21 octobre 2010

Les écoles et le combat pour le français

Richard Martineau a écrit:

"Si les immigrants parlent de plus en plus français, s'ils réussissent à s'intégrer et à prendre leur place, s'ils jouent un rôle de plus en plus important dans la construction du Québec moderne, ce n'est pas parce qu'on leur a permis d'étudier dans la langue de leur choix.

C'est parce qu'on a voté une loi les OBLIGEANT à fréquenter l'école française ! "

On peut se poser la question.

Pourquoi est-ce que les immigrants ne feraient pas autrement?

C'est sûr que l'anglais a la cote dans le monde des affaires.

Mais, les immigrants qui vont à l'école anglaise à Québec finissent par apprendre le français. J'en ai vu. Ils n'en ont pas le choix. Des américains, des Britanniques, des gens de toutes origines.

Alors, dans un contexte francophone, les immigrants vont l'apprendre, qu'ils aillent à l'école anglaise ou non.

Le problème, c'est que Montréal a une très importante communauté anglophone, qui a un poids démographique assez importante pour faire en sorte qu'une personne qui ne veut pas vivre en français est aisément capable de le faire.

Les francophones sont relativement peu présents sur l'Île de Montréal.

Il ne faut pas blâmer les anglophones, ni les immigrants pour ça.

Mais c'est un peu drôle de forcer des immigrants de fréquenter l'école dans une langue qui n'est pas vraiment présente au Centre Ville de Montréal.

Encore une fois, ce sont les autres qui paient pour le manque d'effort des francophones pour soutenir leur propre population.

Dans le fond, ça devrait être les francophones qui soutiennent le niveau de population (et même assurer sa croissance) en ayant assez d'enfants.

Mais ça ne fait pas partie des priorités. Alors, on devrait accepter les conséquences de nos choix.

Mais c'est plus facile de forcer les autres de faire la volonté collective pour compenser pour le manque d'action.de sa part.

Bon, vous m'allez dire que c'est normal que des immigrants apprennent la langue officielle.

J'en conviens. Mais, en tant que citoyens, les immigrants n'ont-ils pas le même droit à la liberté que les autres? Oui, ils ont une responsabilité d'apprendre à parler français, mais est-ce qu'il est nécessaire de l'apprendre à l'école? Pas nécessairement.

Et une autre chose. Tant qu'à forcer les immigrants à fréquenter l'école française, pourquoi ne pas obliger toutes les écoles d'avoir le même programme de français?

À quoi bon un programme de "français langue seconde" comme j'ai eu au secondaire? Ça n'aide personne à permettre aux anglophones une programme moins riguoureux. La grande majorité des anglophones sont bilingues. S'il y en a qui ont des lacunes, on a juste à les envoyer à des cours de rattrapages, comme dans les écoles françaises. (En passant, j'ai appris à écrire à l'université.)

Autre chose: ces lois linguistiques ont l'effet de punir les francophones plus que d'autre chose; surtout les francophones en region.

Les écoles anglophones des régions et les francophones désireux d'apprendre l'anglais pourraient s'aider mutuellement . Ces écoles souffrent souvent d'un manque d'effectifs et la miniscule population des écoles rend difficile la création de services. Cependant, comme il n'existe aucun danger d'assimilation dans les régions, peut-être le gouvernement aurait intérêt à permettre aux écoles anglaise un certain nombre d'élèves francophones-- pour commencer.

Les francophones en région ont plus de misère à apprendre l'anglais puisqu'ils ont peu de contact avec des anglophones, et c'est en écoutant la langue parlée qu'on l'apprend. Permettre des élèves francophones à l'école anglaise leur donnerait une meilleure chance pour avoir une meilleure éducation sans vraiment mettre en danger le caractère français du Québec.

Défendre sa langue n'a rien de mal. Ce qui est désuèt, c'est l'emploi de l'État pour faire ce qu'on devrait faire pour nous-mêmes. La liberté ça responsabilise. Il faut prendre les mesures nous-mêmes, au lieu de s'attendre à ce que les autres le font, surtout avec des lois restrictives.

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