7 mai 2009

Les valeurs religieuses et la vie publique

Normalement, je trouve que les idées de Richard Martineau ont du bon sens, mais aujourd'hui je n'ai pas aimé sa chronique.

Je suis d'accord avec le principe que la loi devrait être appliquée sans favoritisme, et que nos élites marchent sur les oeufs pour plaire à certains groupes.

Cependant, je suis pour les écoles religieuses.

Ce sont les parents qui doivent avoir le dernier mot sur l'éducation de leurs enfants, non pas le gouvernement ou le système scolaire. Les parents ont le droit d'inculquer leur culture et leurs valeurs à leurs jeunes.

Les opposants de l'éducation religieuse disent souvent que la religion est une affaire privée, que si des parents veulent enseigner la religion, qu'ils le fassent à la maison, pas à l'école.

Ces laïcistes ne sont pas conscients qu'en disant cela, ils imposent leur vision de la religion sur les gens religieux, tout en étant, pour la plupart, des non-pratiquants.

Vous ne trouvez pas ça abérrant?

C'est tellement convénient que leur vision de la religion facilite la promotion de leurs valeurs "laïques".

On écarte les valeurs religieuses de l'espace publique pour mieux les marginalisées et pour mieux dominer le discours politique.

Pour le pratiquant, la foi et la vie quotidienne ne peut pas être divisée. On ne va pas à l'église le dimanche pour ensuite agir en laïc le reste de la semaine. De la même façon, on n'enseigne pas à nos enfants de pratiquer la religion, pour ensuite les envoyer à l'école pour leur faire inculquer des valeurs contraires. Ça devrait être évident à n'importe quelle personne qui prend un peu de recule pour étudier la question.

Si on envoie des enfants à des écoles religieuses, c'est parce qu'on ne veut qu'ils apprennent des valeurs contraires à l'école publique. Si on est juif, on veut que nos enfants apprennent des valeurs "juives".

C'est normale.

On veut que l'enfant apprend la Torah, suit le régime alimentaire, qu'il reçoit la discipline selon la Loi, qu'il ne soit pas inculqués des valeurs relativistes, athées, sans parler de l'indoctrination politically correcte sur la sexualité, la famille et ainsi de suite.

C'est ça qu'on veut ? Des écoles catholiques transmettant des valeurs catholiques, des écoles juives transmettant des valeurs juives et des écoles musulmanes transmettant des valeurs musulmanes ?


Je croyais qu'on encourageait au contraire l'ouverture et la curiosité.


L'ouverture à quoi, au juste? Au valeurs laïcistes, voyons! On s'en fout royalement si les jeunes ne sont pas ouverts à la doctrine catholique sur l'avortement, ou la doctrine musulmane sur l'alcool. On veut tout simplement que les jeunes soient "ouverts" à tout ce qui peut avancer le progressisme.

Et je trouve que Martineau véhicule un préjugé en disant que les gens religieux ne sont pas curieux. En fait, pour appliquer la Torah correctement, il faut être très instruit dans un grand nombre de domaines. Par exemple, il faut savoir un peu comment la nourriture est transformée pour connaître pourquoi on l'accepte ou le rejette; il faut savoir comment les fibres sont fabriqués pour savoir si certains vêtements sont cachères ou non, et ainsi de suite.

Il faut aussi savoir comment raisonner, et appliquer de la logique et des principes, des choses que franchement les jeunes n'apprennent pas très bien.

Ce n'est pas pour rien que les juifs avaient et continuent d'avoir une réputation d'être très intelligents.

En insistant que le système scolaire privilégie certaines valeurs à l'exclusion d'autres valeurs religieuses, ça crée une forme d'idéologie officielle dont on est obligée d'appartenir pour faire partie du discours publique.

En fait, c'est là la source des tensions. Les gens religieux, les gens qui prennent la foi au sérieux rejette cette idéologie, et certaines personnes croient qu'ils ont le droit de l'imposer à leurs enfants (et que les parents n'ont pas le droit de l'imposer sur leurs enfants).

À quelque part, il faut que quelqu'un décide ce que les enfants doivent apprendre. À qui doit-on remettre la décision-- aux parents, ou à l'État.

Je désespère, mais je crois que pour de plus en plus de gens au Québec, la réponse c'est "l'État" pas parce qu'ils ont pris la peine d'y penser, mais parce qu'ils sont d'accords avec l'idéologie dominante.

3 commentaires:

Suzanne a dit...

Salut Suzanne,

C'est Clément (alias Durandal), le rédacteur de Reconquista Redux (maintenant Maquis Occidental).

Je n'ai pas trouvé d'adresse courriel sur ton blogue alors je t'écris dans tes commentaires.

Je veux publier un article sur LesBleus.qc.ca la semaine prochaine suite à la marche pro-vie à Ottawa.

Je veux mettre plusieurs photographies des manifestants, sais-tu où je vais pouvoir trouver des photos rapidement après la marche ? Le seul site auquel je peux penser à part le tien est Novopress.

Malheureusement je ne serai pas à Ottawa puisque c'est un jour de semaine. J'étais par contre à Drummondville samedi le 25 avril avec la CLÉ.

A+

Suzanne a dit...

Normalement, il y a des photos sure Lifesite.net

Je prévois emmener ma caméra, mais là je ne sais pas quand je vais pouvoir les publier.

Ça va dépendre de ton "deadline". Lifesite peut prendre environ 2-3 jours de les publier. Moi peut-être 48 heures.

Normalement, le blogosphere pro-vie en a. Essaie de feuilleter http://www.soconblogs.com après la marche.

Suzanne a dit...

Je n'ai pas vraiment de limite de temps, je dois simplement choisir un moment à l'avance et le dire au bloggeur principal (Marc) car il doit organiser l'horaire de publication (nous sommes 4 blogueurs).

Je vais vérifier les sites que tu as donné après la marche.

Pour les photos prises par toi, serait-ce plus rapide si tu m'envoyais simplement une sélection par courriel (je n'aurais pas besoin d'attendre que tu organises un billet sur ton blogue) ?

Merci, et bonne fête des mères pour dimanche.