29 mars 2009

Pour créer un monde conservateur, il faut adopter les valeurs conservatrices

Ce soir je me suis promener sur le blogosphère québécois. J’ai l’impression que les blogueurs québécois n’ont pas compris la nécessité des valeurs conservatrices.

Je n’ai rien contre parler de Charest, Dumont ou Marois, ou de faire des analyses économiques.

Mais une politique gouvernementale se base sur des valeurs. On ne peut espérer bâtir un monde plus conservateur avec des politique fiscale. La politique fiscale est le produit de valeurs.

J’ai l’impression que la philosophie politique de bien des conservateurs québécois se résument ainsi : fichez-moi la paix. Je veux faire ce que je veux, quand je veux, où je veux, sans que le gouvernement intervient dans mes affaires.

La société ne peut pas vivre d’individualisme extrême. Bien que je suis en faveur de moins d’intervention gouvernementale, on ne peut vivre comme si les intérêts des autres étaient sans conséquence, et la justice nécessite parfois que le gouvernement intervient au nom de ces intérêts.

Je trouve que les québécois adoptent le conservatisme aussi par pragmatisme économique. C’est clair que les pays qui favorisent un climat favorable aux entreprises seront récompensés.

Cependant, le pragmatisme et le l’individualisme ne fait pas vivre une société.

Une des choses qui distinguent le conservatisme du gauchisme est la conception de la réalité. Un gauchiste croit que la réalité n’a pas de structure ou de don. Pour emprunter une idée de Jean-Paul Sartre, on se crée notre réalité.

Donc, un gauchiste croit si on veut, on peut. Si, en tant que société, on veut taxer les riches pour redistribuer la richesse et mettre fin à la pauvreté, c’est simplement une question de volonté politique. On peut reprogrammer la masse des gens, c’est-à-dire, l’être humain, pour qu’il accepte la bonne voie.

Au contraire, une personne à l’esprit conservateur voit à travers tout ça. La réalité ne peut pas être remaniée par la volonté. La nature humaine est, ultimement, non-programmable. L’indoctrination a des limites. Les êtres humains vont toujours vouloir se préoccuper de leurs intérêts personnels au lieu d’une idéologie (et ces intérêts ne sont pas toujours égoïstes!)

Voilà un exemple parmi tant d’autres. S’ils espèrent de convertir les gens à cette façon de penser, il faut qu’ils se convertissent eux-mêmes. Si leur seule motivation est de faire élire leur parti pour implémenter une politique, ils ne réussiront jamais à la longue. Parce qu’une vision du gouvernement nécessite que la population l’appuie, et la population doit soutenir les mêmes valeurs.

Dans le moment, on ne peut pas dire que le Québec est dirigé par des valeurs conservatrices. J’ai l’impression que les conservateurs essaient de travailler avec la mentalité gauchiste de la population pour se faire élire plus vite.

C’est une stratégie vouée à la défaite à la longue.

Parce que une population va, à un moment donné, exiger de son gouvernement des politiques avec lesquelles ses membres ne sont pas d’accords.

Prenons le Parti conservateur au fédéral. Penses-tu sérieusement que les députés sont véritablement convaincus que le changement climatique a lieu, ou que ce changement sera dévastateur?

Mon intuition me dit que ce n’est pas le cas. Peut-être j’ai tort, mais je ne vois pas des conservateurs parler de ce sujet de leur gré, pour dire qu’ils sont d’accords que la planète est en danger et qu’il faut agir. Si jamais un député parle, c’est parce que son contexte l’exige. Il ne prend pas l’initiative pour faire des commentaires.

Ce n’est pas un sujet dont les Conservateurs tiennent à cœur.

Mais, comme les élites activistes de notre société veulent qu’on fasse de quoi sur ce dossier, les Conservateurs s’arrangement pour du moins se protéger des accusations qu’ils se fichent complètement de l’environnement. Ainsi, ils sont forcés à travailler avec la mentalité de la population pour garantir leur succès électoral.

Les conservateurs doivent commencer à penser à changer les mentalités, et non les votes. Mais je ne suis pas convaincue qu’ils sont véritablement conservateurs dans le fond. Ils sont de droit—étant pour une fiscalité et une intervention gouvernementale restreinte—mais pas plus. Les questions de moralité, des droits naturels, de la philosophie absolue, des mœurs et ainsi de suite—ça, ils peuvent s’en passer.

Mais tant et aussi longtemps que leur intérêts sont la piasse et l’individualisme, rien ne va changer. Le pragmatisme se plie devant les demandes des électeurs, et les gens défavorisés ne se laisseront pas fourvoyés par un individualisme qui les poussent de côté.

Il faut un changement d’idées. Ne vous dévouez pas uniquement aux élections et à l’économie. L’homme ne vit pas seul de pain seulement.

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