28 avril 2009

L'avortement eugénique

Durant les 75 minutes qu’a duré leur audition, le 7 avril, devant les parlementaires de la Mission d’information pour la révision des lois bioéthiques, Xavier Mirabel et Caroline Roux, respectivement président et secrétaire générale de l’Alliance pour les Droits de la Vie, n’ont pas eu besoin de faire appel à la religion pour défendre l’humanité de l’embryon. C’est au nom du droit et de la justice universels, avec des arguments scientifiques et humanitaires, qu’ils ont plaidé en faveur du respect de l’intégrité de l’être humain dès sa conception, mais aussi d’une politique d’accueil des personnes handicapées.

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Lui-même père d’une fille ayant une trisomie 21, Xavier Mirabel a témoigné des angoisses de parents découvrant le handicap de leur nouveau-né. Immédiatement projetés dans l’avenir, ils se demandent ce que leur enfant deviendra lorsqu’ils auront vieilli. Et les deux orateurs de montrer combien, dans les situations d’annonce prénatale d’un handicap, la somme des décisions de recours à l’avortement qu’on veut croire « libres » ou « individuelles » aboutit en réalité à « une injonction sociale » de ne pas donner naissance à celui qu’on suspecte d’être « non-conforme ». À force de dépister sans laisser naître, on assiste à un basculement du thérapeutique vers le prédictif, au risque de ne même plus envisager d’accueillir ou de soigner. Se dessine finalement dans notre société une culture désespérante pour les parents qui exclut de la vie les fœtus porteurs d’anomalie.

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