16 septembre 2010

La société a besoin de religion pour être libre

Extrait de l'homélie du Pape Benoît lors de sa visite en Écosse:

L’évangélisation de la culture est d’autant plus importante de nos jours, alors qu’une "dictature du relativisme" menace d’obscurcir l’immuable vérité sur la nature humaine, sa destinée et son bien suprême. Certains cherchent aujourd’hui à exclure la croyance religieuse du discours public, à la limiter à la sphère privée ou même à la dépeindre comme une menace pour l’égalité et pour la liberté. Pourtant, la religion est en fait une garantie de liberté et de respect authentiques, car elle nous conduit à considérer chaque personne comme un frère ou une sœur. Pour cette raison, je lance un appel particulier à vous les fidèles laïcs, en accord avec votre vocation et votre mission baptismales, à être non seulement des exemples de foi dans la vie publique, mais aussi à introduire et à promouvoir dans le débat public l’argument d’une sagesse et d’une vision de foi. La société d’aujourd’hui a besoin de voix claires qui prônent notre droit de vivre, non pas dans une jungle de libertés autodestructrices et arbitraires, mais dans une société qui travaille pour le vrai bien-être de ses citoyens et qui, face à leurs fragilités et leurs faiblesses, leur offre conseils et protection. N’ayez pas peur de prendre en main ce service de vos frères et sœurs pour l’avenir de votre nation bien-aimée.

Je sais que je vais frustrer les non-croyants qui me lisent. Mais lisez avant de vous fâcher! :)

Je ne dis pas que le gouvernement a besoin d'être une théocratie, c'est-à-dire, que sa législation a besoin d'être le produit de gens d'une religion ou d'une dénomination en particulier. Même je suis contre cette ideé. Bien que selon moi les idées chrétiennes sont les meilleurs, il faut que les lois aient le potentiel d'être crédibles à tous, et donc il faut qu'elles soient basées sur la raison. Je ne veux pas exclure qui que ce soit du gouvernement, pourvu qu'il ait des bonnes idées.

Je ne dis pas ceci en essayant de vous convaincre de devenir croyant. Ce que je vais dire est vérifiable, indépendamment de votre propre croyance.

Lorsqu'on parle de créer une société libre, il faut tenir en compte la véritable nature de l'homme. Il faut savoir ce qu'il est pour promouvoir ses intérêts.

Dans l'histoire de l'humanité, quatre-vingt-dix-neuf pour cent des gens étaient des croyants ou démontrant une tendance religieuse quelconque. Ce n'état pas tous de croyants dévoués-- il faut s'entendre. Mais disons que l'agnosticisme de nos jours était un phénomène minoritaire jusqu'au vingtième siècle.

Chaque instance de vouloir créer ou imposer de l'athéisme ou une forme d'incroyance sur la population à mener à un échec total.

Les exemples les plus évidents, ce sont bien sûr les régimes communistes. Dans l'URSS seul, des dizaines de milliers de prêtre ont péri, sans parler des laïcs.

Mais un autre exemple on a tendance à oublier, c'est la Révolution Française.

Certains diront que ces tenatives ont échoué puisque les décisions émanaient des dirigeants et que ceux-ci essayaient d'imposer leurs points de vue, tandis qu'aujourd'hui le peuple choisit d'abadonner la religion, et que la religion n'est plus nécessaire à la société.

C'est vrai que l'abandon du christianisme est un phénomène culturel, et non un décision gouvernementale.

Cependant, bien que les gens abandonnent le christianisme, ça ne signifie pas autant qu'ils rejettent la religion en tant que telle.

Les livres esotériques, l'astrologie, l'intérêt pour les phénomènes surnaturels sont une forme de religion. Ce sont tous des recherches de vérités de l'au-delà. On n'a pas besoin de croire en Dieu pour croire en la réincarnation. Les gens abandonnent le christianisme aussi pour des religions qui ne sont pas trop axées sur la révélation divine-- le bouddhisme, le hindouïsme, certaines formes de judaïsme.

Ce que j'essaie de dire c'est que même si certaines gens disent vivre comme athées ou agnostiques, certaines pratiques montrent un tout autre penchant.

Ce qui prouve ma thèse originale: l'homme est un être religieux. Il cherche des vérités et de la signification transcendante. Les véritables matérialistes convaincus sont des gens très rares, et forment une très petite minorité dans l'histoire de l'humanité.

Vous m'allez dire: mais c'est normal que les gens des siècles antérieurs étaient des croyants: ils étaient ignorants de bien des choses: des faits scientifiques, des connaissances psychologiques, et ainsi de suite. Ils étaient croyants par ignorance.

C'est vrai que la religion aidait à expliquer des phénomènes inconnus auparavant. Mais. les connaissances ne donnent pas toutes les réponses à nos questions plus fondamentales. Les connaissances ne donnent pas non plus de la sagesse.

On a tendance à prôner penser pour soi-même, développer ses propres valeurs, exercer une pensée critique. Mais dans le fond tout ça c'est réinventer la roue. Je ne dis pas qu'on doit accepter tout ce qu'on nous dise sans questionnement. Mais, les religions ont exercé une fonction très utile en transmettant la sagesse des générations.

Il y a des idées qui sont transmises génération après génération parce que elles fonctionnent. Que vous croyez au christianisme ou non, il y a dans les Évangiles des idées qui marchent très bien.

Quand on abandonne la religion, en quelque sorte, on abandonne cette sagesse. C'est certain que la présente génération de non-croyants sont formés par les idées de l'Évangile, si ce n'est qu'indirectement. Mais plus on s'éloigne de la religion, plus on s'éloigne de ce puit de sagesse, si on peu l'appeler comme ça. Oui, lorsqu'on n'est plus croyant, on est forcé à penser pour soi-même, mais justement, on est dépourvu de guides et de bornes. La poursuite de connaissances, de vérités et de sagesse n'est jamais une affaire individuelle, mais notre société le dépeint comme telle parce qu'on a horreur de vivre selon la vérité des autres, mais c'est ce qu'on fait de toute façon grâce à nos médias de masse.

Les gens cherchent malgré notre abandon de la religion. Ils cherchent des vérités, des idées, de la sagesse, des choses qui surpassent notre quotidien pour leur donner un sens à leur vie.

C'est clair à tout ceux qui veulent voir clair, que l'homme est un être religieux.

L'homme voit dans son intérêt la poursuite de idées et des pratiques religieuses.

Qu'on soit d'accord avec la religion ou non, c'est un fait.

Pour que la société préserve la liberté de l'homme, il faut que la société reconnaît la religion et sa fonction.

Sinon, la société ne peut pas être libre. Parce qu'elle nie une partie fondamentale de l'être humain. Et une société qui ne reconnaît pas la véritable nature de l'homme ne peut pas être libre.

Est-ce que ça nécessite la reconnaissance d'une religion officielle? Non. Est-ce que ça nécessite qu'on accepte sans critique n'importe quelle idée ou pratique religieuse? Bien sûr que non.

Mais, comme l'homme est toujours à la recherche des vérités plus élevées que son vécue quotidienne c'est normal et naturel qu'il va se rassembler avec d'autres avec des idées semblables et former des communautés religieuses. Donc, la religion va toujours exister, et que c'est une partie nécessaire de la société.

Ce que j'essaie de contrer, c'est la tendance de voir en la religion une préférence personnelle; une espèce de hobby privé, au même niveau que la collection de timbres.

La religion doit être reconnue pour la fonction qu'elle occupe dans la vie de l'homme et protéger sa fonction. Qu'on soit d'accord avec la religion ou non, ce n'est pas la question. La question c'est de reconnaître l'être humain en ce qu'il est, et si on n'est pas capable, on ne peut pas vraiment arranger la société pour qu'elle soit libre.

Mais, si on reconnaît la religion comme un aspect nécessaire de l'être humain, il faut respecter l'expression publique de celle-ci, comme une partie intégrale de l'expérience humaine. Donc, on doit permettre que l'homme base ses gestes publics et privés sur ses valeurs religieuses. Si on oblige l'homme de "laisser sa religion" à la maison, on lui demande, en quelque sorte de se nier et ne pas exercer sa propre sagesse.

On ne serait pas une société véritablement libre dans ce cas-là.

1 commentaire:

Sébas_016 a dit...

C'est probablement une de vos meilleures analyses à ce jour.

J'ai cependant une petite nuance à faire par rapport à cet extrait:

"La poursuite de connaissances, de vérités et de sagesse n'est jamais une affaire individuelle, mais notre société le dépeint comme telle parce qu'on a horreur de vivre selon la vérité des autres, mais c'est ce qu'on fait de toute façon grâce à nos médias de masse.

Cette quête de sagesse, de vérité, etc, est une affaire STRICTEMENT PERSONNELLE ET UNIQUE POUR CHAQUE PERSONNE, et c'est ça que Jésus reconnait avant tout, i.e. une relation personnelle et unique avec Lui. Par contre, c'est absolument vraie que cette quête ne se fait pas en vase clos, qu'elle se fait souvent à l'intérieur d'un groupe, d'une culture particulière, etc, sauf pour un ermite... mais encore là, il va souvent la faire avec une Bible, quelques livres, la nature sauvage et Dieu.
;-)