.

Si les gens veulent vraiment changer la tendance politique, il ne faut pas juste penser aux élections et aux échanges de nature politique.

Il faut penser à la culture.

Il faut que des récits droitistes se faufillent dans l'esprit des québécois.

Qu'est-ce que j'entends par ça?

Vous savez, ce ne sont pas seulement les religieux qui ont des "mythes". Par "mythes" je ne parle pas d'histoires fictives. Je parle d'histoire explicative qui n'est n'est pas purement scientifique mais qui n'est pas irrationnel non plus.

L'être humain pense avec des mythes. J'ai étudié en histoire. Et la façon dont on se souvient de l'histoire n'est pas scientifique, en général. Ce qu'on se rappelle se sont des tableaux, des récits, des schémas.

Comme le mythe typique souverainiste c'est que les méchants anglais nous ont conquis on cherché à nous éliminer et que le but du Québec c'est la survivance.

Ou, un autre exemple, la crise économique dans le monde est dû à un libre marché qui manque de réglementations.

Ces fils n'entrent pas dans la conscience des gens principalement par des discours politiques. Bien sûr c'est nécessaire d'en faire (pour que les autres prennent le flambeau).

Mais la plupart des gens sont influencés dans leur choix politique par les émissions de télé, les revues, les bouquins et ainsi de suite.

Je ne dis pas que la culture c'est tout. Il n'y a pas de silver bullet, de solution qui promet de nous livrer tout ce qu'on veut.

Mais sans la culture, la droite ne s'enracinera jamais. Il faut gagner le vote des non-électeurs si on veut gagner des élections.

Déjà la droite a ses stations de radio. C'est un bon début. Mais il faut diversifier l'expression des idées droitistes dans toutes les sphères culturelles.

1 commentaire:

PiLuc a dit...

Je suis d'accord sur le fond, et je suis arrivé au même constat: la droite restera confinée dans un statut d'infériorité tant qu'elle ne sera pas capable de faire valoir ses conceptions dans toutes les sphères de l'intelligence, ce qui inclut l'art. L'absence d'une position intelligente sur la place de l'art dans une société moderne est l'une des faiblesses les plus frappantes de la pensée conservatrice canadienne.

Je suis cependant loin de penser que les artistes ont un si grand pouvoir pour façonner l'opinion du public, du moins au Québec.

Il y a aussi une chose sur laquelle on doit insister. La vocation de l'art n'est pas de servir des idées politiques. Toute oeuvre dont le principe est subordonné à une critique sociale est nécessairement une oeuvre incomplète et de piètre qualité. C'est de la polémique, et rien de plus.

L'influence de l'art est plus subtile et plus indirecte, elle prend du temps à s'exercer. La droite ne reprendra pied dans le domaine de l'art que lorsque des artistes, eux-mêmes conservateurs, inséreront leurs propres valeurs dans des oeuvres qui n'auront pas d'autre but qu'elles-mêmes. Le public sera d'autant plus touché qu'il ne sentira pas qu'on tente de le convaincre, ce qui est le mal de la politique.