27 septembre 2010

La droite: C'est-tu juste pour la piasse?

Richard Martineau soulève des objections contre la droite et le mouvement RLQ:

À en croire les ténors de la droite (surtout ceux qui sont concentrés dans la région de Québec et qui ont les péquistes en horreur), tout ce qui touche de près ou de loin la question constitutionnelle et les relations Québec-Ottawa est une vaste perte de temps.

La défense du français, la laïcité, les accommodements raisonnables, la question identitaire, le Québec bashing, les écoles passerelles, le voile -toutes ces questions sont des débats stériles et inutiles alimentés par des nationalistes paranos et vaguement xénophobes.

Il n'y a qu'une chose de vraie : l'économie.

Le reste, c'est de la bouillie pour les chats.


Le problème c'est que la droite doit apprendre à marcher avant de courir. Alors c'est normal que, pour le moment, la droite doit se limiter à la "droite pragmatique". Si les droitistes doivent se mettre d'accord sur un paquet de sujets avant de faire que ce soit, la droite n'avancera jamais.

Mais, d'une certaine manière Martineau a raison.

La droite ne pourra pas se limiter uniquement à des questions économiques.

Mais c'est plus d'une question de dossiers sociaux.

Il faut que la droite va à la racine même des problèmes. Elle se situe au niveau philosophique et intellectuel.

J'ai déjà abordé cette question dans plusieurs autres billets.

Comme celui-ci:

D'après moi, ce qui manque à la droite "pragmatique", c'est une base culturelle et philosophique appropriée. Sans un fondement intellectuel, je crains que le mouvement de droite va s'effriter. Je sais qu'on parle beaucoup de réduire l'État, baisser les taxes et améliorer la productivité économique-- toutes des choses désirables bien entendu-- mais on ne peut pas bâtir une société véritablement libre uniquement sur des questions de "piasses". (Attention, passe philosophique qui peut sembler prétentieuse) La liberté est quelque chose qui est nécessaire pour l'humain. Il faut comprendre l'humain dans ce qu'il est véritablement pour comprendre comment il faut bâtir une société qui respecte sa nature. Parce que couper les taxes juste pour mettre plus de l'argent dans mes poches, c'est aussi matérialiste que d'insister sur des programmes sociaux pour ne pas être obligé à travailler. Je comprends que la différence c'est que les coupes de taxes me redonne MON argent, mais, on ne crée pas la société juste pour la piasse, même si cet argent nous appartient. Il y a des questions plus profondes qui doivent être abordées, et je comprends que dans le cadre d'un mouvement comme celui-ci, c'est un peu trop complexe pour que ça soit à l'avant, mais dans le background, il faut qu'il y a une refléxion plus profonde que des slogans et des clichés économiques (aussi vrais soient-ils!)

Ou encore ce billet sur la nécessité d'affirmer sa capacité à raisonner, et donc, à contrer la pensée gauchiste:

L'être humain est capable de savoir la réalité des choses uniquement avec sa raison, en dépit de l'imperfection de nos sens. Ce n'est pas parce qu'on a tort quelque fois, qu'on a tort TOUT le temps. La force de l'expérience prouve le bien-fondé de nos idées. Je prêche pour un genre de "gros bon sens".

Il faut une certaine humilité intellectuelle. On a parfois tort, et il faut être prêt à raffiner ce nos connaissances. Mais on ne jette pas toute la sagesse humaine qu'on a accumulée juste parce qu'on s'est planté ici et là. Parce que l'alternative-- se fier uniquement à notre "intuition" et notre "vécu" est encore pire.

Les questions économiques ne sont qu'un début pour la droite. Si on veut vraiment défaire l'État-Providence, ON NE PEUT PAS SE LIMITER aux questions économiques. Il faut comprendre et réfuter l'édifice intellectuelle qui le soutient, DANS TOUTES SES SPHÈRES.

Sinon, on va toujours être en train de refaire les combats du passé. Des étatistes de droite vont constater que le budget est équilibré, donc qu'ils vont se croire justifiés à accumuler des déficits-- parce qu'on va être capables de les repayer.

Ce n'est pas ça le but. Le but c'est de créer une société où l'État performe efficacement les fonctions propres à l'État-- préserver la paix, s'occuper des infrastructures et défendre les droits des citoyens.

Si on ne résoud pas les autres questions, c'est certain que, compte tenu de la mentalité du Québécois moyen, des étatistes vont légiférer des lois qui iront au sens contraire de la liberté. On n'équilibre pas des budgets pour créer plus de programmes sociaux. On n'élimine pas des secteurs inutiles de l'État pour en remplacer avec d'autres qui sont aussi inutiles. Si on coupe les taxes, c'est par principe de créer une société plus libre, on pas nécessairement une société plus riche-- bien que c'est le résultat inévitable

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