21 avril 2009

Les mères porteuses : le futur de l'esclavagisme

Nathalie Collard:

Chez les féministes, la question des mères porteuses est d'autant plus déchirante qu'elles ont toujours revendiqué le droit des femmes à disposer de leur corps (c'est la base de leur position pro-choix en matière d'avortement). Comment réconcilier les deux? La philosophe française soutient que les lois servent parfois à protéger les gens d'eux-mêmes. Soit. Mais cette affirmation, qui infantilise en quelque sorte les femmes, n'est-elle pas antiféministe?


Ce qu'il faut comprendre c'est que l'avortement n'était jamais une question du droit d'une femme de disposer de son corps.

C'était une question d'une femme de tuer un enfant non-né selon sa volonté.

La preuve?

Si c'était que pour terminer une grossesse, pourquoi est-ce qu'on fait exprès pour tuer les foetus qui ont franchit le seuil de la viabilité?

Un femme peut libérer son corps de ce foetus, sans le tuer.

C'est simple: la femme ne veut pas élever l'enfant. Elle ne veut pas subir les conséquences de son handicap; elle ne veut pas le voir mourir; elle ne veut pas porter un enfant vouée à mourir, et donc prolonger *sa* souffrance.

Comme c'est une question de maternité volontaire, j'ai l'impression que les féministes qui s'opposent aux mères porteuses vont peut-être perdre leur cause.

Je suis entièrement d'accord que cette forme de prostitution va réduire des femmes démunies à des machines à bébés. Les femmes sans estime vont se diriger dans ce domaine en pensant que c'est la seule chose dont elles sont capables.

Ça va accroître la déhumanisation de la procréation, un processus déjà entamé.

L'Église croit que la réproduction-- de l'acte sexuel jusqu'à la naissance-- doit être quelque chose de personnelle-- c'est-à-dire, le fruit de SA propre personne, de son don de soi à l'autre-- que ça ne devrait pas être une simple "transaction"-- de la même façon qu'on marchande n'importe quel autre objet.

Mais la légalisation des mères porteuses sera le résultat logique de l'idée qu'on devrait avoir un enfant "si je veux, quand je veux"...et j'ajouterai "comme je veux (et comme je LE veux). C'est la volonté de la personne qui prime, non pas les intérêts de la société. La campagne sur l'avortement, c'était un peu ça-- on ne se posaient même pas la question sur l'enfant à naître. Les média agissaient comme si ce n'était même pas une question sérieuse.

Mais voilà le résultat de la logique de permettre tout selon sa volonté. Les femmes vont se vendre en esclavage. Leur progéniture ne sera pas à eux.

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