4 octobre 2010

Pourquoi les conservateurs détestent la classe médiatique

Aujourd'hui dans sa chronique, Richard Martineau lamente la montée des gens "imbéciles" dans le Parti Républicain.

Ajoutez à ce cirque politique une méfiance pour tout ce qui semble un tant soit peu «intellectuel» (la grande époque des Mailer, Updike, Vonnegut et Vidal est bel et bien morte) et vous vous retrouvez avec un pays en déroute totale.

J'ai toujours pourfendu l'antiaméricanisme primaire. Mais j'avoue que mes voisins du Sud m'inquiètent. J'ai l'impression d'habiter à côté d'une famille de consanguins qui passent leurs journées à jouer du banjo sur leur balcon.

Plus ça va, plus je crois qu'Obama risque effectivement de se faire descendre.

Pas parce qu'il est noir. Mais parce qu'il est intelligent.

J'avoue que dans la droite, il y a des gens qu'on peut caractériser comme pas très intelligent.

Mais c'est la même chose dans tous les mouvements.

Regarde le mouvement souverainiste. Il contient son quotient de crackpots et de sans-génie. On a tous connu le souverainiste du fond de rang qui ne connaît pas la différence entre l'Ontario et les States, qui ne sait pas un mot d'anglais, et ne veut pas l'apprendre, et qui s'abonne pas au câble parce que son monde mental se limite à Radio-Canada, TVA et TQS; tsé le gars qui, quand il racconte un anglais, il est tout étonné parce que maintenant le bouc-émissaire de son imagination est maintenant chair et os (et esprit, espérons).

Je suis certaine que vous pouvez en rajouter à cette description.

Dans le fond, les journalistes comme Richard Martineau méprisent le peuple ordinaire. Je ne dis pas que je suis d'accord avec le fait de dire qu'Obama est un musulman (je suis profondément sceptique de ça) ou qu'il est né au Kenya (je ne suis pas certaine qu'il est américain mais je n'ai pas de preuve solides au contraire) ou qu'Obama est un véritable communiste. Cependant, je n'ai pas fait des recherches là-dessus. Et je ne suis pas sûre que Martineau l'a fait non plus. On n'a pas le temps de vérifier tous les ouï-dire que les gens transmettent pour démolir l'advérsaire. Dans la bataille politique, il se dit toutes sortes de conneries. On disait de George Bush qu'il était nul malgér son MBA de Yale. George Bush n'était peut-être pas le gars le plus songé, mais s'il a réussi son MBA, c'est parce qu'il était assez intelligent pour le faire.

Les gens veulent élire des politiciens qui ont des valeurs semblables.

Je vois vénir l'objection: mais, ce sont les valeurs qui font défaut.

Et voilà le véritable hic.

La classe journaliste est imprégnée d'un sentiment de supériorité face à la plèbe, surtout la plèbe de droite.

Mais pourquoi?

C'est à cause, en parti, du milieu intellectuel.

Martineau a dit que les républicains étaient contre tout ce qui est intellectuel.

Il n'est pas sans raison.

Mais, qu'est-ce qui passe pour "intellectuel" dans le milieu académique.

Le socialisme. Le relativisme. Le post-modernisme. Tout le tralala politically correct.

Ce sont des gens qui cherchent à défendre les intérêts du peuple-- parce qu'ils savent mieux qu'eux-- sans les interroger sur ce qu'ils veulent. Ils défendent l'autonomie des individus (surtout des femmes et l'avortement) mais qu'ils ne le reconnaissent pas vis-à-vis à la plèbe parce qu'ils sont trop niaiseux pour ne pas être socialistes.

Je suis intellectuelle par nature. Je suis aussi de droite. J'ai fait une session à la maîtrise en littérature anglaise. Il fallait que je lise des niaiseries qu'on nommait des "théories" mais qu'on traitait comme des faits. Pour une personne formée en histoire, c'était difficile à avaler. On disait des bêtises historiques, mais comme la réalité est "construite" ce n'était pas grave.

C'est un peu la même chose avec les Républicains. Ils ont tous subi le même genre de niaiseries. Ça serait un préjugé de dire qu'ils sont en majorité des niaiseux. Mais, comme les journalistes sont issus du milieu universitaire et vivent dans un monde plein de préjugés contre la droite, et qui ne prennent pas la peine de vraiment enquêter sur leur sujet, c'est complètement acceptable de dire Sarah Palin est une idiote. Pas pire la femme, elle s'est faite élire gouverneure de l'Alaska. (Seriez-vous capable de vous faire élire?) Elle est tellement niaiseuse la fille qu'elle a écrit un livre et elle en vendu quelques millions de copies.

On ressent la jalousie des journalistes qui veulent écrire un livre un jour.

Les journalistes ne prennent même pas la peine de comprendre leur sujet. Juste un exemple de Martineau:

Même le très conservateur David Frum, ex-rédacteur des discours de George W. Bush (

Très conservateur? Yé-tu malade? Frum est l'équivalent conservateur de la gauche caviar. Il se promène dans les milieux conservateurs et se pense ben hotte, mais il l'a pas dans l'âme. C'est comme les gauchistes qui dénoncent les émissions carbonnes mais qui voyagent en avion privé. Lui il promouvoie le Parti républicain, sauf les politiques qu'il n'aime pas comme celle sur l'avortement et le mariage.

Aux États, il ne passe pas pour un ultra-conservateur pour la basse militante, ça c'est sûr.

Mais j'ai l'impression que Martineau limite ses recherches aux publications officielles et plus raffinnée de la droite caviare. Moi-même, je suis quelque milliers de conservateurs américains sur Twitter, et j'ai l'impression de mieux saisir le pouls de la droite américaine que lui. Pis je pense que c'est la même chose pour bien des journalistes. Ils se présentent comme les racconteurs officiels de notre cultures, et parlent de gens qui font parti de leur lectorat (à peine) mais ils ne font pas l'effort de vraiment les connaître. Et même s'ils prenaient le temps, on sait qu'ils sont tellement biaisés que leurs filtres idéologiques leur empêcheraient de voir clair.

Pis c'est pour ça que la droite n'aime pas la classe médiatique. Tant que ces journalistes se pensent vraiment callés et qu'ils n'ont rien à apprendre, ils vont continuer à aliéner une partie importante de la population.

Aucun commentaire: