14 juin 2009

Pas d'artistses anglophones à la St-Jean...ou pourquoi j'ai quitté le Québec

Pas de surprise.

Le nationalisme à saveur séparatiste est entre deux chaises. D'un côté, les nationalistes s'inquiètent du déclin du français au Québec (lire: Montréal) mais, de l'autre, ils ne veulent pas être exclusionnaires et taxés de "racistes".

Mais le nationalisme est exclusionnaire. Si le nationalisme Québecois a comme fondement la langue, les autres langues n'auront pas le même droit de cité. Et par extension, ceux qui veulent participer à la vie publique dans ces langues seront, en quelque sorte, exclus, ou du moins dévalorisés.

Si la langue et la culture française n'est pas à la base du projet souverainiste, pourquoi faire la souverainté?

Si c'est la base, alors comment peut-on dire que c'est un projet inclusif?

Les "autres" n'ont pas la même valeur au Québec, du point de vue politique. Les Québécois sont très gentils et très accueillants, mais lorsqu'il s'agit du nationalisme et des questions linguistiques, les nationalistes durs nous rappellent toujours la véritable nature du projet souverainiste.

Je crois que le projet souverainiste est voué à l'échec d'une manière ou d'une autre. D'une part, le fait que la souverainté se fait en raison de la culture, tandis que le taux natalité est en déclin signifie que la ferveur souverainiste ne pourra pas brûler à la longue. Le sentiment d'appartenace québécois est tissé par l'expérience et l'histoire commune des gens. Ce sentiment s'essoufflera lorsque les gens d'origine immigrante seront majoritaires. L'immigrant ne voit pas dans le paysage et l'histoire les exploits de ses ancêtres comme font les Québécois de souche. Le combat commune pour la "survivance" n'est pas la sienne. L'histoire des conflits n'iront pas le chercher dans les tripes, comme ça se passe maintenant. Peut-être, comme moi, il a un parent d'origine de souche. Mais avec les générations, ce sentiment d'apparentance va diluer, parce qu'il aura d'autre liens d'appartenance, comme je me sente aussi anglaise que québécoise.

La souverainté va perdre son sens pour ces gens-là.

Mais, même si un jour le Québec se séparerait du Canada, le projet va tomber à l'eau, justement parce que dans le contexte présent, la démographie est contre la préservation d'un Québec français. Comment veux-tu que le Québec devient fort si les Québécois refusent d'avoir des enfants? Regarde comment l'immigration mine au caractère national des pays européens. Les pays d'Europe ne sont plus mono-éthinique, si vous me permettez l'expression. Je suis contre l'idée d'une culture figée, non-accueillante et sans minorités. Mais quand un grand nombre de nouveaux-arrivés démanagent dans votre pays, et ils n'ont pas les mêmes idées et les mêmes coutumes, ça ne peut que miner à la stabilité sociale. Les attentes des immigrants ne sont pas nécessairement ceux des gens de la place. On a beau jouer le naïf et penser que tout le monde a de bonnes intentions et qu'on va finir par trouver une solution qui plaît à tout le monde, on a juste à regarder l'Europe, et on peut voir que les solutions ne font pas toujours l'affaire à tout le monde.

Tout ça pour dire que le nationalisme souverainiste est un non-sens et est de moins en moins cohérent. Toute cette histoire pour des artistes anglophones, quand le vrai problème est démographique. Tant est aussi longtemps que les Québécois refusent d'avoir plus de deux enfants, rien ne sera réglé. Mais c'est pas à la mode de dire aux gens d'avoir plus d'enfants, parce que selon les féministes, ça réduit les femmes à des machines à bébés. Comme si prendre la décision d'en avoir trois c'était une décision imposée!

J'aimerais bien savoir le taux de natalité des natioanalistes durs. Ça, ça serait un sondage interessant. Est-ce qu'ils s'attendent aux autres de régler le problème démographique du Québec? Où est-ce qu'ils n'y en voient pas?

7 commentaires:

Suzanne a dit...

N'importe quoi! Le Québec est un état francophone alors je ne vois pas pourquoi il y aurait des artistes anglos à la St-Jean.

Suzanne a dit...

Peut-être parce que ça leur tente.

Suzanne a dit...

Je ne comprend juste pas qu'est-ce qui empêcherait des anglophones d'aller participer au spectacle de la St-Jean. Oui, bon la St-Jean c'est la fête des Canadiens-francais... Mais c'est en même temps la fête nationale du Québec. Et il y a des anglophones Québécois! C'est quoi là maintenant, pour être Québécois, il faut être blanc francophone catholique, si non t'es pas dans le coup? Et après on se demandera pourquoi les anglos sont et seront toujours contre la souveraineté. Ils savent bien que ce projet est exclusif et malheureusement c'est bien vrai!

Et c'est bien triste parce que si il serait plus inclusif je pense bien qu'on serait souverain depuis 1980 et je serais le premier a voter OUI dans un référendum!

Suzanne a dit...

Si tu penses que les anglophones seraient plus pour la souverainté si ce projet était plus "inclusif", j'ai des nouvelles pour toi...

Les anglophones se sentent canadiens. Ils aiment les deux-- le Canada et le Québec. Mais les souverainistes demandent de favoriser un sur l'autre.

Suzanne a dit...

Il y aurait certainement plus que 5% de souverainistes anglophones. Peut-être pas la majorité, mais ça aiderait certainement.

Suzanne a dit...

Je n'ai pas de sondages, mais compte-tenu de mon expérience parmi les anglophones de Québec, ils sont quasiment inexistants. J'en ai connu, mais ils sont souvent des bilingues qui s'identifient plus à la culture francophone.

Des véritables anglophones pour la souverainté, c'est extrêmement rare.

Suzanne a dit...

Merci, Suzanne, pour un article excellent! Moi aussi je suis à Ottawa, mais j'ai vécu dans la "Belle Province" pendant quelques années. Je suis revenu à Ottawa pour exactement la même raison que vous. Oui, les Québécois sont bien gentils et sympathiques, mais le project exclusiviste des séparatistes m'a obligé de quitter la province. Un non-francophone (surtout une personne d'une minorité visible, comme moi) ne se sentira jamais à l'aise dans cette province (Vous vous souvenez peut-être de ce commentaire de Jacques Parizeau que le vote OUI a été perdu grâce aux anglophone et minorités ethniques à Montréal?). Ce que je ne comprends pas le plus, c'est que j'ai rencontré même des membres du clergé catholique (et même les laïcs catholiques) qui se disent séparatistes. Depuis quand le catholicisme est-il devenu une religion exclusiviste? Catholique veut dire universel, et le salut offert par le Christ et proclamé avec audace par l'Église Catholique est pour tous ceux qui le veulent. Le Catholicisme n'est pas une religion de cliques ou de "special-interest groups". Être à la foi catholique et séparatiste est une contradiction flagrante, selon moi, puisque le catholicisme est une religion d'unité -- pas de ségrégation. Encore une fois, merci pour l'article excellent!